Bertrand Calenge : carnet de notes

lundi 27 juillet 2009

Désherber, la question qui tue… le public ?

Filed under: Non classé — bcalenge @ lundi 27 juillet 2009
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Dans les milieux professionnels, le désherbage par retrait du libre accès des titres évalués comme moins pertinents est une procédure qui va de soi. Pour différentes raisons qui tiennent au manque de place de stockage, à l’absence de moyens humains de traitement de ce stock retiré, ou plus fréquemment dans les bibliothèques publiques à l’absence d’intérêt des titres retirés (présence d’une nouvelle édition, usure, obsolescence des informations, etc.), ces titres sont carrément retirés des collections de la bibliothèque, magasins compris. Cette opération est mûrement conduite selon des principes largement établis dans la communauté professionnelle, d’abord avec l’ouvrage phare de Françoise Gaudet et Claudine Lieber, mais aussi avec le travail préparatoire de nombreuses bibliothèques ayant adapté ces principes et procédures aux spécificités de leurs établissements.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Oh que non ! Si les bibliothécaires se laissent plutôt convaincre de cette nécessité du désherbage voire du retrait des collections, c’est loin d’être le cas de ce que je nommerai ‘la société civile’, et notamment sa part la plus lettrée. Un récent débat dans la Tribune de l’art – aimablement signalé par Joëlle Muller – relance la polémique à propos d’un désherbage (avec élimination) de certains titres de périodiques de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) : des historiens et autres chroniqueurs s’insurgent contre cette décision avec virulence, pendant que des conservateurs éminents leur répliquent avec tout autant d’énergie. Lisez les débats (pas faciles à suivre sur le site ; j’ai reconstitué la généalogie des articles et des réactions diverses : l’article initial, puis dans l’ordre , – commenté -, , , , et enfin ma propre contribution. Ouf !). Comme le souligne l’une des commentatrices, c’est un dialogue de sourds entre cultures différentes. Et c’est cette surdité partagée qui attire mon attention aujourd’hui.

Pourquoi désherber ?

La réponse, devenue parfois évidente pour beaucoup de collègues (encore que…), ne va pourtant pas de soi, en particulier si la bibliothèque propose simultanément des collections d’appropriation culturelle courante et des collections patrimoniales :

– chaque document a été acquis avec les deniers publics ;

– on ne peut pas préjuger des besoins de lecture(s) du lendemain ;

– la bibliothèque est un immense réservoir d’opportunités, comme le relevait Jose Luis Borges, et en soustraire une parcelle fait disparaitre une opportunité ;

– les conditions d’accès au document comptent autant que sa disponibilité, et il est stupide de retirer  un titre d’un établissement largement accessible au prétexte de sa présence dans un autre établissement proche mais difficile d’accès ;

– chaque document de bibliothèque, lu passionnément ou feuilleté par des dizaines de lecteurs (parfois !  ), porte symboliquement en lui l’archéologie de ses lectures, donc de la communauté (à commencer par le bibliothécaire qui peut en garder un souvenir ému) ;

– chaque titre dispose de son univers référentiel propre, et n’a pas à passer sous les fourches caudines des bibliothécaires pour avoir le droit de perdurer dans l’espace public au-delà de toute considération gestionnaire. La bibliothèque a pour fonction première de conserver la mémoire d’une communauté, et les bibliothécaires sont mal placés pour prétendre devenir maîtres de cette mémoire, bref pour gérer l’oubli.

Chacun de ces items mérite réflexion :

  • La propriété publique : cet argument semble le plus facile à écarter. De façon générale, l’essentiel des acquisitions est réalisé en crédits de fonctionnement, dont la destination n’est pas d’immobiliser un capital, fût-il culturel. L’existence de registres d’inventaire (informatiques désormais) est aujourd’hui à visée utilitaire – distinguer chaque exemplaire pour en suivre le statut et l’utilisation -, plus qu’à but de recensement patrimonial, du moins pour les collections courantes. Néanmoins, on ne peut ignorer qu’à la différence des gommes, crayons et autres objets périssables acquis sur des crédits de fonctionnement et qui peuvent être mis à la poubelle une fois usés, les textes imposent des procédures très particulières pour le désherbage dès lors qu’il conduit à un retrait des collections.
  • le lecteur de demain : ce sujet mythique volontiers invoqué est par essence inconnaissable, et ne peut servir d’argument (ou alors je revendique le droit de l’invoquer à mon tour… comme dédaigneux de ce qui devrait être conservé !). Toutefois, le doute est semé, et peut être légitimement invoqué…
  • Tout livre est une opportunité : ce truisme nécessite d’être replacé dans un contexte où on parle d’une société donnée qui se dote d’une collection donnée, avec des moyens humains et financiers limités. L’opportunité représentée par un livre n’existe pas hors du contexte où on le considère. Ou alors il faut trainer au tribunal les éditeurs qui pilonnent ou les particuliers qui jettent leurs livres…
  • Tenir compte de l’accessibilité : l’argument est contestable dans la mesure où les conditions d’une conservation efficace nécessitent justement un accès plus contrôlé que des collections destinées à un usage courant. Néanmoins, on ne peut dénier une réelle pertinence à cette demande, qui devrait être prise en compte par les bibliothécaires au-delà de la stricte présence d’un titre dans une aire géographique.
  • Le livre dépositaire d’une mémoire collective symbolique : ce type d’argument prend une singulière vigueur à notre époque où le moindre lavoir, la moindre salle de spectacle même contemporaine ou une prison lyonnaise désaffectée sont volontiers érigés en lieux de mémoire. La dimension symbolique de l’argument le rend particulièrement difficile à réfuter, même si on peut à chaque fois souligner que les bibliothèques ont vocation à rassembler des documents existant chacun en milliers d’exemplaires.
  • Enfin la légitimité des bibliothécaires à épurer l’espace de la collection publique : c’est ans aucun doute une question cruciale, la question cruciale. Que le gardien du stock qu’était le bibliothécaire revendique aujourd’hui de le traiter, de l’élaguer, c’est d’abord une affirmation professionnelle, ce n’est que très rarement une délégation explicite. Or si les bibliothécaires se sont battu (et se battent encore) pour voir reconnu leur droit à gérer les acquisitions, ils n’ont pas encore mené ce même combat sur la gestion de la conservation et donc de l’élimination.

Et qu’avons-nous à répondre ? Il est important de dissocier deux questions tout aussi impératives l’une que l’autre :

Définir le champ du patrimoine

Expliciter le périmètre de la collection patrimoniale – et par conséquent celui de la collection de « consommation »- est un préalable, qui vaut pour presque toutes les bibliothèques : la moindre BM dispose d’un fonds local par exemple, pour lequel une patrimonialité sera revendiquée au moins par la population locale. Pour ce faire, associer le milieu des chercheurs à la définition des axes patrimoniaux des collections est indispensable, notamment pour désigner la part patrimoniale des collections contemporaines (étant entendu que les documents anciens sont réglermentairement protégés et donc conservés).

En effet, je ne crois pas que les bibliothécaires seuls puissent être jugés légitimes pour ce faire, et je pense aux nombreux débats qui animent le milieu des archivistes… et des chercheurs utilisant les archives ! Il est peut-être plus facile d’envisager ce dialogue aujourd’hui que les numérisations de collections patrimoniales se multiplient : la pression de la rareté et celle de l’accessibilité s’amoindrissent d’autant (même si l’on sait que la valeur patrimoniale tient aux documents eux-mêmes et non à leur copie numérique). D’autant que cette association de chercheurs ou érudits peut prendre des formes diverses et simultanées (comités, groupe de recherche, etc.), à condition que sa fonction soit de désigner des ensembles documentaires cohérents et non de décider des retraits ou des conservations de titres particuliers (comme je le soulignais dans mon courrier à la Tribune de l’art).

Cette distinction  des processus explicites de consommation et de conservation, si peu à l’œuvre dans les bibliothèques qui mêlent les deux fonctions, est une vraie nécessité : il faut distinguer rationnellement le chantier de la conservation des collections patrimoniales  (par destination non désherbables), de celui de la gestion des collections courantes (par destination susceptibles d’être élaguées). L’affaire de la BHVP, qui a agité les colonnes de La Tribune de l’art, me semble significative de cette absence de distinction explicite, comme le fait un des billets de commentateurs du dit site. Encore faut-il que les bibliothécaires ne se lancent pas seuls dans cette redoutable distinction.

Parallèlement, cerner le champ des collections courantes

En effet, tout discours sur le désherbage devient inaudible si les auditeurs ne connaissent pas précisément la dimension fongible de certaines collections : dans ces conditions, jeter Victor Margueritte devient une injure à la mémoire autant que mettre à la benne un ouvrage du 18e siècle ! En précisant le champ du patrimoine, on peut appliquer lisiblement certaines procédures de gestion des collections destinées à être non plus accumulées mais renouvelées…

Soit dit en passant, et pour empêcher tout malentendu, il me semble de plus en plus utile d’associer le public à l’opération de désherbage des documents courants, ne serait-ce qu’en proposant les titres rebutés à la vente ou au don : cette procédure lèverait la grande angoisse de voir disparaitre dans une benne des titres « qui auraient pu intéresser quelqu’un » ; organiser une telle vente ne me semble pas poser de problèmes réglementaires insurmontables, comme le montre l’expérience bordelaise. Nombre de chercheurs se désolant aujourd’hui de la disparition inopinée de tel titre seraient moins virulents s’ils avaient été avisés auparavant de la possibilité de le récupérer personnellement…

Débattre…

Il peut paraître caricatural de vouloir expliciter concrètement cette dichotomie de fonctions au sein des collections, et ce n’est pas simple, loin de là, car le patrimoine surgit où on ne l’attend pas, porté par des chercheurs, la population, etc.  Mais la bonne gestion des espaces, des moyens et des ressources oblige à cette distinction : il faut tenir bon sur la duplicité (plus que la dualité) de la mission de la bibliothèque, actualisatrice de la mémoire comme gestionnaire d’un aujourd’hui, et tenir bon avec la complicité des acteurs de la recherche et des décideurs.

La difficile histoire des bibliothèques en France est volontiers paralysée par deux problèmes : une vision idéalisée et non gestionnaire de la culture (dont la pérennité serait au-dessus de toutes ces contingences !), et un patrimoine impératif que leurs tutelles traitent si mal mais qui leur colle à la peau (sans qu’elles puissent en cerner le contour). La solution ne tient évidemment pas en une  réponse strictement gestionnaire (en matière de maintien de collections jugées ou imaginées patrimoniales, la partie est perdue d’avance). Mais proposons d’identifier des fonctions, donc aussi des collections et des lignes de force. Débattons. Et publions (voire mettons en débat, comme le proposait Jean-Luc Gautier-Gentès) les axes nécessaires. Il faut porter le désherbage dans les débats entre bibliothécaires et « société civile »

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samedi 28 février 2009

Tout ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé

Filed under: Non classé — bcalenge @ samedi 28 février 2009
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Une plaisanterie nous faisait rire autrefois : à l’Education nationale, tout ce qui n’est pas expressément autorisé est interdit (d’où les mètres linéaires du BOEN sans cesse revisité), à la Culture tout ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé (d’où la maigre moisson de qui voulait récoler les textes régissant la lecture publique). D’ailleurs, la demande centenaire d’une loi sur les bibliothèques venait non des bibliothèques académiques, largement pourvues en textes législatifs ou réglementaires, mais bien des bibliothèques publiques.

Le monde change. Que ce soit en bien, je n’en suis pas sûr. Un billet de Numérama, venant confirmer cet inquiétant mouvement après bien d’autres interventions des pouvoirs publics visant à « protéger le droit des auteurs » (en fait, nous le savons tous, à protéger les intérêts des intermédiaires, comme un intervenant me le rappelait aujourd’hui), contribue à changer la donne.
Je ne sais pas si l’Education nationale tend ou non à renoncer à son prurit réglementaire. Mais ce que je vois, c’est que la Culture ambitionne visiblement de la rattraper (allégorie du lièvre et de la tortue ? le lièvre culturel est en voie de dépasser la tortue éducative ?…).

On connaissait la loi Hadopi, cette dernière voulant restreindre le droit des personnes à télécharger (donc s’approprier et à consulter librement à titre personnel, et seulement à celui-là) des documents disponibles sur Internet. On peut en débattre, juger que c’est faire primer les concessions commerciales sur le droit personnel à l’information personnelle. C’est plutôt mon avis farouche, mais je n’entrerai pas dans ce débat, car je ne m’y sens pas expert…

En revanche, je me sens, sinon expert, du moins comptable de mes actions professionnelles vis-à-vis de la collectivité que je sers. Or la déclaration de la ministre de la Culture, rapportée ailleurs par Actualitté (réf. non retrouvée…) me pose un problème fondamentalement associé à ma fonction de bibliothécaire au service de la collectivité publique dans notre démocratie.

Que dit Christine Albanel (ou pour être exact que relatait Actualitté) ?

« A l’occasion de son audition par la commission des lois et des affaires culturelles, Christine Albanel a sorti de son chapeau une idée qui en dit long sur la vision qu’a le gouvernement d’Internet. Pour éviter que les accès Wi-Fi ne puissent être utilisés pour pirater des œuvres sur Internet, la ministre de la Culture a proposé que les accès publics soient configurés comme des « portails blanc ».
« L’Hadopi pourra enjoindre (les gestionnaires d’accès Wi-Fi publics) de prendre des mesures préventives », a ainsi rappelé la ministre de la Culture et de la Communication. « Par exemple un portail blanc qui ne donnerait accès qu’à des sites vérifiés, après consultation de différents acteurs concernés », a-t-elle ajouté en substance. »

En quoi cela me choque-t-il ? Pas (ici) pour les raisons que vous imaginez. L’hypothèse d’un Internet « à la chinoise » me hérisse, bien sûr, même s’il ne s’agit dans cette hypothèse que des accès publics à Internet et non des accès privés (mais la frontière entre la réglementation des accès publics et celle des fournisseurs d’accès est bien mince). C’est parce que cette proposition, même si je l’espère elle n’est pas suivie d’effet – mais sait-on jamais, dans le monde délirant que nous connaissons ! -, pose la question même de notre existence comme bibliothécaires. Pourquoi ?

Il a longtemps été admis tacitement que les bibliothèques pouvaient faciliter l’accès à toutes les œuvres de l’esprit auprès de tous les publics qu’elles avaient mission de servir (c’était même et c’est toujours la justification de leur existence). La loi sur le droit de prêt leur a reconnu cette qualité d’intérêt public, même si les finances des établissements en ont souffert. L’essentiel était sauf : on pouvait diffuser tout et n’importe quoi dans l’intérêt des publics, dans la mesure où on avait acquis normalement les supports de ces œuvres. A propos, levons une incompréhension : les écrits des négationnistes ou les écrits pornographiques ne sont pas ‘interdits de bibliothèque’ ; un chercheur peut se fonder sur les fonds d’une bibliothèque pour remonter à la source, c’est là le rôle de l’établissement, qui doit veiller aux modes de communication adéquats en fonction des publics (eh, c’est une dimension élémentaire du desherbage du libre accès !).

Les complications récentes du droit de la propriété intellectuelle (en l’occurrence des détenteurs des droits d’exploitation – excusez-moi, je sors d’une journée hyper-juridique) ont contraint cet accès, tant sur l’étendue de la diffusion que sur ses modalités. Les bibliothèques universitaires, et leur consortium Couperin, connaissent bien ce casse-tête.

Mais jamais, au grand jamais, je n’avais vu les pouvoirs publics suggérer une solution visant à ne diffuser que les sources d’accès « sur liste blanche ». Otto Abbetz nous avait fait découvrir il y a près de 70 ans la liste des auteurs interdits pendant l’Occupation ; mais il n’était guère précurseur après les injonctions de l’Index de l’Eglise catholique…

Mais alors là, on atteint des sommets : des services publics – dont les bibliothèques – devraient élaborer une liste non pas ‘noire’ (on connait ça, dès qu’il s’agit de postes Internet accessibles aux enfants), mais une liste ‘blanche’ limitative, dont on notera qu’elle ne s’intéresse pas à la qualité de l’information diffusée…, mais au point précis qu’elle ne permettra pas de téléchargements illégaux. Qu’on poursuive des contrevenants, c’est normal. Mais qu’on limite l’accès à l’information en des lieux publics (et faits pour l’information, dans le cas des bibliothèques) au prétexte du risque éventuel de contravention, c’est me semble-t-il quasiment inconstitutionnel, non ?

Les bibliothèques, sans avoir changé de mission d’information publique, ont évolué dans leurs sources et moyens d’accès. Aujourd’hui, la toile d’araignée des liens hypertexte du Web est une ressource à part entière. La segmenter positivement (i.e. en en sélectionnant les accès a priori), c’est la transformer en unités indépendantes, disjointes, ce qu’elle n’est pas ! Si cette aberrante proposition – qui n’est pas une décision, rappelons-le quand même – devait voir le jour, je crains qu’il ne nous faille changer de métier : nous ne délivrerions qu’une information préalablement validée… Certes, cela ne toucherait que les points d’accès publics à Internet, si l’on en croit le billet signalé, mais la validité de notre accompagnement dans le savoir, livresque ou ‘internetien’, ne tient-il pas à notre liberté et notre responsabilité d’offre et de divulgation ?

Ou alors faut-il considérer qu’Internet relève de la sphère privée (et commerciale, cela va sans dire !) et non de la sphère publique ? Quel gigantesque retour en arrière, ou plutôt quelle mutation violente du citoyen – membre actif d’une cité – vers l’individu consommateur ! Cette sphère publique n’offrirait qu’une sélection pointilleuse de savoirs, et n’offrirait pas à l’appétit de ses citoyens la richesse des milliards de pages de textes, images, musiques disponibles sur Internet, et pourquoi pas demain dans les livres ou les disques ? Mais on programme avec cela la fin des bibliothécaires !

Si le réseau d’Internet représente une source essentielle d’information, en prescrire explicitement les sites autorisés d’accès revient à prescrire les titres présents dans la bibliothèque (on a connu ça autrefois à Marignane et ailleurs). Bou Diou (!), on n’accompagnerait plus les personnes au sein des savoirs possibles, on les dirigerait vers ce qui est économiquement admissible ? Oublie-t-on que les bibliothèques, espaces publics, sont pour bon nombre de personnes l’accès privilégié aux ressources du web faute de moyens personnels ?

Les bonnes âmes argueront que la sélection des titres présents sur les rayons relève d’une telle sélection préalable. C’est vrai. Mais c’est notre profession (et nos moyens !) qui l’impose. La seule restriction à notre action d’information est la limite posée par la loi (ou par la décence) à la diffusion d’œuvres particulières, et par notre responsabilité professionnelle (même si nous ne disposons pas d’un code de déontologie en bonne et due forme).  A quand les seules listes de titres autorisés, au lieu de laisser la justice décider des rares titres interdits ? Les bibliothèques, dans leur longue histoire, ont connu mille cas de censure, je ne connais pas d’autre cas où on ait voulu leur prescrire l’accès à un périmètre de savoir plus restreint que celui offerts aux citoyens individuels.

Qu’il faille interdire l’accès à (voire l’existence) certains sites manifestement et réglementairement hors-la-loi, cela peut se discuter. Mais qu’on médite de cibler limitativement l’accès public à Internet à un bouquet sélectionné de sites, c’est une aberration d’un point de vue bibliothécaire… et démocratique ! (soit dit en passant, le sénateur Bruno Retailleau, rapporteur auprès du conseil général des technologies de l’information, et soit-disant auteur de cette suggestion, me parait beaucoup plus raisonnable !)

Ce n’est pas possible, cette information. Si ? (more…)

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