Bertrand Calenge : carnet de notes

lundi 15 décembre 2008

Drôle de fin d’année…

Filed under: Non classé — bcalenge @ lundi 15 décembre 2008
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L’heure devrait être à la fête : Noël, les voeux, tout ça…
Et pourtant je ressens une inquiétude, un désenchantement qui envahit énormément de gens (et je ne parle pas particulièrement pour moi, vraiment !).

Bien sûr, ce qui est appelé pudiquement la « crise financière » frappe au vif nombre de concitoyens et même collègues. Ah ! L’affaire Bernard Madoff pudiquement requalifiée de « fraude » alors qu’il s’agit d’une pure escroquerie d’un ex-patron du Nasdaq,  provoquant des pertes dépassant le 1/5e du budget de l’Etat français !!! Et bien sûr ce n’est qu’un exemple parmi les multiples autres qu’on connait déjà et qu’on devine pour les semaines à venir…  La sidération devant les abîmes financiers creusés par les corsaires (pirates ?) contemporains offre une alternative intéressante au ‘Quitte ou double’ qui passionna nos pères ou grands-pères. Sauf que ce sont les économies de ces derniers qui y passent, et avec eux aussi les vies familiales et avenirs professionnels de leurs enfants et petits-enfants !

Mais il est une autre errance tout aussi inquiétante. Où allons-nous ? Nous, c’est-à-dire les acteurs de la diffusion culturelle, de la transmission des connaissances, du lien social, du développement du savoir ?..
Déjà personnellement expérimenté (qu’en termes choisis ces choses-là sont dites…), j’ai connu bien des moments où des idées novatrices devaient être remballées, repoussées, ajournées. Mais jamais je n’avais entendu la remarquable indifférence, que dis-je le remarquable mutisme qui frappe aujourd’hui. L’heure n’est plus aux projets, il est à la gestion au petit fer (voyez les repasseuses du siècle dernier et avant-dernier…). L’heure n’est plus aux idées, il est au « réalisme » (celui des profits effectivement acquis par certains acteurs ?). Bref, l’heure n’est plus au développement culturel, aux idées, à l’essor de la connaissance. Il faut « gérer la crise », en clair réduire les dépenses sans s’interroger sur la pertinence des projets engagés. Vraiment ?

Et si on allait de l’avant ? Après tout, ne sommes-nous pas (encore) payés pour proposer des solutions collectives susceptibles d’aider à la culture ou – plus ésotériquement – au développement cognitif de nos concitoyens ? Je suis frappé par le fait que les bibliothèques  de statut public drainent, par les salaires et budgets consentis, pas mal d’argent public.
On en fait quoi ?
On diversifie les livres en prêt ? On arrête le prêt et on propose un magnifique « centre de connaissance » entièrement dévolu au développement du savouir personnel ? On crée un méga-portail Internet – et lequel ?- ? On achète des e-books en masse et on passe à la bibliothèque numérique ? On travaille sur le lien social ? On investit dans des nouveaux services très personnalisés ? On revoit les espaces d’accueil public ? … ou encore ?

Bref, quels chemins emprunter ?

Ce qui me frappe essentiellement aujourd’hui au sein de notre profession, ce n’est pas tant la force de l’incertitude du lendemain que la pesanteur de l’indécision d’aujourd’hui. J’ai un peu l’impression que nombre de collègues souhaiteraient disposer d’un avenir clairement indiqué, bref d’une feuille de route, pour s’y plier volontiers. La multiplication des colloques, journées d’étude et autres congrès en est un signe trop évident…

Et si, juste en ce moment (temps suspendu !), il n’y avait plus de feuille de route claire ? Qu’est-ce qu’on pourrait imaginer concrètement de faire nos établissements devenir, à moyens constants ?

PS1 : je n’appelle pas aux délires – trop facile ! – mais à des actions, projets  ou configurations concrètement réalisables sans bouleversement autre que bibliothécairement culturel (ou culturellement bibliothécaire ?), et reconfigurant notre rapport à la collectivité que nous servons ! lâchez-vous !!

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10 commentaires »

  1. Bonjour
    amusant que votre intéressant billet ne suscite aucun commentaire… la situation est-elle donc aussi désespérée que cela ?
    Je me demande si cette absence de réaction n’est pas le signe d’une évolution des comportements et de l’approche que l’on a des problèmes que le monde ne cesse de nous poser.
    Les blogs, le 2.0, les baladeurs, le « téléphone mobile pda navigateur internet », l’interconnexion généralisée, l’ubiquité sur le réseau, l’instantanéité surtout… a-t-on encore le temps et l’envie de réfléchir, de penser à ce que sera l’avenir, non pas en spéculant sur telle ou telle technique ou interface enrichie, mais à la manière dont les fonctions sociales vont ou non disparaître, à la manière dont l’individu va ou non s’émanciper ou être plus encore qu’auparavant, pris au piège d’une toile globale et devenir un « électron bombardé de protons », comme dans la chanson ?
    Vous osez poser une question très angoissante… car derrière vos propos, qui se veulent encore un peu optimiste, je lis pour ma part : « y a-t-il encore un avenir pour nous ? », ou encore, « y a-t-il un avenir pour « le » politique », à l’heure de la communication de masse et de l’e-démocratie (passée par le moule de la tv-démocratie) ?
    L’absence de commentaire résonne comme une réponse implicitement négative à ces questions…
    Détrompez-moi… c’est le moment !! Riche d’un avenir, il ne nous restera plus alors qu’à soigner une vilaine angoisse 😉
    PV

    Commentaire par P V — mercredi 17 décembre 2008 @ mercredi 17 décembre 2008

  2. Bonjour,
    Je suis frappée par le pessimisme d’un tel billet, à moins que ça ne soit de la résignation, je ne sais pas. Je suis toute jeune employée et responsable d’un secteur multimédia dans une médiathèque qui vient d’ouvrir en secteur rural dans une zone sinistrée culturellement. Il y a tant à faire qu’il n’y a pas de temps pour l’incertitude. Nous disposons de très peu de moyens mais nous avons énormément d’idées. Nous en pouvons certes pas tout faire, mais nul besoin d’une feuille de route pour nous guider. Nous faisons en fonction des besoins et essayons d’offrir le service le plus riche et le plus large possible et ce au moindre coût.
    J’ai créé un site Internet interactif à partir d’un gestionnaire de contenu totalement gratuit, nous organisons des ateliers multimédia qui sont pleins jusqu’au mois de mars, travaillons en partenariat avec des associations et des artistes indépendants…
    Notre budget est certes maigre, mais nous jouons avec. Évidement, notre structure n’est pas comparable avec le fonctionnement d’un gros établissement, mais je crois vraiment que la bibliothèque à encore beaucoup à offrir même en ces temps de « crise » et qu’elle saura s’adapter et trouver des moyens de grandir.

    Peut-être est-ce là la naïveté de la jeunesse qui parle, mais je préfère y croire que de me laisser décourager quand on nous éteint les lumières pour économiser de l’électricité.

    Commentaire par Marie K. — mercredi 17 décembre 2008 @ mercredi 17 décembre 2008

  3. Merci à Marie K pour son bel optimisme !!
    Bien sûr, Marie, que vous et les gens comme vous avez raison ! Mais je constate d’une part la sidération des politiques devant l’ampleur de la crise et la faiblesse de leur réponse « intérêt général » ou « action positive, et par ailleurs cette autre crise de sens que connaissent les bibliothèques (sans aucun doute moins dans une petite commune où sa fonction d’espace public est majeure), crise de plus en plus marquée avec l’arrivée d’Internet et les modifications d’usage qui en découlent, et je constate qu’on a aujourd’hui, en cette fin 2008, un cumul de ces deux crises…

    Je demandais quelles solutions. Merci, Marie, d’avoir ce discours clair bien adapté à votre structure. Puis-je connaitre votre site ?

    Commentaire par bcalenge — mercredi 17 décembre 2008 @ mercredi 17 décembre 2008

  4. Je partage votre étonnement face à la réaction des politiques. Même à mon échelle la « crise » a des conséquences plus ou moins rationnelles et nous oblige à faire des choix. Je souhaite cependant continuer à croire que la bibliothèque saura se trouver un nouveau sens même avec la crise et sa remise en question constante. Peut-être même cela provoquera t-il des choses qui sait ?

    Voici l’adresse du site de la médiathèque où je travaille : http://mediatheque-roeschwoog.eu/
    Il est encore en construction et en développement, mais j’espère bien en faire un véritable outil, riche et accessible à nos usagers.

    Commentaire par Marie K. — mercredi 17 décembre 2008 @ mercredi 17 décembre 2008

  5. Merci Marie, et bravo, et bonne chance !!
    Du beau boulot dans un village qui, si j’en crois Wikipedia, ne dépasse pas les 1 902 habitants ! Cela rejoint ma conviction profonde : plus la communauté est précise, plus la médiathèque est au coeur de la vie de la collectivité (et elle est l’unique outil public en ce domaine présenté sur le site Internet de la commune, c’est donc dire !), plus le champ est ouvert à l’imagination.
    Encore une fois, allez-y !
    et profitez-en pour passer d’excellentes fêtes !!

    Commentaire par bcalenge — mercredi 17 décembre 2008 @ mercredi 17 décembre 2008

  6. Madoff blanchit de l’argent, c’est arithmétique.

    http://ysengrimus.wordpress.com/2009/01/01/explication-de-l%E2%80%99incomprehensible-durabilite-du-scheme-de-ponzi-contemporain-il-blanchit-de-l%E2%80%99argent%E2%80%A6/

    La saga ne fait que commencer.
    Paul Laurendeau

    Commentaire par ysengrimus — jeudi 1 janvier 2009 @ jeudi 1 janvier 2009

  7. Bonjour
    J’apprécie votre blog qui intérroge depuis sa création les divers contours du/des métiers de bibliothécaire… et du monde des bibliothèques. Internet et la vague déferlante des outils, services web 2.0, applications Web et mobile de plus en plus rapide, technique et parfois sophistiquées ne peut qu’interroger le monde des bibliothèques occupé par cette information et ce savoir bien avant ces nouvelles technologies….. On peut y voir une remise en question, comme la télé a fait peur au monde des livres, comme le téléphone, j’imagine, a fait craindre que les gens ne puissent plus se parler, comme le train ou la voiture nous a fait perdre l’usage de la marche à pied…. Devant cette multiplicité d’outils et surtout cette palette du possible qui s’élargit chaque jour davantage, les balises sécurisantes pour les dirigeants des institutions des bibliothèques semble évidemment s’estomper… En fait, il s’agit pour moi que d’un changement de perspectives… Avant le web, les bibliothèques avaient un quasi monopole de l’accès à l’information, à une large information et au savoir… Ce qui change c’est uniquement cette position de monopole.. En fait, chacun a maintenant la possibilité d’apprendre, de s’informer, de découvrir de nouveaux horizons littéraires et culturels en restant devant son ordinateur branché à Internet…. Mais la médiation de cet univers en mouvance perpétuelle reste, demeure et devient de plus en plus indispensable… Qui a le temps de se former en permanence à l’utilisationde tous ces outils ? Le travailleur forcené ? la mère de famille débordée ? Le senior retraité souvent dépassé ? Celui qui est victime de la crise et craint chaque jour pour son avenir ou celui qui est en passe de tout perdre ? Il est nécessaire d’avoir du temps, des connaissances et l’outil approprié… et tout comme le travail de balisage à travers la jungle des livres, les bibliothèques sont en première ligne de ce déchiffrage et déffrichage… La feuille de route ? Juste être curieux de son métier et de cette évolution grandissante qui gagne les supports d’information et l’information elle-même.. Les bibliothèques demeurent au niveau de leur fréquentation nationale des services sous-utilisés par manque de promotion, de connaissances, de marketing… peut-être de formation des bibliothècaires qui doivent en permanence se former, s’autoformer et prendre le temps de la « veille »… Il s’agit d’une évolution et non pas d’une remise en question.. Dans ma bibliothèques, chaque jour de nombreux lecteurs désirent l’accompagnement des bibliothécaires dans leurs recherches, que ce soit dans les livres ou sur Internet. Nous ne comptabilisons pas toutes ces aides, comme toutes les réponses avancées aux diverses questions …. La raison d’être d’une bibliothèque s’impose encore davantage à l’heure d’Internet, elle est le lieu public, ouvert à tous sans discrimination où cette évolution du savoir et de l’accès aux connaissances s’accompagne pour chacun selon ses besoins. La bibliothèque est un guichet où chacun peut poser sa question sur ce monde de l’information, et où on donne des réponses à chacun selon son niveau et sa demande. Elle est ce lieu où convergent ces utilisations silencieuses individuelles d’Internet et de l’information, un lieu de liens vivants où s’entremêlent les liens hypertextes et les liens humains de tous horizons sur tous les supports… Sa mission jadis déjà immense de par l’encyclopédisme de ces collections s’agrandit encore aujourd’hui jusqu’à cet horizon toujours repoussé de la connaissance. Cependant, le fait que cet horison ne puisse jamais être atteint n’enlève rien à la légitimité des bibliothèques et surtout au contraire.. elles sont les seules institutions après l’école, garantes de cet accès à tous à cette infinitude du savoir toujours en train de se créer de se perpétuer.

    Commentaire par Véronique — samedi 3 janvier 2009 @ samedi 3 janvier 2009

  8. Elle est très étrange votre intervention, Bertrand Calenge. Le diagnostic est juste mais empreint d’une naïveté incongrue (à moins qu’il ne s’agisse de malice). Vous déplorez l’inertie des bibliothèques alors qu’elle est la conséquence logique de la révolution managériale qui a les a transfigurées et de l’inféodation des politiques de la lecture publique aux stratégies des oligarques locaux (politique de la ville etc.). Vous-même – certes, à votre corps défendant – êtes partie prenante de ce mouvement (si l’on peut appeler ainsi l’impasse gestionnaire) : vous n’ignorez pas que vos travaux sur les politiques documentaires ont servi, servent et serviront à la mise en coupe réglée des bibliothèques et des personnels. C’est dommage, mais c’est ainsi.
    Alors, la solution ? J’avoue ne pas saisir le sens de votre conclusion. « Lâchez-vous », dites-vous. Est-ce un appel à la révolution culturelle contre la bureaucratie ? Seriez-vous maoïste ?

    Commentaire par Aimable — vendredi 9 janvier 2009 @ vendredi 9 janvier 2009

  9. Cher Aimable, votre commentaire n’est pas moins étrange. Dans bon nombre de bibliothèques, les procédures d’élaboration et le projet collectif de conduite des politiques documentaires ont permis au contraire de se doter d’outils – certes imparfaits – destinés en tout et pour tout à faciliter la mise en oeuvre de projets innovants : si l’on veut servir de nouveaux usages, toucher de nouveaux publics au moyen de ressources documentaires, il faut se donner les moyens de formaliser non seulement une belle idée, mais aussi le comment : quelles ressources affecter ? Selon quelle répartition ? Avec quels moyens de vérifier si l’objectif se rapproche ou au contraire s’il s’éloigne ?
    Et dans nombre de cas, ces éléments de gestion ont permis de mesurer l’écart entre l’état de l’offre et les besoins de l’objectif. Comme ils ont permis de mobiliser non seulement un ou deux passionnés par l’objectif mais l’ensemble d’une équipe.
    Je ne nie pas les dérives technico-managériales, et je les assassine dans mon dernier livre (achetez-le ! Merci !). Mais n’en faites pas pour autant un vice de conception !!

    Ce que je déplore, c’est qu’en période de crise – comme on dit -, tous les projets s’arrêtent. Et même si les moyens sont moins assurés, on se contente de gérer au jour le jour en attendant que des lendemains plus confortables arrivent. Alors que, en termes de services comme de collections, c’est au contraire le moment qu’il faudrait saisir pour inventer du nouveau. L’ALA aux Etats-Unis se montre offensive, justement parce que c’est le moment où il faut redonner du sens au collectif… Savoir gérer un projet, et l’adéquation des collections en est un – majeur – pour les bibliothèques, ne signifie aucunement ne pas avoir de projet !! J’irai même jusqu’à affirmer que, sans projet motivant et moteur, il n’est pas de politique documentaire possible. Les procédures gestionnaires ne sont qu’un moyen de mener à bien ce projet, non une fin.

    Quant à la dépendance des bibliothèques sous les « oligarques », vous habitez où ? En France, les bibliothèques sont des institutions financées par les collectivités publiques et dépendent de leurs représentants élus. Sauf bien sûr si vous voulez votre indépendance absolue, auquel cas il vous faut monter votre bibliothèque avec vos propres deniers (même une association a un conseil d’administration). Le créateur (écrivain, artiste,…) est libre : éventuellement pour vivre il pourra voir les pouvoirs publics lui payer une oeuvre ou lui donner une bourse. Un bibliothécaire fonctionne à 100% avec les ressources de sa collectivité : il lui reste la possibilité, pour engager les crédits sur la voie de ses convictions, de la négociation. les outils de la politique documentaire sont un outil parmi d’autres, comme les rééquilibrages, les réorientations à moyens constants, etc.

    Mais faut-il arrêter tout projet quand les politiques et les financiers sont plongés dans une perplexité inquiète ?

    Commentaire par bcalenge — vendredi 9 janvier 2009 @ vendredi 9 janvier 2009

  10. Bonjour.
    Vous opposez à ma récusation du virage managérial des bibliothèques une vision idéale des choses. J’ai envie de faire ce parallèle : si, pour porter un jugement sur feue l’URSS, l’historien se contentait de lire « L’Etat et la révolution » de Lénine (autrement dit un texte quasi libertaire) au lieu de s’attacher à la pratique du pouvoir des maîtres du moment et au sort de cette classe ouvrière au nom de laquelle une oligarchie a parlé, n’y aurait-il pas motif de consternation ? Je reviens au sujet qui nous intéresse : ce à quoi il faut s’attacher, c’est bien le réel. Vous-même avez éprouvé le besoin d’une mise au point en dressant une typologie des « perversions » (le mot est de moi) ou des instrumentalisations de la politique documentaire (je fais référence à votre article du « BBF », « Comment établir qu’une bib. dispose d’une politique documentaire ? »). C’est bien que le phénomène que je pointe (la confusion de la fin et des moyens) existe – et qu’il n’est pas marginal, sinon pourquoi pointer les dérives ?
    En fait, pour apprécier objectivement la situation, on manque cruellement d’une étude globale et sérieuse sur la question ; une étude qui, de surcroît, ne ferait pas l’impasse sur les critiques radicales du management et de ses ravages (cf., par exemple, les ouvrages de Boltanski-Chiapello et de Legendre). Et il ne faut pas compter sur les sociologues de cour, ceux dont le fond de commerce est précisément la propagande managériale et gestionnaire (des noms ?), pour l’envisager et a fortiori la mener. L’un des axes d’une telle étude serait, à mon sens, de s’attacher à la parole des agents de base des bibliothèques – pas parce qu’ils sont a priori détenteurs de la vérité, mais qu’ils sont l’objet (dans tous les sens du terme) des stratégies managériales et qu’ils sont donc bien placés (sinon les mieux placés) pour en comprendre et en évaluer les effets.
    Quant à ma remarque sur les oligarchies locales, j’ai envie de vous retourner votre question : « Où habitez-vous ? » Je ne m’engagerai pas plus avant sur ce point qui m’entraînerait trop loin. Disons que je m’efforce de partir, là encore, du réel et d’une actualité riche en la matière, et que je nourris mon point de vue des travaux de certains penseurs critiques (Castoriadis, entre autres).
    Il y a une chose sur laquelle je vous rejoins entièrement : la nécessité d’inventer, de créer des projets – ne serait-ce que pour éprouver la réalité du pouvoir et de l’inertie technocratiques, et la combattre. Car on ne doit pas lui permettre de nous priver de penser et d’agir.
    Aimable

    Commentaire par Aimable — samedi 10 janvier 2009 @ samedi 10 janvier 2009


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