Bertrand Calenge : carnet de notes

samedi 5 avril 2014

Mon désespoir est grand, et ma colère aussi

Filed under: Non classé — bcalenge @ samedi 5 avril 2014

Tout le monde des bibliothèques est au courant, je pense, de l’annonce par le CNFPT de sa décision, à partir de 2015,  de ne plus contracter avec l’enssib pour assurer la formation des conservateurs territoriaux, en partenariat avec l’INET, école supérieure de formation de la fonction publique territoriale. Confirmation devrait en être donnée le 9 avril prochain, date du CA du CNFPT. L’ABF s’en est d’ailleurs largement émue, ainsi que d’autres associations professionnelles et l’interassociation des professions des bibliothèques et de la documentation.

Cette annonce est catastrophique. Non parce que des enjeux pédagogiques seraient en jeu : l’enssib a volontiers retravaillé cette formation pour la rendre la plus pertinente possible, et le CNFPT a étroitement réfléchi avec elle pour définir l’actuel programme de la formation. De même  des comités de suivi de la formation des conservateurs territoriaux ont plusieurs fois par an ajusté nombre d’éléments dans ce cadre (je le sais, en y ayant participé activement). Le directeur de l’INET a d’ailleurs salué la qualité de la formation dispensée, lors d’un récent conseil d’administration de l’enssib, et en termes élogieux. Nul ne pense pour autant que la formation est parfaite et idéale : les élèves les premiers souffrent de devoir assumer cette période intensive, alors qu’ils imaginent volontiers pouvoir se passer de ce sas formateur avant d’entrer dans les établissements qui les espèrent. Et chaque année les organisateurs de la formation passent un temps infini à peaufiner et réviser les contenus et modalités qui nourriront leurs collègues en devenir, en conviant des experts et acteurs de tous bords – élèves compris – pour témoigner, débattre, enseigner, communiquer leur passion d’un métier commun.

rayons

Transversalités

Pendant la majeure partie de ma carrière – près de 40 ans ! -, j’ai travaillé dans les bibliothèques territoriales. BCP du Cantal d’abord, puis de la Martinique, puis celle de la Saône-et-Loire en réussissant – je crois – le cap de la décentralisation et en étant le premier président de l’ADBDP (alors ADBCP). Au Ministère de la Culture ensuite, je n’ai eu à traiter que des questions concernant ces collectivités : le concours particulier de la DGD, les BMVR, …,  et surtout les nouveaux statuts territoriaux, et les textes qui allaient organiser leur formation future en homologie avec leurs collègues de la fonction publique d’État. L‘Institut de formation des bibliothécaires (IFB) que j’ai ensuite « créé » et dirigé, s’est chargé pendant plusieurs années de donner une formation commune aux cadres bibliothécaires, des deux statuts et ensemble, en accord avec le CNFPT. Quelques années plus tard, j’ai rejoint la BM de Lyon, pour assister et accompagner les collègues – évidemment territoriaux – : je crois leur avoir été utile. Et en ayant maintenant rejoint l’enssib, j’ai été heureux d’y voir côte à côte la communauté de mes collègues, qu’ils soient de statut territorial ou d’État. Bref, si je fais le compte, l’univers des bibliothèques territoriales imprègne mon curriculum, comme je suis également heureux d’être conservateur d’État, tant je n’ai jamais vu de différence entre les deux métiers.

Je n’imagine pas un seul instant qu’on me taxe de tropisme « étatique », tant mon histoire comme mes relations et mes réflexes sont nourris de cette territorialité. Aussi, l’annonce brutale et inattendue de ce repli me sidère. J’en appelle à tous les collègues qui, en formation initiale ou continue, auprès de conservateurs d’État ou territoriaux, de bibliothécaires de tous statuts, d’assistants, bibliotechniciens et BIBAS indifférenciés, ont délivré uniment les mêmes convictions et démonstrations. Eux aussi vivent cette unité profonde d’un métier au service de leurs concitoyens, et encouragent un regard unifié sur des problématiques qui ne peuvent que se recouvrir et s’entrecroiser : les universités sont partie intégrante des villes, leurs publics se recouvrent, toutes deux partagent le même destin et des projets nécessairement communs (notamment à travers les problématiques régionales et départementales, voire métropolitaines).

Laissez-moi encore convoquer ma mémoire. Le dernier quart du XXe siècle a été une longue entreprise pour élaborer justement les ponts qui pouvaient justement permettre à tous les conservateurs de bibliothèque  (et bibliothécaires : il ne faudrait pas les oublier !) ce terreau commun d’une formation ensemble, et aussi – ne l’oublions pas – d’une mobilité accrue et facilitée. Certes, la question de la mobilité se posait dans tous les métiers des fonctions publiques, et Michel Rocard a su mettre en route cette homologie. Côté bibliothèques, peut-être avions-nous le nez creux, tant le rapprochement des compétences nous paraissait évidente : les villes se saisissaient déjà de la vie de leurs citoyens étudiants, les universités appelaient déjà  les collectivités locales pour se structurer et se moderniser immobilièrement. On y est arrivé. Formation commune, souvent contestée (évidemment !), mais génératrice d’une richesse infinie : déjà, nombre de conservateurs d’Etat exerçaient en « lecture publique » (j’en suis un comme aujourd’hui mes collègues des bibliothèques municipales classées), et depuis nombre de personnels territoriaux ont expérimenté les milieux de l’enseignement supérieur. Les mobilités s’intensifient entre les fonctions publiques, au moins pour les conservateurs et bibliothécaires : je connais vraiment beaucoup de ces  corps-cadres d’emploi qui ont exercé dans les deux univers. Et, à ce que je connais, leur compétence antérieure a été à chaque fois hautement appréciée. Pour leurs qualités propres sans doute, mais aussi parce qu’ils avaient multiplié les expériences professionnelles.

 

Camille Claudel – L’âge mur – photo BC, licence CC

Au fond, ce qui unit les bibliothécaires et conservateurs de bibliothèques, ce n’est pas leur statut, pas plus que ce n’est leur métier, c’est la complexité commune de leur fonction : ces « publics », qui sont en fait des concitoyens, ont besoin  de savoir, de s’armer, de comprendre, d’apprendre, et ces savoirs qu’il faut organiser et promouvoir doivent être les plus largement accessibles. Les professionnels réunis s’ingénient à mobiliser des savoir-faire, des réseaux, des partenariats, afin de proposer aux pouvoirs publics de tous types des programmes qui permettront aux publics des ces collectivités de savoir plus, de comprendre mieux, de trouver les outils pour construire notre citoyenneté connaissante. Et la plupart du temps, les cadres des bibliothèques ont une très fine manière de comprendre leur environnement administratif et politique pour y adapter leurs talents, comme ils ont « le nez » pour engager les partenariats nécessaires dans leurs multiples positions. A tel point que le rapport Pêcheur (du nom du conseiller d’Etat qui l’a rédigé)  donnait ces fonctionnaires publics des bibliothèques en exemple évident de la  transversalité d’une souhaitable fonction publique de métier. Je le cite :

« Certains corps et cadres d’emploi se prêteraient tout particulièrement à une
expérimentation pour la création d’un cadre professionnel commun, dès lors que, bien
qu’appartenant à des fonctions publiques différentes, ils ont le même contenu professionnel,
ont d’ores et déjà des déroulés de carrière proches ou semblables, ainsi que des concours et
des formations initiales voisins voire communs, sans compter que certains partagent déjà la
même charte de déontologie. Sont par exemple dans une telle situation la plupart des corps et
cadres d’emploi de fonctionnaires des bibliothèques (…) »

Le statut des conservateurs territoriaux prévoit d’ailleurs, en son article 7, une formation commune avec les conservateurs d’Etat : « Au cours de cette période, les élèves effectuent la même scolarité que les conservateurs stagiaires ayant vocation à accéder au corps des conservateurs de bibliothèques »

 

Ousmane Sow - photo BC, licence CC

Ousmane Sow – photo BC, licence CC

Un retour en arrière

Si le CNFPT confirme sa décision dans un tout prochain CA, c’en est fini de ces réseaux professionnels tissés à travers la formation initiale commune des conservateurs de tous statuts. Je ne mets pas en doute ici le contenu -encore inconnu – de la  formation qu’envisage le CNFPT, mais souligne que le long travail des professionnels des bibliothèques pour se donner des outils communs et une formation commune est aujourd’hui battu en brèche. Une fois disparu, ce passage formateur par une « maison commune » des bibliothèques risque de faire disparaître la compréhension partagée de problématiques communes. Oserai-je rappeler qu’après la disparition du Conseil Supérieur des Bibliothèques, l’Enssib reste l’unique institution fédératrice de tous les types de bibliothèques (oui, tous : car ses masters forment également les cadres des bibliothèques hors fonction publique) ?

Bien sûr, il faut régulièrement auditer la formation dispensée, et la dernière mise à plat  a eu lieu en 2011 (avec le CNFPT !), rénovant totalement le cursus. Mais l’actuelle annonce de « divorce » ne s’appuie sur aucun avis d’expert dans le cadre d’une nouvelle évaluation ! Dans cette affaire, il existe bien plus qu’une dissension sur des méthodes pédagogiques ou des contenus de formation. De multiples enjeux s’y croisent, bien éloignés de l’intérêt des bibliothèques : pour le CNFPT organiser la fluidité des emplois, pour l’INET atteindre une masse critique d’élèves. Je ne suis pas sûr que les enjeux des bibliothèques municipales et départementales y soient considérés dans leur complexité. Pourtant, Thierry Giappiconi lui-même, membre du Conseil National d’Orientation du CNFPT, soulignait l’intérêt commun des villes (FP territoriale) et des universités (FP d’Etat) en matière de mutualisation !

Ce qui est en jeu également, c’est la reconnaissance d’un statut du conservateur de bibliothèque comme autorité scientifique. La même annonce n’a pas été portée à l’encontre des conservateurs territoriaux du patrimoine, toujours formés par l’INP, le discours dominant affirmant leur scientificité singulière… Si les bibliothèques sont nécessairement actrices des politiques publiques qu’elles servent, leurs bibliothécaires doivent pouvoir affirmer la singularité de la dimension culturelle, surtout à l’heure où les remous électoraux tendront ici ou là à conformer les bibliothèques à des objectifs politiques qu’elles ne peuvent accepter, la chose étant facilitée par l’assimilation des conservateurs de bibliothèques à des administrateurs spécialisés. L’Etat, ayant organisé sa propre impuissance par une décentralisation maximale, semble ne revendiquer même plus l’affirmation concrète d’une communauté culturelle des connaissances au-delà des choix locaux….

Face à cette régression qui s’annonce, mon désespoir est grand, et ma colère aussi. Au fond, c’est comme si des décennies d’efforts partagés étaient jetées par-dessus bord. J’en appelle à toutes celles et tous ceux qui pourront aider à proposer le temps de la réflexion, de l’évaluation, de l’analyse, des enjeux, et enfin des décisions pour des projets cohérents. Et alerteront leurs élus sur l’échéance si proche de cette grave décision.

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33 commentaires »

  1. les associations professionnelles se sont mobilisées et oeuvrent dans ce sens… Si l’école avait davantage écouté les alertes faites par les uns et les autres depuis plusieurs mois, nous n’en serions peut-être pas encore là… maintenant agissons de concert et en coopération.

    Commentaire par Xavier G. — samedi 5 avril 2014 @ samedi 5 avril 2014

  2. Je ne peux répondre à des alertes dont je n’ai pas été informé. Xavier, tu sais combien je suis attentif à tous les dialogues, et je n’ai pas été destinataire de ces fameuses alertes… En disant cela, je ne me dérobe pas, mais je vois la notable évolution construite avec le CNFPT depuis 2011. Il était assez aisé de demander un audit pour encore tout remettre à plat. Personnellement, je ne l’aurais pas accueilli avec déplaisir.
    Ma question est plus cruciale que ne l’est au fond l’enssib : peut-on encore affirmer un espace de formation initiale partagée entre tous les conservateurs des bibliothèques ? Visiblement non : ainsi ne le souhaite pas le CNFPT, et ainsi est également incapable de le penser l’Etat.
    Certes, l’histoire est un éternel recommencement, mais je souffre à l’idée de revoir cette méconnaissance mutuelle se donner toutes les chances de resurgir plus forte

    Commentaire par bcalenge — samedi 5 avril 2014 @ samedi 5 avril 2014

  3. « les élèves les premiers souffrent de devoir assumer cette période intensive, alors qu’ils imaginent volontiers pouvoir se passer de ce sas formateur avant d’entrer dans les établissements qui les espèrent » –> n’importe quoi, je ne connais aucun élève conservateur qui souhaite se jeter dans le bain sans formation préalable, en particulier les territoriaux qui angoissent plutôt de devoir assumer des fonctions de direction, souvent sans expérience préalable.

    « l’annonce brutale et inattendue de ce repli » –> Lorsque j’étais à l’enssib, il y a environ 6 ans, le cnfpt menaçait déjà d’enlever les territoriaux de l’enssib….

    Comme tous les conservateurs territoriaux, j’ai passé un an et demi à l’enssib en comptant les stages. C’était il y a environ 6 ans. J’avoue que je ne sais pas comment la formation a évolué depuis, mais je peux témoigner sur la formation que j’ai subi, moi.

    Je n’ai jamais eu droit à un cours sur la lecture publique (à part des cours théoriques sur la sociologie de la lecture), aucune formation au management ou aux fonctions d’encadrant, à la mise en œuvre des politiques publiques, à l’organisation d’une collectivité, pratiquement rien sur les collections spécifiques aux bm (en particulier le versant jeunesse), rien sur l’action culturelle non plus. Par contre, j’ai eu droit à des powerpoints avec des chiffres en francs, à un cours d’une journée sur la gestion d’un budget (en catastrophe vers la fin de la formation alors que tout le monde travaillait au rendu de son mémoire), à une formation au langage xml et à la conception de bases de données sous access (c’était vraiment une priorité), et j’ai réalisé un joli mémoire consacré largement à l’histoire des bibliothèques, mémoire dont je suis assez fier mais qui ne m’a été d’aucune utilité professionnelle. Les rares cours qui m’ont été utiles, je les ai reçus à Strasbourg, à l’Inet. Le stage long après la formation à Lyon a également été salutaire.

    Lorsque j’ai occupé mon premier poste, un poste de direction dans une bibliothèque municipale comptant une vingtaine d’agent, ce qui doit correspondre à la situation de la plupart des territoriaux qui sortent de l’enssib, je ne savais pas ce que c’était qu’un « dac », je ne savais même pas ce que c’était qu’un courrier rédigé « sous couvert de… », je ne savais pas rédiger un appel d’offre ou analyser une réponse à un marché public. J’ai commis de nombreuses bourdes qui auraient été évitées si j’avais bénéficié d’une formation digne de ce nom.

    L’Etat avait déjà enlevé l’organisation des concours à l’enssib suite à une série de boulettes (l’année où j’ai passé le concours, l’enssib a oublié de convoquer aux oraux une candidate admissible, elle a passé son oral en catimini deux mois après). Les élèves successifs de l’école ont largement tiré la sonnette d’alarme (la promotion juste avant la mienne a carrément fait grève et boycotté les examens). Comme je l’ai dis, je ne sais pas comment a évolué l’enssib depuis ma formation mais la décision du cnfpt me laisse supposer qu’elle n’a pas pas changé. Si les conservateurs territoriaux ne sont plus formés à l’enssib, c’est fort dommage pour l’unité de la profession, pour la possibilité de se tisser un réseau professionnel, et pour les estomacs qui ne pourront plus profiter de la gastronomie lyonnaise mais ça peut être l’occasion de donner une formation digne de ce nom aux conservateurs territoriaux. Bravo au Cnfpt.

    Commentaire par Un conservateur territorial — dimanche 6 avril 2014 @ dimanche 6 avril 2014

  4. […] des conservateurs d’Etat et territoriaux séparée : Bertrand Calenge désespéré. En même temps, la formation n’est pas parfaite et il faut la repenser (fait en 2011 […]

    Ping par Veille hebdomadaire – 06.04.14 | Biblio Kams — dimanche 6 avril 2014 @ dimanche 6 avril 2014

  5. Je ne mets pas en doute votre expérience. Ce que j’ai dit, c’est qu’une refonte complète de cette formation est intervenue en 2011, avec le concours du CNFPT. La dernière promotion a reçu 78 intervenants œuvrant dans les collectivités territoriales, il y a des formations sur les bibliothèques jeunesse et musicales, et l’action culturelle y a une pleine place comme les questions d’accueil et de services innovants. Il est dommage que chacun juge une formation revue à l’aune de ce qu’il a subi, sans examiner sa réalité actuelle. Tous ceux qui ont effectué une formation complète depuis cette refonte ne sont pas nécessairement de votre avis, du moins pour ceux qui me l’ont témoigné. Et puis, rien n’empêchait de remettre la formation à plat, encore une fois…

    Commentaire par bcalenge — dimanche 6 avril 2014 @ dimanche 6 avril 2014

  6. « il y a des formations sur les bibliothèques jeunesse et musicales, et l’action culturelle y a une pleine place comme les questions d’accueil et de services innovants »

    Je précise que :
    Les trois derniers item sont en fait proposés dans le cadre du parcours Services au Publics qui est l’un des parcours proposés en fin de formation. ( de mémoire, on doit choisir entre le parcours Services au Publics, le parcours Numérique et le parcours Patrimoine).

    Je pense pour ma part que ces UE mériteraient d’être ajoutées au tronc commun de la formation .

    Commentaire par Clémence — lundi 7 avril 2014 @ lundi 7 avril 2014

  7. @ Clémence,
    Effectivement certains de ces items sont soit des éléments de parcours soit des options. Il ne faut pas les voir pour autant comme superflues : la formation a évolué pour tenir compte des projets professionnels différenciés des élèves : il est évident que pour celles et ceux qui veulent creuser les questions propres aux bibliothèques publiques, ces UE sont essentielles, mais il faut penser aussi que celles et ceux qui veulent « se lancer en patrimoine » le parcours personnel sera différent, comme sera différent encore le parcours des passionnés de la chose numérique. Le système des parcours et options a justement été mis en place pour répondre à cette différenciation des projets personnels : sinon, il faudrait que tout fasse l’objet de cours obligatoires, et ce serait intenable…

    Commentaire par bcalenge — lundi 7 avril 2014 @ lundi 7 avril 2014

  8. « Le directeur de l’INET a d’ailleurs salué la qualité de la formation dispensée, lors d’un récent conseil d’administration de l’enssib, et en termes élogieux. »
    Ne faites pas semblant d’être dupe de cette langue de bois. La vérité est que l’ENSSIB refuse depuis des lustres de revoir VRAIMENT la formation des élèves conservateurs. Pourquoi nous imposer un parcours de type universitaire, alors que nous avons tous déjà fait montre d’un tel cursus, et que nous avons besoin d’une formation d’APPLICATION ? Il existe des méthodes d’enseignement et d’évaluation adaptées aux ADULTES que sont les élèves conservateurs, et autorisant une interactivité avec les enseignants et les intervenants professionnels. Quel besoin d’écrire un pseudo-mémoire qui n’est ni un mémoire professionnel s’appuyant sur un stage, ni un mémoire de recherche ? Nous avons déjà prouvé que nous savons rédiger une dissertation !
    Pourquoi vous réfugier derrière l’argument de la compétence scientifique, alors que les « sciences des bibliothèques » ne sont quand même rien d’autre qu’une science molle, je parlerais même d’une « méta-science », par analogie aux méta-tags. Les conservateurs du patrimoine ont une vraie spécialité, un bagage scientifique, préalable à leur formation de directeur de musée. Les conservateurs de bibliothèque sont des généralistes, aucun bagage universitaire spécialisé n’est nécessaire – sauf pour les métiers de l’ordre de la documentation et de la veille, quand il sont spécialisés dans un domaine, ou pour quelques postes très spécialisés, dans le patrimoine et la conservation par exemple. De plus en plus, dans les universités comme dans les bibliothèques municipales, notre travail est celui de gestionnaires, de managers, d’acteurs de la vie publique locale. Et non, ces termes ne sont ni péjoratifs ni décadents !
    « Si le CNFPT confirme sa décision dans un tout prochain CA, c’en est fini de ces réseaux professionnels tissés à travers la formation initiale commune des conservateurs de tous statuts. » Certes. Mais en huit années de pratique professionnelle en tant que bibliothécaire territoriale (dont la formation n’est pas commune avec celle des États, et là, on ne dit rien ?), j’ai eu tout le loisir de me créer un réseau, dans les BM, les BU, les BDP de ma région, mais aussi par l’intermédiaire des journées d’études qu’organisent les associations professionnelles ou les clubs utilisateurs. Nous n’avons pas besoin d’une école commune pour nous créer un réseau.
    La pensée unique est… conservatrice. Elle est la porte ouverte aux corporatismes rétrogrades. La scission de l’INET, si elle se confirme, est la promesse d’un grand courant d’air frais, d’un dépoussiérage de la formation, et par conséquent, de la profession, qui a, de mon point de vue, bien besoin d’ouverture, et d’enterrer enfin ce complexe d’infériorité qu’elle a éprouvé longtemps par rapport aux professeurs d’université, et sur lequel elle a bâti son identité… Il y a un siècle !

    Commentaire par une conservatrice en colère — lundi 7 avril 2014 @ lundi 7 avril 2014

  9. @ conservatrice en colère,
    Je n’entrerai pas dans les débats de ce qui est scientifique et ne l’est pas, ce serait trop long, et je vous laisse à vos certitudes.

    Je ne nie pas l’existence des réseaux professionnels, j’en ai assez constitué sans que ma formation sait été partagée avec eux, de même que les réseaux professionnels incluent aussi des gens professionnels qui le sont dans d’autres domaines que les bibliothèques.

    Mais ce que vous écrivez montre a contrario l’intérêt d’une formation commune : vous dites que les conservateurs territoriaux sont « des gestionnaires, des managers, des acteurs de la vie publique locale », en sous-entendant que ces fonctions sont étrangères aux conservateurs d’Etat dans les universités : on voit bien que vous entretenez une singulière méconnaissance de la vie publique locale ! Et je n’estime ces fonctions ni péjoratives ni décadentes, simplement j’ai voulu souligner que les conservateurs n’étaient pas que cela : sinon, pourquoi en recruterait-on ? De même que les bibliothécaires d’ailleurs…

    Quant aux bibliothécaires, vous frappez à la mauvaise porte : j’ai eu l’honneur de diriger l’IFB qui a formé, dès la mise en place des nouveaux statuts de 1992, les bibliothécaires d’Etat et territoriaux ensembles, avant que cette formation soit reprise par l’enssib. Et c’était riche ! Cette communauté de formation a cessé lorsque la réforme du statut des bibliothécaires territoriaux a tout bonnement supprimé la formation initiale de ceux-ci, au profit d’une formation « tout au long de la vie ». Soit dit en passant, cette absence de formation initiale est unanimement déplorée dans tous les milieux professionnels…

    Enfin, vous conspuez la pensée unique : je n’ai fait qu’exposer ma pensée, qui si je la revendique comme personnelle ne se veut pas « unique ».Les différents commentaires de ce billet semblent plutôt dire que c’est vous qui versez dans la pensée unique…

    Cordialement,

    Commentaire par bcalenge — lundi 7 avril 2014 @ lundi 7 avril 2014

  10.  » Les élèves les premiers souffrent de devoir assumer cette période intensive, alors qu’ils imaginent volontiers pouvoir se passer de ce sas formateur avant d’entrer dans les établissements qui les espèrent « .
    Où avez-vous lu, entendu ou compris de pareilles sottises ? Croyez-vous un seul instant que les élèves-conservateurs, recrutés après un concours des plus sélectifs, demandent à être dispensés d’une formation professionnalisante ? C’est précisément l’inverse, et c’est tout simplement l’incapacité de l’Enssib à assurer cette formation (en dépit d’effectifs pléthoriques) qui explique la décision du Cnfpt. Cessez vos jérémiades, arrêtez d’insulter les élèves avec vos propos mensongers et assumez votre inaptitude à vous réformer. Bon débarras !

    Commentaire par Conservatrice excédée — lundi 7 avril 2014 @ lundi 7 avril 2014

  11. Bonjour,

    Si je trouve triste que les conservateurs d’état et les territoriaux ne soient plus formés ensemble, je ne crois pas que ce soit un drame et une catastrophe dans la profession. Je pense que la catastrophe c’est la formation donnée par l’ENSSIB. Elle s’est réformée dans son format avec des choix de parcours et dans des programmes mais pas dans sa qualité, qui est le plus souvent médiocre, rarement très bonne et trop souvent mauvaise.
    Nous avons subi pendant 2 mois des cours magistraux en amphi. 24H par semaine assis dans un amphi inconfortable avec des intervenants pour la plupart pleins de bonne volonté et avec des choses à dire mais que l’ENSSIB envoie au casse-pipe pour faire 3h de cours magistral alors que ce sont souvent des professionnels des bibliothèques qui n’ont pas de formation à l’enseignement. Savoir parler devant un public et derrière un micro, ce n’est pas inné. Pendant les 3 semaines de rentrée on nous a parlé de nouvelles pédagogies qui arrivent dans le supérieur mais l’ENSSIB continue à proposer des cours magistraux comme quand je faisais mes études il y 25 ans !
    Il y a aussi cet intervenant qui se contente de nous lire un texte (une copie du métier de bibliothécaire ?) pendant 3 heures en se tenant la tête tellement il s’ennuie lui-même. Il y a celui qui nous dit qu’il n’a pas eu le temps de finir de préparer son cours car les 2 heures de train entre Lyon et Paris n’ont pas suffit. Il y a celui qui passe une grande partie de son cours à disserter sur le nom qu’il faut donner aux communautés d’université mais qui au final n’a presque rien enseigné.
    Il y a ces redites sur les structures des bibliothèques pendant 3 semaines alors que nous les connaissons pour avoir préparer le concours ou avoir travaillé en bibliothèque, des cours sur la marchandisation de l’identité.
    Mais rien ou presque sur les structures des universités et des collectivités territoriale hors bibliothèque. Quels sont les rôles et prérogatives d’un président d’université, d’un secrétaire général ? A peine une demie-journée sur les réformes en cours dans l’éducation. Rien sur les réformes territoriales. Rien sur la comptabilité publique, sur le droit public. Plus tard ? Commençons par une vue d’ensemble du cadre de travail avant de faire le détail.
    Cet enseignement souffre d’un entre-soit et de nombrilisme. Entre-soit à l’ENSSIB avec des personnes qui n’ont pas mis les pieds en établissement depuis des lustres et sont loin des réalités du terrain. Entre-soit entre conservateurs mais pas d’enseignants du supérieur plus aptes à assurer des cours de qualité et qui n’ont pas une vision depuis un établissement mais plus large.
    Cette formation représente un énorme investissement financier pour l’Etat et les collectivités territoriales. Pour les élèves outre l’aspect financier il y a un énorme investissement personnel. Tout cela pour quoi ? Pour une formation de piètre qualité.
    Mais qu’attendre d’une formation qui est à la fois à destination de conservateurs et de master ! Qu’attendre d’une école dont la direction ne nous considère pas comme des collègues ou futurs collègues ? J’étais venue en me disant : oublie ce que tu as vu pendant ta formation de bibliothécaire il y a 7 ans, oublie ce que tu entends sur l’ENSSIB, il y aura de bonnes choses. Malheureusement, les 2 mois passés ne m’ont que donné le sentiment de perdre du temps.
    Vous êtes le premier responsable d’UE à nous sortir de l’amphi et faire une pédagogie plus active. Merci à vous.
    IR, conservatrice dépitée par sa formation

    Commentaire par isapro — mardi 8 avril 2014 @ mardi 8 avril 2014

  12. Le CNFPT a montré sa capacité à se réformer: désormais les bibliothécaires territoriaux bénéficient de 5 jours de formation obligatoires, le reste étant « tout au long de la vie ». De fait la formation « sur le tas » est à nouveau d’actualité, plus ou moins heureusement… Et arrivent de plus en plus dans les bibliothèques des administratifs…

    Ne nous y trompons pas: à moyen terme les conservateurs territoriaux seront supprimés, remplacés par des administrateurs, la récupération de la formation par l’INET en est le premier pas.

    L’INET, revenons-y… Formation d’excellence???? De grâce, un peu d’honnêteté! C’est à l’INET que j’ai entendu le plus de langue de bois, dans les formations INSET que je me suis retrouvée face à des formateurs qui n’avaient AUCUNE connaissance de l’environnement territorial mais il est de bon ton de dénigrer l’enssib….

    La formation peut être améliorée, c’est une évidence; mais ce n’est pas en supprimant la formation commune que ce sera le cas.

    Pour ma part j’ai appris à l’enssib, humainement et professionnellement même s’il n’est pas politiquement correct de le dire…

    conservateur_territoriale_dissidente

    Commentaire par AC — mardi 8 avril 2014 @ mardi 8 avril 2014

  13. Tout ça, c’est des problèmes de chefs. Par Toutatis, l’émancipation des catégories C sera l’oeuvre des catégories C elles-mêmes !
    Obélix

    Commentaire par Obélix — mardi 8 avril 2014 @ mardi 8 avril 2014

  14. Plusieurs questions se posent :

    Savons- nous ce que proposerait l’INET pour les conservateurs territoriaux à partir de 2015 ?

    En effet comment mobiliser la réflexion des conservateurs en postes pour qu’ils interpellent leurs élus de façon concertée (donc avec le support des associations professionnelles et estudiantines, des syndicats, de l’Ecole, des centres de formation) si nous ne savons pas ce qui est envisagé en termes de contenu pédagogique, (au-delà de la question du seuil critique du nombre d’élèves pour l’INET)? Le cycle actuel mais court de l’INET à l’intérieur du DCB a bonne presse dans la profession mais une formation longue c’est une autre question.
    Oui, la question est ancienne. Déjà en 1999-2000 lors de ma formation de conservateur territorial DCB à l’Enssib, le directeur de L’Inet interrogeait avec insistante les critiques des élèves et imaginait « déjà »une formation INET. Si les cadres de l’INET chargés du dossier réfléchissent depuis plus de 15 ans à une nouvelle formation avec ou sans l’enssib, le projet pédagogique INET, dans ses grandes lignes, pourrait être rapidement posé sur la « place publique », au-delà des seuls experts et représentants des associations, comme une des « pièces » du débat.
    Cela serait intéressant de connaître leur projet aussi bien pour les professionnels en postes que pour les étudiants pour pouvoir se situer…
    S’agit- il d’ajouter un cycle de spécialisation court adossé à la formation des administrateurs ?
    Les statistiques de sorties de cette formation pour administrateurs indiquent pour les postes occupés à son issue :
    3% pour la culture, 2% pour les services à la population, 18% pour les finances, 9% pour les ressources humaines…
    Les services « supports » semblent bien plus représentés que les postes de directions assurant des services quotidiens à la population.

    Que voulons-nous être ? Des spécialistes de la finance, du droit public, du « techno- management » des ressources humaines territoriales ? Pour une mobilité vers la haute fonction publique ?
    Mais pour quel projet ?

    Serons- nous des spécialistes d’application de la RGPP/MAP dans les bibliothèques ?
    Consultons par exemple le chapitre « Dans la fonction publique, un management qui peine à trouver sa légitimité » In « Manuel de GRH dans la fonction publique » à la Documentation française, formation administration concours, paru en 2011 » où on lit comme objectif de progrès
    « Donner aux responsables de terrain une plus grande responsabilité sur la définition de leurs objectifs et la gestion de leur personnel » tout un programme… à construire. Souvenir de terrain lorsque dans le dialogue annuel de gestion, la DRH nous cite habituellement pour information le volume de la masse salariale du service sur laquelle nous aurions donc une prise ???
    Ou sommes – nous, serons- nous, des spécialistes de la démocratisation culturelle, soucieux de l’usage rigoureux des deniers publics, sur un territoire en devenir ?
    Des directeurs d’établissements de toute taille recevant un public heureusement de plus en plus exigeant, en prise avec l’évolution de la société ? Des gestionnaires d’équipements qui adaptent les espaces aux nouvelles conditions d’accueil, à une multiplicité de services à la population ? Des responsables d’équipes travaillant quotidiennement avec le public ? Des concepteurs de nouveaux services culturels ?

    Voulons- nous diluer notre identité professionnelle dans celle des administrateurs spécialistes de la GRH et des finances publiques ou bien réfléchir ensemble conservateurs, bibliothécaires d’état et territoriaux à une formation de métier pour gérer et construire des projets pour nos bibliothèques qui doivent encore beaucoup se moderniser, se professionnaliser.

    Cette question ne se pose-t-elle pas aussi bien pour les conservateurs d’état que pour les conservateurs territoriaux ?

    Si nous choisissons une identité de métier des cadres supérieurs des bibliothèques

    c’est bien d’abord avec L’Enssib qu’il faudrait l’imaginer

    en capitalisant mieux l’expérience des élèves conservateurs territoriaux depuis 1992, l’expérience des bibliothécaires territoriaux formés à l’ENACT (ou sans formation de cycle, avec uniquement des stages CNFPT de 3 jours !), des responsables pédagogiques de l’Enssib, des responsables de l’INET, dans le cadre d’une critique constructive des formations initiales existantes (ou presque inexistantes pour les bibliothécaires).
    Pour ma part, je pense par exemple que pour les conservateurs un parcours management territorial à l’intérieur du DCB serait une piste de travail dans lesquels pourraient prendre plus de place des enseignements de cadres territoriaux non bibliothécaires. Une nouvelle réflexion sur les mémoires professionnels, des temps de pédagogie active plus nombreux seraient aussi utiles.

    En tout cas, merci, Bertrand, pour cet espace de dialogue, et d’informations. A suivre.

    Commentaire par Laurence KHAMKHAM — mardi 8 avril 2014 @ mardi 8 avril 2014

  15. « l’enssib a volontiers retravaillé cette formation pour la rendre la plus pertinente possible »

    Juste un mot : LOL

    Personne, dans les établissements c’est-à-dire dans la vie réelle, n’accorde la moindre crédibilité à ce navire échoué appelé enssib, qui s’auto-congratule en vase clos depuis des années. Si l’enssib a une utilité néanmoins, c’est bien de créer une communauté de victimes un peu comme le service militaire de jadis : « ah, toi aussi tu y es passé-e… (silence compatissant) » ; on pourra appeler ça culture professionnelle commune ou réseau si l’on veut. Néanmoins, autant de crédits publics dépensés en petits fours et goodies et de temps perdu sont-ils nécessaires pour cela ?

    J’espère pour les territoriaux que l’INET saura faire mieux (ou moins pire)…

    Commentaire par Jeune conservateur — mardi 8 avril 2014 @ mardi 8 avril 2014

  16. Désespoir ? colère ? Mouchez vous, séchez vos larmes et faites preuve d’un peu de lucidité une fois passé ce gros chagrin. La formation des conservateurs par l’enssib est d’une nullité sans nom, cette école est une souffrance pour les élèves et un objet de moqueries chez tous les professionnels. Les malheureux conservateurs territoriaux qui passent sur ses bancs doivent ensuite tout réapprendre par eux mêmes ou en formation continue, au sein du cnfpt justement ou même à l’enssib (parce que l’offre de formation continue est moins grotesque que la formation initiale). Le cnfpt tire simplement la conséquence logique des plaintes quasi unanimes des élèves conservateurs depuis des années. Si il s’avère au final que la séparation des conservateurs territoriaux et des conservateurs d’Etat est dommageable pour la profession, nous saurons qui est responsable : la direction de l’enssib.

    Commentaire par Un cons' — mardi 8 avril 2014 @ mardi 8 avril 2014

  17. Bonjour, à mon avis, la formation Enssib ne pèche pas par ses contenus mais par les conditions dans lesquelles elle est conduite : considération souvent infantilisante des formés, plans de formations et progressions pédagogiques inexistants (ou à la marge) ou dépassés (un savant censé instruire 80 ignorants en cours magistral), notations et évaluations souvent peu constructives et sur un modèle universitaire. C’est cette mauvaise ambiance qui se traduit par un sentiment de mal être tout au long de la formation, et se mue généralement en véritable détestation épidermique (cf certains commentaires précédents), qui apparaît clairement aujourd’hui, où l’Enssib ne trouve (presque) personne pour la soutenir dans le maintien d’une formation commune en son sein. Dans l’affaire nous allons donc perdre une formation commune, et je suis d’accord pour dire que c’est une vraie perte, d’autant que, par son offre de formation continue, l’Enssib prouve par ailleurs qu’elle est à même de se positionner en véritable outil de formation professionnelle complète et exigeante et ce, sans céder au « tout management-gestionnaire », dès lors qu’elle mobilise des intervenants pour proposer des modules de formation construits, pensés et conduits auprès de collègues considérés comme… des collègues aptes à l’échange constructif, et non des élèves à édifier. Ce claquement de porte du Cnfpt s’il est confirmé doit permettre de repenser la formation en ce sens, et le positionnement de l’enssib en école professionnelle : en travaillant sur le modèle/l’intégration à la formation continue ; en suivant un schéma de formation en alternance stage- école.

    Commentaire par Malik Diallo — mercredi 9 avril 2014 @ mercredi 9 avril 2014

  18. Défendre une formation commune oui, mais l’Enssib ne peut se targuer d’être un modèle en la matière. Je suis convaincu que le CNFPT n’a eu aucun mal à accumuler les arguments au cours des années passées. Le problème ne concerne d’ailleurs pas uniquement les territoriaux. Quid par exemple des bibliothèques de la Ville de Paris pour les conservateurs d’État durant ces 18 mois ? Pour ma part, jamais une seule intervention ! Encore 5 postes de sortie pour la Ville de Paris (prévus d’avance comme chaque année), et 4 postes en BMC pour la dernière promotion des conservateurs d’Etat. Cela n’a rien de négligeable au vu du nombre réduit de postes ouverts au concours à l’heure actuelle.
    Bien avant la passerelle entre fonctions publiques, il aurait fallu que la formation initiale serve réellement de passerelle à la prise de poste, et non pas à des élucubrations oiseuses.

    Les vernis(sages) successifs n’ont rien changé au fond, à l’idéologie elle-même de cette formation initiale. La Huchette peut se permettre de rejouer pendant des années la même pièce, à l’Enssib la répétition année après année du théâtre de l’absurde n’a par contre rien de plaisant… surtout quand les comédiens amateurs constituant la troupe ont tendance à prendre leur auditoire pour des demeurés.

    Quant aux « masters [qui] forment également les cadres des bibliothèques hors fonction publique », cela me fait plaindre une fois de plus les étudiants du master politique des bibliothèques et de la documentation (PBD) qui ont partagé durant 18 mois les bancs de l’Enssib avec nous autres élèves conservateurs, exception faite qu’ils n’étaient pas rémunérés et encore plus malmenés et méprisés que nous ne l’étions. Je finis par me demander si les détourner de la fonction publique n’était justement pas le principal objectif de ce master (outre le fait de servir d’énième alibi universitaire à cette « formation initiale »). Vaste fumisterie que tout cela.

    Scandale des IUFM, scandale de l’Enssib, cela fait bien longtemps que la formation initiale des fonctionnaires français est mal partie.

    Commentaire par Un conservateur d'Etat frais moulu — mercredi 9 avril 2014 @ mercredi 9 avril 2014

  19. A partir de mon expérience personnelle, j’ai envie de dire que les problèmes de la formation des conservateurs sont les suivants ;

    1) Elle propose une formation qui se veut universitaire alors qu’elle s’adresse à un public qui a déjà une longue formation universitaire (parfois d’excellence) et qui est donc très sévère sur le contenu qui lui est enseigné,
    2) Elle se focalise trop sur des cours de culture générale, sociologie de la lecture, histoire de l’édition/du livre/des bibliothèques alors que les candidats au concours ont potassé tous ces sujets jusqu’au dégoût
    3) Dans le registre professionnel, les interventions relèvent trop du simple retour d’expérience. Ca peut être intéressant 1 fois, pas 2, et encore moins 10.
    4) Elle traite des gens qui ont entre 25 et 60 ans comme des élèves d’école primaire (dans ma promotion, le wifi a été coupé purement et simplement parce que les élèves allaient trop sur Internet. Non seulement c’est infantilisant mais ça dénote une grave incompréhension des usages modernes des outils numériques. C’est carrément dramatique pour une école supérieure des sciences de l’information)
    5) A mon époque, tout ce qui relevait des spécificités de la lecture publique territoriale (jeunesse, loisir, action sociale, action culturelle, partenariats…) et plus largement des fonctions d’encadrement/direction (relation avec une tutelle, recherche de financements, management, gestion, encadrement…) était passé plus ou moins à la trappe ou traité par dessus la jambe (l’enseignement de la conduite de projet réduite à une formation aux logiciels pour créer des diagrammes de Gantt).

    C’est d’autant plus dommage qu’à cöté de ça, l’enssib n’est pas entièrement nulle : je ne connais pas les autres formations mais la bibliothèque est bien, la formation continue a plutôt bonne réputation, le site est de qualité aussi bien en terme de contenus que de services. Personnellement, j’aime bien le bbf aussi (mais je sais que c’est un avis qui n’est pas très partagé)

    Commentaire par Encore un jeune conservateur — mercredi 9 avril 2014 @ mercredi 9 avril 2014

  20. Une précision sur mon point 4 : comprendre que les élèves allaient trop sur Internet… pendant les cours.

    Commentaire par Encore un jeune conservateur — mercredi 9 avril 2014 @ mercredi 9 avril 2014

  21. Cher Bertrand Calenge,
    Je suis employé comme bibliothécaire dans la fonction publique territoriale et je voudrais savoir une chose : je me suis récemment abonné au BBF, le magazine édité par l’ENSSIB. Pouvez-vous me dire si à l’avenir, le BBF aura le droit de continuer à parler du monde des bibliothèques territoriales, ou alors va-t-il restreindre sa ligne éditoriale aux bibliothèques tenues par l’Etat et ses ramifications ? Parce que si tel était le cas, je souhaiterais connaître les conditions de mon désabonnement au BBF, ou alors si il était possible de faire muter mon abonnement vers un abonnement à La lettre du cadre territorial, ou toute autre publication dans laquelle j’aurais le plaisir de voir plein de textes avec des néologismes qui vont m’édifier et également des images montrant des gens habillés avec plein de cravates et de tailleurs, et à la main des serviettes en cuir mondialisé avec des dossiers qui dépassent et des sourires de cadres d’âge mûr dynamiques qui vont m’aider à ressembler à Jean-Marie Legrand, Thierry Giapicconi ou Sandrine Bonvillain, dont je voudrais souligner ici le goût vestimentaire (je veux dire, par rapport à certaines personnes de l’ENSSIB que j’ai pu rencontrées et que je ne citerais évidemment pas, dans les circonstances actuelles). Je l’ai toujours pensé, au boulot, il faut se méfier des gens en costume ou tailleur qui viennent te serrer la pince… ou alors il faut en porter un de temps en temps pour ne pas se faire trop remarquer, sinon après, vous vous faites manger.
    Vous remerciant pour votre réponse, je vous passe mes salutations et celles de mes enfants, qui adorent votre prénom (je m’interroge d’ailleurs pour mon prochain).
    Mp

    Commentaire par Mister Pamp — mercredi 9 avril 2014 @ mercredi 9 avril 2014

  22. @ MP,
    Ma longue carrière m’a amené – aussi – à diriger le BBF (!). Les 15 dernières années, il a majoritairement été dirigé par des conservateurs ayant fait l’essentiel de leur carrière en bibliothèque territoriale ou à la Ville de Paris. Je serais suffoqué moi-même d’une telle évolution, qui n’est certainement pas à l’ordre du jour : pour mémoire, l’enssib n’a jamais dit se dégager des bibliothèques territoriales, c’est le CNFPT qui décide de prendre à son compte la formation initiale. Pour information complémentaire, les bibliothécaires territoriaux sont plus que largement présents dans les nombreux stages de formation continue.
    Mes salutations à vos enfants, qui ont bon goût !
    Cordialement,

    Commentaire par bcalenge — mercredi 9 avril 2014 @ mercredi 9 avril 2014

  23. Deux informations pour mes honoré(e)s commentateurs(trices) :

    1 ) Je n’ai pas écrit mon billet en service commandé. Dans tous les écrits de mon blog comme dans mes diverses interventions publiques, j’ai toujours défendu mon point de vue personnel, fût-il hétérodoxe. La question que je soulève au fond n’est pas celle des formations passées de l’enssib, et encore moins de l’opinion qu’on peut nourrir à son égard. C’est la conviction que les différentes positions statutaires des cadres des bibliothèques (conservateurs puisqu’il en est question ici, mais aussi bibliothécaires – cf. l’IFB -) gagnent à se confronter non à leur seul contexte d’exercice statutaire, mais aux problématiques partagées dans toutes les situations d’exercice professionnel. L’exercice n’est pas simple, je le concède, mais il vaut le coup. Il se trouve que l’enssib est le seul lieu de brassage de ces contextes professionnels différents, comme en témoignent les publics des formations continues de cette école.

    2) Je valide la quasi-totalité des commentaires, comme vous l’aurez remarqué. Mais les trolls arrivent, et ils seront refusés (c’est mon blog, après tout !). J’accepte tous les avis et témoignages, non les remarques malsaines.

    Cordialement à tous

    Commentaire par bcalenge — mercredi 9 avril 2014 @ mercredi 9 avril 2014

  24. Relire le discours de Claude prononcé lors de l’accueil des élèves de l’INET et de l’ENA le 10 février dernier à l’Assemblée nationale est toujours intéressant!

    http://presidence.assemblee-nationale.fr/le-president/discours/reception-des-eleves-de-l-ena-et-l-inet

    Extrait choisi:
    « Mesdames et messieurs, c’est un grand plaisir de rencontrer, dans la maison de la République, ceux qui sont appelés à devenir dans les années à venir les managers de notre administration publique, qu’elle soit étatique ou territoriale. Et c’est un plaisir de vous rencontrer ensemble.

    Et j’insiste sur ce mot : ENSEMBLE.

    En effet, ENA-INET, Etat-Collectivités locales, Parlement-Gouvernement… notre pays a le don pour créer des antagonismes là où il ne devrait y avoir que des partenariats.

    Dans mon esprit, il n’y a pas d’un côté l’Etat et de l’autre côté les collectivités territoriales.

    Nous sommes tous dans le même bateau. Nous sommes tous au service de nos concitoyens, au service de l’intérêt général… »

    Commentaire par AC — jeudi 10 avril 2014 @ jeudi 10 avril 2014

  25. oups! J’avais oublié de note son patronyme!
    Il s’agit bien évidemment de Claude Bartolone! Et non, je ne suis pas intime avec lui! ;-))

    2014 @ Jeudi 10 avril 2014

    Commentaire par AC — jeudi 10 avril 2014 @ jeudi 10 avril 2014

  26. Comment ne pas être d’accord, en tant qu’ancien DCB, avec les commentaires n° 3, 8, 11, 17… c’est même assez poignant de voir émerger un tel consensus au sujet de cette coûteuse, triste, inutile, douloureuse formation initiale. Poignant, et un peu injuste que vous en soyez ici le récipiendaire, car vous avez beaucoup donné de votre personne à la profession et vous n’êtes, finalement, responsable ni de la gabegie dans cette école, ni de l’échec que représente sa formation initiale.

    Mais ces réactions étaient tellement prévisibles! Inimaginable que vous ne vous en doutiez pas, car vous habitez maintenant cette maison dévastée. Si vous ne souhaitez pas vraiment soulever la question des formations et des opinions, les anciens élèves ne peuvent que la soulever pour nous tous, bibliothécaires en postes, titulaires, contractuels, tous cadres d’emplois confondus. Le sens de cette école est bel est bien de former les professionnels, cooptés par le concours, à occuper ces futurs postes. L’enssib ne permet pas ça. Historiquement, elle n’y arrive pas… tout le monde ici (ou presque) l’explique, le crie, l’a un temps regretté, puis est passé à autre chose. Car maintenant c’est le monde réel qui a repris ses droits, celui qui permet de  » confronter les bibliothécaires aux problématiques partagées dans toutes les situations d’exercice professionnel « , ce que l’école n’a pas su faire, non plus.

    Croyez-moi, nous aurions vraiment aimé que vos vœux se réalisent, nous avons tous voulu apprendre notre métier, mais l’Enssib n’est pas capable de satisfaire ce besoin. L’écart entre les discours tenus, et même la définition des programmes d’enseignement de la formation initiale (sur le papier, pertinents), et ce que l’école produit en réalité est incroyable, au sens propre du terme. Ça clignote rouge pourtant depuis des lustres.

    Quelle que soit la manière d’attraper les enjeux, le constat est sans appel. Personne ne se berce d’illusions, mais l’INET ne pourra pas faire moins bien.

    Bon. Il nous reste la formation continue.

    Commentaire par Julien Joussot — jeudi 10 avril 2014 @ jeudi 10 avril 2014

  27. @ Julien Joussot (merci de ne pas vous être caché derrière un anonymat guère compatible avec l’affirmation de convictions profondes),

    Je ne dénie nullement les mises à plat d’une formation initiale complexe, car elle conduit à des positions professionnelles très différentes (indépendamment du statut de chaque individu : moi-même, conservateur d’Etat, me suis mis au service de collectivités territoriales pendant plus d’un quart de siècle).
    Je prétends que ces quelques mois de formation sont là pour proposer des pistes et des questionnements. Comment en serait-il autrement ? Sur les 18 mois théoriques de formation, 1/3 est consacré à des stages, et c’est une volonté pédagogique justement orientée vers des acquis professionnels. Une semaine ordinaire de « cours » est généralement articulée autour d’une journée entière de travaux et d’échanges personnels, de mobilisation volontaire autour de tables rondes, travaux personnels, etc., largement encouragés. C’est notable avec l’épisode de la gestion de projet, qui place les élèves en acteurs totaux : ceux qui sont appelés à proposer des solutions ou scénarios de résolution d’un problème posé par un vrai commanditaire.

    On critique beaucoup le mémoire. Mais il faut arrêter les délires ! Le mémoire en question est un mémoire d’étude, non de recherche. Il vise à éclairer une question singulière qui se pose dans les bibliothèques d’aujourd’hui. Une interrogation, une perplexité, un besoin de prendre de la distance. Et ces analyses, souvent remarquables, sont d’autant plus précieuses que les élèves qui les ont réalisées peuvent prendre de le distance et ne sont pas prisonniers de leur affectation institutionnelle. Je souligne au passage que ces fameux mémoires constituent de fait la trame de réflexion des bibliothèques de demain.

    Reste votre injonction envers l’institution enssib. Il est toujours dangereux de dire que les jeux sont faits. Un « audit » serait nécessaire ? A titre personnel, cela ne me gêne pas. Non dans l’espoir que le bilan soit parfait, mais avec la certitude que les problèmes soulevés ne concernent pas les seuls conservateurs territoriaux.
    Réformer, progresser, avancer ? Oui, mais pas avec ce déni de légitimité. Comme je l’ai écrit, mon histoire est essentiellement territoriale (même si ce n’est pas statutaire : mais qui se soucie des statuts, au fond ?), et je sais et je sens que cette scission institutionnelle ne peut être que malheureuse aujourd’hui et demain.

    Très cordialement

    Commentaire par bcalenge — jeudi 10 avril 2014 @ jeudi 10 avril 2014

  28. « Une précision sur mon point 4 : comprendre que les élèves allaient trop sur Internet… pendant les cours. »

    Mais alors, pourquoi aller en cours ?

    Commentaire par JU — vendredi 11 avril 2014 @ vendredi 11 avril 2014

  29. Je n’ai sur la scolarité à l’ENSSIB qu’une opinion qui, comme qui dirait, « en droit a toujours tort ». Elle est fondée sur le ouï dire ou si l’on préfère, essentiellement sur des témoignages de stagiaires venus dans la bibliothèque où je travaille. Bref, cette opinion a été résumée par quelqu’un qui a plus de titres que moi à en avoir une : « l’enssib n’est pas entièrement nulle ». Les commentaires du billet de Bertrand tendraient à faire ajouter « mais presque ». Ces commentaires me paraissent tout de même problématiques en ce moment critique. Je me permets donc quelques remarques :

    Après 30 ans d’exercice, il me semble encore que j’ai un métier, que j’ai appris, en grande partie sur le tas, mais aussi grâce à une scolarité dans une école professionnelle (qui s’appelait alors l’ENSB)… ce qui ne signifie pas vraiment grâce aux cours de l’école (la majorité de ceux-ci étaient dignes des commentaires ci-dessus, mais je me souviens de bons fous-rires, en apprenant par exemple que la Dewey était une bouée et qu’il fallait se jeter à l’eau avec… ou en écoutant « TK » parler de la Bibliothèque nationale), mais grâce à la bibliothèque de l’école, au contact des collègues issus des concours internes, à un mémoire chosi pour me faire mieux connaître le fonctionnement d’une bibliothèque, de quelques cours tout de même et in fine (in extremis même) d’un stage.

    Bref, si l’ENSSIB a d’autres ambitions, il n’en reste pas moins que son côté formation professionnelle me semble nécessaire. Les remarques concernant l’ignorance des débutants quant au fonctionnement des collectivités locales doivent être prises en compte. On n’oubliera pas qu’on a, en principe dans ces collectivités des collègues dont le rôle est de nous guider pour les appels d’offres, la gestion administrative du personnel et… les particularités de chaque collectivité dont aucune ne fonctionne comme les autres, ni n’interprète exactement de la même manière les contraintes légales.
    certaines remarques ne traduisent-elles pas la volonté de se situer comme cadre supérieur de la fonction publique, plutôt que comme des gens qui exercent un métier spécifique ?
    Or la spécificité apporte au moins 3 choses :
    – la connaissance au moins générale de ce qu’on demande à nos collègues et donc la possibilité d’un dialogue réel
    – la connaissance de la complexité des bibliothèques, qui n’est pas si évidente lorsqu’on les observe de loin
    – la connaissance de ce qu’elles peuvent apporter au public et de ce qu’elles ne peuvent pas.
    d’autres motifs, comme al volonté de rentabiliser
    Dans l’ignorance des projets réels du CNFPT, on peut se demander quelle part sera consacrée à notre métier dans la formation qu’il envisage s’il persiste dans sa décision. On peut également se demander si cettevolonté de reprendrela totalité de la formation des conservateurs de bibliothèques à l’INET vient réellementde la prise en compte des insuffisances de l’ENSSIB ou d’autres motifs,par forcément « nuls » comme la volonté de rentabiliser l’existence d’une école supérieure.

    C’est pourquoi, ceux qui approuvent le transfert total de la formation des conservateurs de bibliothèques à l’INET me font un peu penser à ceux qui pensent que la mise en concurrence de la SNCF supprimera les retards de trains (on leur suggère de petites vacances ferroviaires en Grande-Bretagne avec le plaisir de regarder passer les trains d’autres compagnies quand le sien est « désheuré »). Si « l’enssib n’est pas entièrement nulle », il est possible de faire pire. La coupure entre bibliothèques territoriales, d’un côté, nationale et universitaires de l’autre n’est qu’un élément du problème. La question essentielle n’est pas qui fait la formation des conservateurs territoriaux de bibliothèques mais ce qu’elle est, et le CNFPT n’en fait pas, semble-t-il une question préalable.

    Commentaire par Duck — samedi 12 avril 2014 @ samedi 12 avril 2014

  30. Petit exercice statistique sur les mots de cette page (article + commentaires) :

    je, j’, personnellement, pour ma part, à mon avis, moi : 127
    professionnel*, corps, statut*, métier, collègues : 87
    nous, notre, nos : 49
    citoyens, concitoyens : 4
    compétence : 3
    vie réelle : 1
    intérêt général : 1 (dans le discours de C. Bartolone)
    service public : introuvable

    Commentaire par Marianne — mardi 15 avril 2014 @ mardi 15 avril 2014

  31. […] Le dernier billet du blog de Bertrand Calenge, au sujet de la décision de la part du CNFPT de ne plus laisser l’Enssib assurer la formation des conservateurs de bibliothèque territoriaux […]

    Ping par (Travailler) ensemble, c’est tout | Bibliothèques [reloaded] — mercredi 16 avril 2014 @ mercredi 16 avril 2014

  32. […] de tes convictions, de ta culture métier. Celle qui anime par exemple notre bien-aimé Bertrand Calange, apprenant que les conservateurs des bibliothèques territoriales ne seront plus formés à […]

    Ping par les péchés capitaux en bibliothèque : LA COLERE | NOTORIOUS BIB — jeudi 1 mai 2014 @ jeudi 1 mai 2014

  33. Entièrement d’accord avec B. Calenge, une fois encore, sur ce constat d’un métier partagé de conservateur des bibliothèques. Je me suis, comme beaucoup d’autres, enrichi non seulement de mes formations initiales (de bibliothécaire d’Etat et de conservateur territorial à l’ENSSIB). Le mécontentement évoqué plus haut par certains collègues anonymes sur le contenu des formations est un classique du genre. Je ne connais quasiment pas de lauréats au concours satisfaits de leur formation initiale et je suis pour ma part assez sidéré d’entendre un collègue dire qu’il ne savait pas ce qu’était un DAC ou un courrier sous couvert hiérarchique, et attendait donc d’une formation initiale qu’elle l’affranchisse sur ce type de sujets. cela dénote au minimum une totale absence de culture administrative qu’on doit être capable de faire tout seul à ce niveau de compétences ou d’apprendre sur le tas. Cela me conforte au passage dans l’idée qu’on ne devrait définitivement pas être conservateur sans « faire ses classes » au préalable au feu des structures de lecture publique.
    Votre colère très justifiée, vous qui fûtes l’artisan de la formation des bibliothécaires notamment, je la partage pleinement. Cette formation donnait une culture commune, elle était censée apporter une hauteur de vue sur un métier en quête permanente de légitimité et une institution bibliothèque caractérisée par sa souplesse porteuse d’avenir. Les collègues de l’Etat nous ramenaient à la question centrale des collections et de leur accessibilité/intelligibilité, nous ramenions de notre coté nos coreligionnaires à nos préoccupations plus territoriales de médiation et de conquête des publics. La loi sur la mobilité a consacré ce métier commun, j’ai été bibliothécaire dans un SCD en IUFM, dirigé un service Ville Lecture, été chef de section en BU, directeur de BDP, ces expériences m’ont clairement servi à mieux saisir les attentes des publics, l’environnement documentaire. Dans l’établissement d’une politique documentaire en milieu territorial, il importe systématiquement de soutenir les filières estudiantines locales et donc d’avoir un langage commun avec les collègues documentalistes et personnels d’Etat. L’entité qui assure encore cette mixité, ce brassage salutaire c’est l’ENSSIB. J’espère donc de tout cœur que le CNFPT réalisera le non-sens de cette décision et se contentera de faire ce qu’il fait encore le mieux aujourd’hui, assurer les besoins particuliers en formation continue des professionnels en poste.
    T. CANUTI

    Commentaire par CANUTI — jeudi 19 juin 2014 @ jeudi 19 juin 2014


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