Bertrand Calenge : carnet de notes

jeudi 22 octobre 2009

Non, décidément, je n’utilise pas Twitter…

Filed under: Non classé — bcalenge @ jeudi 22 octobre 2009
Tags:

Vous savez tous mieux que moi que le dernier endroit où l’on cause est Twitter. Ce site de micro-blogging, dont d’autres ont mieux expliqué que moi les caractéristiques et possibilités, connait des thuriféraires tels qu’ils annoncent parfois la fin des blogs au profit des billets de 140 caractères maximum qui sont telllllllement plus efficaces et réactifs ! Alors, il y a plusieurs mois, j’ai ouvert un compte sur Twitter, et me suis abonné aux fils (en langage Twitter : j’ai ‘suivi’) de quelques personnes prises au hasard de mes appétences professionnelles – y compris hors de France -. J’ai dû poster 5 ou 6 « tweets », ce qui a sûrement déçu les… 72 ‘followers’ (si, si !) qui m’ont emboité le pas ! J’ai regardé régulièrement les tweets reçus pendant des semaines, et n’ai repris que récemment cette activité, après avoir éliminé (virtuellement !) les personnes évoquant à longueur de messages leurs douleurs capillaires après des soirées arrosées, l’inconfort de leur fauteuil, la beauté des petits matins ensoleillés ou diverses ‘geekeries’smileys Forum. Et décidément, je persiste à ne pas utiliser Twitter (et à continuer de transpirer sur les billets de mon carnet de notes…).

Matt Hamm

Je crois connaitre tous les bons arguments pour l’utiliser, et je pense effectivement, comme Silvère, que Twitter est un bon outil d’alerte pour des bibliothèques (avis d’arrivée d’une nouveauté, alerte sur une exposition), sans doute plus efficace et ergonomique que le SMS dans la mesure où c’est l’utilisateur qui choisit de s’abonner au fil et non à la bibliothèque d’organiser des adressages personnalisés (encore que le SMS permet une personnalisation – voilà VOTRE réservation – que ne permet pas Twitter). Je devine également que c’est un excellent substitut aux dépêches AFP, le journaliste pouvant très rapidement et largement (et brièvement !) diffuser son information (voir ici ou ici), de même que le dissident iranien ou le témoin d’une manifestation. Même Maître Eolas s’est livré à l’exercice pour relater en temps réel le déroulé d’une audience : le résultat est savoureux…

Mon refus ne tient pas à un refus de principe ni à une acrimonie argumentée, mais à un choix personnel de rapport  à l’information. Considérons les quelques 50 tweets reçus aujourd’hui (et c’est peu, compte tenu du faible nombre de personnes que je suis) :
– 60 % au moins sont ni plus ni moins que des fils rss, parfois généré en tweets par des générateurs de fils tel Friendfeed . D’ailleurs, on peut aussi à l’inverse aspirer ses tweets vers Friendfeed !! Hallucinant smileys Forum!
– 30 % sont des tweets qui relayent le lien sur des articles qu’ils ont reçu par rss ou par tweet (on s’y perd…). D’ailleurs, si on veut être vicieux jusqu’au bout, on peut suivre les tweets de quelqu’un en s’y abonnant par fil rss, et la boucle est encore bouclée ou plutôt amplifiée !!
– 10 % racontent leur journée ou leurs mésaventures technologiques (en moins de 140 caractères je vous rappelle. Au moins c’est court…smileys Forum).

Bon, je ne suis peut-être pas les bonnes personnes (j’aurais du en essayer d’autres smileys Forum?). Mais qu’est-ce que j’en tire ?

  • 90% de ces tweets ne font que présenter en deux mot un lien (dit de type ‘tinyurl‘ car même les caractères des liens comptent dans les 140 caractères, et c’est utile quand un lien de 135 caractères comme http://sbibbh.si.bm-lyon.fr/cgi-bin/bestn?id=&act=15&rec=2&auto=0&nov=1&t0=twitter&i0=0&s0=5&v0=0&v1=0&v2=0&v3=0&sy=0&ey=0&scr=1&line=1 peut être résumé en un lien de 26 caractères : http://tinyurl.com/yh7jph2). Bref, le message n’est pas dans le tweet, mais dans le lien : et il en faut des blogs et des sites pour que la valeur d’information de Twitter puisse commencer à recevoir une quelconque justification !
  • 90 % des articles que je consulte grâce à des liens signalés au cours de mes navigations le sont parce que l’article ou le billet qui m’y a guidé développe une argumentation, propose un regard intéressant sur une question, et qu’ainsi j’ai envie d’aller creuser un peu. Le contexte suggestif du tweet est, reconnaissons-le, singulièrement pauvre (tout le monde ne s’appelle pas Félix Fénéon : “M.X…, de Montauban, nettoyait son fusil. On l’enterre demain”. (63 caractères) » – merci Maître Eolas  !).
  • Mon agrégateur Netvibes – grâces lui soient rendues ! – ne compte pas moins de 70 flux rss soigneusement choisis (sans compter le flux de flux constitué par le Bouillon personnel de Silvère – pas le Bouillon collectif, pour des raisons similaires à celles qui me font rejeter Twitter…). Et si j’en ajoute chaque mois, j’en retire au moins autant – vieux principe de désherbage qui me parait également sain dans la gestion de l’information personnelle pour simplement… être capable de comprendre ce que je lis en en ayant le temps !smileys Forum

Je ne doute pas que Twitter puisse permettre pleins de services et d’usages drôlement intéressants (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit), et je suis sûr que plein de marqueteurs, voire même des professionnels soucieux de rendre service , vont les inventer ou en ont déjà trouvé. Mais je me demande si cette sidération du flux, cette exacerbation du débordement et du ‘jamais trop plein’ n’est pas par certains côtés, sous des dehors de sociabilités transparentes, contre-productive…
smileys Forum

En tout cas, moi j’arrête d’utiliser Twitter.

Advertisements

11 commentaires »

  1. […] This post was Twitted by cgenin […]

    Ping par Twitted by cgenin — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  2. Je vous confirme (si je puis me permettre et avec tout le respect que je vous dois) : pour toutes les raisons que vous donnez, vous avez bien raison d’abandonner Twitter.
    Vu ce que vous sembliez y chercher (de ce que je comprends des frustrations que vous en tirez), je doute que Twitter pouvait vous satisfaire.

    Au fait, pourquoi j’y reste, moi ?
    Peut-être bien pour les raisons contraires : parce que Twitter ne fournit pas du contenu mais, réellement, quintessentiellement (oh ! comme j’aime ce mot), du bavardage.
    Bien sûr, parfois, il y a des petites informations qui fusent, mais il est rare que je ne les retrouve pas ailleurs de toute façon — 3 heures plus tard, ou 3 jours, cela m’est un peu égal d’être à la pointe de l’actualité et du temps réel à quelques minutes près !

    Non, ce que j’aime dans Twitter, c’est cette autre manière de nouer des contacts avec des collègues que je ne lis qu’en commentaires ou en billets, sur des questions sérieuses (ou non, parfois), mais toujours avec un point de vue réfléchi, une tournure de phrase élaborée — bref des collègues « travaillés », tels que personne n’existe au quotidien !
    Oui, je papote sur Twitter et j’apprécie que Daniel soit de cette manière autre chose qu’un blogueur stimulant, j’apprécie que certains de mes commentateurs ne soient pas sur « mon » terrain mais sur un terrain neutre où ils ont autant d’espace (aussi peu d’espace, il est vrai) que moi.
    Il y a eu des dizaines de tweets en début de semaine sur le froid, il y en a parfois sur la vie de famille, etc.
    Bref, ces tweets ressemblent beaucoup aux conversations que j’ai le matin, ou au déjeuner, avec certains collègues de mon SCD, quand nous nous croisons et que nous réussissons enfin à ne pas parler boulot, mais à parler plutôt de ce qui nous intéresse vraiment.

    Alors bien sûr, Twitter est parfois un « outil de geek », mais pas seulement (ou alors ça fait beaucoup de geeks sur cette terre, et s’il faut être geek pour maîtriser Twitter, ça ne va pas s’arranger !). Oui, pour ma part comme les nouveautés du web m’intéressent, j’en discute sur Twitter — comme j’en discute aussi en conversation réelle. De ça et d’autres choses.
    Et je l’avoue : j’adore avoir de petites conversations qui ne mèneront à rien, qui sont là uniquement pour assurer un contact cordial, voire amical, avec des personnes que je n’ai jamais vus mais avec qui j’ai finalement pas mal d’affinités !

    (Rq finale : j’aurais bien voulu mettre plein de smileys dans ce commentaire, mais j’ai eu honte de mes pauvres 😉 et :-). Je n’ai pas votre maîtrise de ces machins-là… Vous ne seriez pas un peu geek, vous ?)

    Commentaire par Lully — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  3. […] This post was Twitted by lamateur37 […]

    Ping par Twitted by lamateur37 — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  4. Il y a sans doute bien des raisons – bonnes ou mauvaises – pour utiliser Twitter pour un bibliothécaire/une bibliothèque. Circulait naguère une liste de 100 raisons de twitter.

    Ce qui me semble le plus important, quant à moi, c’est que cela crée une communauté (on peut discuter : une illusion de communauté ?). De la même manière qu’un service fonctionne bien si les gens se parlent et qu’ils se parlent s’ils se voient régulièrement dans des conditions idoines, Twitter permet à l’ensemble des bibliothécaires (inscrits) de se connaître.

    Cela peut sembler peu mais je n’en suis pas si sûr. La profession regorge d’associations diverses qui sont bien souvent des clubs sociaux plus que des lieu d’organisation d’actions ; on organise des journées d’étude professionnelles alors que toute la documentation est déjà présente sur internet. Pourquoi ? Parce qu’il est utile de se voir, de partager, de discuter.

    Cela peut se faire IRL. Cela se fait sur Twitter. Et comme je le faisais remarquer ailleurs, mon rapport à certains collègues que je n’ai jamais vus et que je ne connais que par ces réseaux est plus proche et cordial que celui que j’entretiens avec des collègues de mon propre SCD, que je ne vois qu’une fois par mois lors des réunions de responsables et que je ne lis que qq fois par semaine par mail.

    Commentaire par RM — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  5. @ Lully et RM,

    Je ne nie pas les pratiques que vous décrivez, et ai bien pris soin de n’affirmer qu’un point de vue personnel. Mes lieux de discussion sont ailleurs, sans doute parce que je suis bavard comme vous l’aurez remarqué. Pour ma part, des échanges à 140 caractères me font plutôt penser aux borborygmes du lundi matin lors de la première rencontre autour de la machine à café… Question de génération peut-être…
    Mais dans ce cas pourquoi l’enquête de la Harvard Business School de mai dernier situe-t-elle la médiane d’activité des comptes Twitter à… 1 message ?!

    P.S. @ Lully : qu’est-ce que j’aimerais être geek ! Non, je récupère mes émoticones sur ça : http://www.paranoland.com/emoticones-smileys/13-smileys-forum.html

    Commentaire par bcalenge — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  6. En clin d’oeil, un article sur le twitter de Nathalie Kosciusko-Morizet dans le dernier numéro de l’excellente revue Le Tigre (http://www.le-tigre.net/Twitter-une-revolution-politique.html)
    Si vous voulez voir l’original, c’est ici : http://twitter.com/nK_m

    Personnellement je connais mes collègues sans avoir besoin d’avoir un twitter, je fais autrement (en les espionnant sur facebook ? non je plaisante).

    Non ce qui est intéressant, c’est éventuellement de le vivre de manière oulipienne (ne faire que des tweets avec 140 caractères pas un de plus, pas un de moins) ou de voir comment twitter influence notre manière de lire ou d’écrire l’information. Tiens d’ailleurs on organise une conférence à ce sujet à la BM de Lyon ce mardi, hi hi (http://php.bm-lyon.fr/phpmyagenda/infoevent3.php3?id=4151)

    Commentaire par Carole — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  7. Twitter, c’est pour moi une bonne expérience, mais je suis d’accord avec tes critiques.

    Selon moi, Twitter est un outil d’information (pas de discussion) et il est utile grâce à sa fonction search, qui permet de savoir ce qu’on dit d’un sujet à l’instant t.

    Commentaire par Eric — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  8. Alors là, Carole, bravo !! aborder Twitter dans l’esprit des contraintes oulipiennes, c’est effectivement stimulant, créatif, rigolo, jouissif, etc. !! Je suis personnellement prêt à me lancer dans cette sorte de délire inventif ! Mais que ce soit un jeu alors, pas une « révolution communicationnelle » !!!!! Tiens, tu connais des créateurs valables de haikus ‘twitterocompatibles’ ?

    Commentaire par bcalenge — vendredi 23 octobre 2009 @ vendredi 23 octobre 2009

  9. Mince ! On rigole, on rigole et ça existe déjà : http://www.17ruedesarts.fr/2009/08/31/140-caracteres-pas-un-de-moins/ !!

    Que fait Jacques Roubaud !!

    Disons que le haiku a un format plus court que 140 caractères donc on parlera plutôt d’écriture poétique, la météo marine sur Twitter par exemple.

    Exemple : »vent de Sud-Ouest à Sud 3 à 4 Beaufort, fraichissant 5 à 6 avec
    rafales, en matinée, virant progressivement Sud-Ouest à Ouest 5 à 6
    Beaufort »

    140.

    Commentaire par Carole — samedi 24 octobre 2009 @ samedi 24 octobre 2009

  10. Bonjour

    Comme Bertrand Calenge, je n’utilise pas Twitter, je ne m’y suis pas même inscrit.

    Sachant que les Tweets sont des fils RSS, il existe d’autres moyens pour les suivre (au moins ceux qui restent non protégés, et c’est déjà bien suffisant 🙂 )

    140 caractères, c’est vraiment trop faible aussi pour moi. Il me faudrait diluer ma pensée sur plusieurs tweets et, mélangés aux autres, ça donnerait tout à fait l’impression (comme sur les tchats) d’un gars qui marmonne tout seul dans son coin.

    Nouvelle avalanche d’informations.
    Intéressante néanmoins pour les sites mentionnés. Ou alors pour suivre (participer ?) à la vie autour du café (comme le dit Lully).
    Je remarque, à ce sujet, que le tweetermaniaque ne dit plus comme le portablomaniaque : « t’es où ? »… mais « je suis à tel endroit », « tu fais quoi » mais « je fais… ».

    Tweeter, c’est un peu, beaucoup, et même à la folie, le portable de demain. L’information personnelle en direct, dans la droite logique du téléphone portable.

    Au revers près suivant : ces données (personnelles !) sont stockées pour une utilisation dont on ne sait rien. Et lues par des gens dont on ne sait rien !
    140 caractères, c’est tout fait tolérable pour la taille d’un « log » informatique. Vous savez, ces données que la bibliothèque doit conserver pour prouver qui a écrit quoi, à quel moment, sur quel site.

    Sur un simple disque d’un tera-octet (la babiole bas de gamme de nos jours), on peut juste stocker quelque chose comme six millions et demi de Tweets. Avec date et heure + IP !
    A 20 tweets par jour, vous suivez juste 300 000 personnes. Soit 1000 personnes bavardes pendant une année de leur vie.

    Pas Glop ! Pas Glop !

    Mais c’est tout à fait dans la logique des digital natives qui n’hésitent pas à se mettre à nu, sans rien craindre que les coups de soleil (Oups ! il s’agit d’une autre activité pour le compte. :-), Pas si éloigné finalement du naturisme, si on n’y prend pas un peu garde.)

    Contre productif, peut-être autant que les mails, ou les coups de téléphone, ou même les interruptions de personne. Oui, si le contenu est faible, non s’il est crucial, avec tout l’éventail possible entre les deux.

    Tout comme les fils RSS, ou les autres sources informatives.

    Bien cordialement
    Bernard Majour

    Commentaire par B. Majour — samedi 24 octobre 2009 @ samedi 24 octobre 2009

  11. @B. Majour : juste pour rebondir sur un point de détail.
    Parfois, au lieu de dire « Je fais… », le twitterer se projette dans la publication de son tweet, et sait que ce tweet sera précédé de son nom.
    Par exemple devant tous mes tweets je sais qu’est mentionné « Lully1804 ».
    Si bien qu’il m’arrive d’écrire, pour des phrases courtes surtout : « fait quelque chose » et non « je fais qqchose ».
    Chaque utilisation de cette majestueuse (ou césarienne) 3e personne du singulier est un déchirement intellectuel.

    Commentaire par Lully — dimanche 25 octobre 2009 @ dimanche 25 octobre 2009


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :