Bertrand Calenge : carnet de notes

samedi 12 mai 2012

Des masters d’ingénierie de la connaissance

Filed under: Non classé — bcalenge @ samedi 12 mai 2012

Une fois n’est pas coutume, je vais parler ici de mes fonctions, ou plutôt de l’objet de mes fonctions : inventer, coordonner, développer et accompagner des formations de haut niveau pour former ceux que j’aime appeler des ingénieurs de la connaissance, tant les différents métiers de bibliothécaire, documentaliste, archiviste, gestionnaire d’information, médiateur de l’information et autres veilleurs s’entremêlent avec pour fil directeur commun l’expertise à organiser et structurer l’information, à la rendre accessible et appropriée par des publics divers, à en garantir la conservation mais aussi le renouvellement, la cohérence et l’adéquation aux projets les plus divers.

Cinq masters

Outre les formations post-concours des bibliothécaires d’État et des conservateurs des fonctions publiques d’État et territoriale, l‘enssib propose cinq spécialités de masters qui balayent les différentes dimensions de ce fil commun smileys Forum:

  • master Politique des bibliothèques et de la documentation (PBD) : ce master prépare aux fonction d’encadrement supérieur et de pilotage de projets dans les très nombreux centres de documentation et bibliothèques d’organismes hors fonction publique (fondations, EPIC, bibliothèques de musées, réseaux de bibliothèques et documentation dans le domaine de la santé, etc.)
  • master Cultures de l’écrit et de l’image (CEI) : très ancré sur les dimensions patrimoniales des collections, ce master s’attache à l’organisation, au traitement et à la valorisation/médiation de toutes les formes de patrimoine documentaire, également contemporain
  • trois autres spécialités forment ce que nous appelons « les masters du numérique » : jusque-là réunies sous une appellation unique Sciences de l’information des des bibliothèques, elles se ramifient maintenant en trois spécialités qui font écho à l’incroyable diversité des métiers émergents à l’heure d’une information numérique foisonnante : le master Sciences de l’information et des bibliothèques et de l’information scientifique et technique (SIBIST – orienté vers le pilotage et l’exploitation documentaire de cette information), le master Archives numériques (AN – destiné à répondre aux enjeux de la conservation, du traitement et de la mise en accès des archives grandissantes des institutions et entreprises) et le master Publication numérique (PN – davantage orienté vers les exigences de structuration et de production des nouvelles chaines d’édition numérique, tant de livres que des autres formes émergentes de documents). Ces trois spécialités proposent une première année commune, ce qui laisse le temps aux étudiants de préférer approfondir en deuxième année l’une ou l’autre dimension. Et ceux qui se sont déjà engagés dans un master autre peuvent, s’ils ont envie d’essayer de tenter l’aventure et ont réussi leur M1, postuler directement en 2e année de ces spécialités…

Foisonnements et trajectoires croisées

Je ne viens pas ici seulement faire de la réclame à ces formations. Ce samedi, l‘enssib tenait portes ouvertes, et accueillait, en compagnie d’étudiants et anciens étudiants, les nombreux curieux intéressés par leur future trajectoire professionnelle. Ce qui m’a le plus frappé dans les échanges que j’ai pu avoir ou entendre est la réticulation réciproque des intérêts et parcours. Avec deux constantes :

L’extension des parcours professionnels personnels est un premier étonnement réjouissant : il n’est pas rare qu’un étudiant entame un master en ayant à l’esprit une certaine image du métier qu’il compte occuper plus tard. Dans cette imaginaire initial, l’impensé collectif du bibliothécaire ou du documentaliste traditionnels tient une grande part, ancienneté des métiers oblige. Et puis, le temps des découvertes arrive : l’entremêlement des itinéraires individuels, la diversité des dimensions de la structuration médiatrice de l’information, la surprise devant la variété des situations professionnelles, et surtout l’éventail très large des stages possibles conduisent étonnamment à revisiter le parcours idéal que l’étudiant s’était construit…

Je parlais des stages en milieu professionnel : ils sont révélateurs des préoccupations des entreprises et des institutions. Il y a trente ans, ces dernières piochaient dans leurs ressources humaines qui un ingénieur, qui une secrétaire, qui un chercheur, lui octroyaient le temps de quelques stages de documentation, et l’affaire était entendue. Aujourd’hui, l’expansion infinie des circuits de l’information et de la production documentaire changent la donne : quand une entreprise de haute couture a accumulé vingt ans de photos et autres enregistrements de ses créations, quand une société génère des millions de documents construits en coopération ou non, de façon solitaire ou coordonnée, quand une institution veut mettre en œuvre le site web qui mettra en valeur ses ressources en même temps qu’elle en permettra l’enrichissement coopératif,quand encore un organisme souhaite mettre de la cohérence dans la profusion d’informations qui sont produites en son sein et veut organiser la circulation et le partage des connaissances pour mieux fonctionner, tous ces acteurs économiques ou institutionnels devinent clairement qu’ils recherchent quelque chose de nouveau, quelqu’un qui ne s’inscrit pas dans les canons des métiers codifiés. Et ils se tournent vers l’enssib, pour trouver le professionnel qui peut affronter une profusion documentaire en lui donnant une place utile et une cohérence

Et c’est là que l’aventure devient passionnante ! Car se croisent alors des opportunités professionnelles assez extraordinaires, entre des étudiants qui s’aventurent au-delà de leurs présupposés et de leurs convictions préalables, et des entreprises et institutions qui recherchent une expertise professionnelle qu’ils n’arrivent guère à préciser (tant le besoin est inédit) mais qui savent devoir trouver des acteurs originaux capables de mettre de l’ordre, de structurer, de donner du sens.
Et ce qui est merveilleux, c’est que la diversité des formations de ces masters offre à chacun la possibilité de se positionner dans une même diversité de parcours professionnels au fond peu contraints par leurs itinéraires personnels : l’ex-prof de français se trouve à piloter un site web de valorisation d’une base de données vidéos, l’ancien étudiant en biologie coordonne les circuits de circulation des connaissances dans une grosse start-up, etc.

Tout cela me semble porteur d’immenses opportunités. Des métiers jamais figés, des remises en question permanentes, des défis renouvelés. Deux constantes pourtant : il s’agit toujours de métiers d’équipe, de métiers du collectif, et il s’agit toujours du même fil rouge de la gestion, structuration, communication, circulation du savoir.

Extension du domaine de la lutte ?

A bien y regarder, nous autres bibliothécaires connaissions bien cette diversité. Pour prendre mon seul exemple (narcissique smileys Forum), j’ai pu piloter des réseaux de bibliothèques dites rurales, diriger un département ministériel, connaitre les joies du rédacteur en chef, découvrir la communication interne ou l’évaluation, approfondir les enjeux des collections et des politiques documentaires, initier ou participer à des projets de services numériques, diriger un très gros établissement, goûter aux défis de la conception et de l’organisation de la formation…
Nombre d’entre vous ont connu la même diversité d’expériences, évidemment toutes différentes, et vous pouvez en témoigner.
Demain, et aujourd’hui déjà, l’éventail des possibles s’étend extraordinairement. Communiquez-le à tous ceux, étudiants ou non, qui s’interrogent sur leur avenir dans le domaine des métiers de la connaissance !

Étonnant, non ?smileys Forum

Pour devenir des protéiformes ingénieurs de la connaissance, la date limite de candidature aux masters de l’enssib est fixée au 8 juin prochain. Et pour s’inscrire, c’est ici !

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