Bertrand Calenge : carnet de notes

lundi 1 mars 2010

Pourquoi les catalogues ne peuvent pas être 2.0.

Filed under: Non classé — bcalenge @ lundi 1 mars 2010

Plus j’y réfléchis (et ce depuis un bon moment), et plus je trouve étrange – autant que logique – l’obstination des bibliothécaires à vouloir entrer dans la ‘modernité’ à travers leur outil fétiche, le catalogue. Rappelez-vous : lorsque l’informatique première mouture (l’informatique de gestion)  a frappé à la porte des bibliothèques il y a un quart de siècle, qu’est-ce qui a suscité débats, réflexions et investissements ? Le catalogue, évidemment ! Lorsqu’on a commencé à parler réseaux dans notre métier, que trouvait-on en première ligne ? Encore les catalogues ! Dès que l’informatique a échappé par Internet à la seule gestion et est devenue information structurée – via le web et les bases de données -, une obsession a grandi chez les bibliothécaires : comment cataloguer le web, le faire entrer dans le… catalogue !
Et voilà que depuis quelques années les outils du web 2.0 sont avidement confisqués pour faire… un catalogue 2.0 !!  Les gens vont pouvoir y apposer leurs tags, leurs commentaires, se constituer une bibliothèque dans la bibliothèque, naviguer harmonieusement de notice en notice, etc…

Eh bien non, je ne crois pas à la validité d’un catalogue 2.0, parce que je pense que le catalogue n’est pas adapté à cet environnement, et parce je ne pense pas que les utilisateurs du catalogue soient demandeurs d’un tel ‘réseautage social’ – au moins concernant le catalogue lui-même.

Le catalogue n’est pas adapté au web 2.0

Un catalogue, qu’est-ce que c’est ? un outil permettant identification et surtout localisation d’un document ou d’un ensemble de documents au sein d’une collection. Et j’oserai même dire que l’identification (métadonnées, autorités, résumés divers,…) est essentiellement au service de la localisation. L’objectif du catalogue, c’est finalement l’appropriation du document matériel. Tout concourt à cela :
– la discrétion normalisée des notices, qui laisse peu de place au dialogue et au débat ;
– la sophistication des descripteurs, qui n’est possible que parce que les documents décrits sont stables et inanimés ;
– le caractère localisé des notices stockées, des recherches qui sont rendues possibles et des documents que ces notices ciblent : même en ligne, le catalogue fait bien entrer dans la bibliothèque.

Certes, on soulignera qu’il existe de timides exceptions. Mais regardons-y de plus près :
– certaines bibliothèques ont tenté, depuis plusieurs années, de laisser les utilisateurs apposer leurs commentaires voire tags. L’insuccès est au rendez-vous, et je laisse à Lionel Dujol le soin de le montrer brillamment ;
– on commence à évoquer des catalogues accessibles aux moteurs de recherche (on m’a parlé de PMB : est-ce vrai ?) : l’intention est louable, mais à qui cela va-t-il servir ? Une notice de catalogue déconnectée d’une collection ne satisfait que les bibliothécaires, et savoir qu’un habitant de Winnipeg pourra connaitre mes notices n’offre qu’une satisfaction bibliothécaire, non un service ;
– d’autres évoquent l’intérêt de « s’associer » à des catalogues sociaux de type Librarything ou Babelio. Pourquoi ? pour fondre le catalogue dans un réseau d’échanges ? Partiellement seulement, car comme le souligne ‘Des bibliothèques 2.0‘ : « Le but est d’enrichir nos OPAC avec du contenu déposé sur d’autres plateformes web. En gros, il existe des endroits où tout un chacun rentre ses livres, les commente, les note, les taggue, etc… Et c’est ces informations là, détenues par des institutions tiers, qui viendront enrichir nos OPAC. » Une fois encore, on rentre à la maison…

Notez que je ne parle pas ici de la mutation de certains  catalogues des documents numérisés de très grosses institutions ou consortiums confrontés à l’accès à des bibliothèques numériques en constitution (type Hathi Trust) : ceux-ci offrent un immense atout, permettre au moins pour la partie numérique des collections d’entrer dans le texte (sans devoir se déplacer à la bibliothèque), se constituer des collections de textes… mais je parle en fait des catalogues que nous connaissons dans l’immense majorité de nos établissements, ceux qui s’appuient sur les documents matériels présents sur nos étagères.

Les utilisateurs du catalogue sont-ils 2.0 de la façon qu’on les rêve ?

La « démarche 2.0 » n’est pas aussi consubstantielle aux usages informatifs qu’on voudrait bien le croire. Les exemples des catalogues de librairies en ligne foisonnant de commentaires ne me semblent pas probants : ces commentaires sont certes des recommandations, mais qui viennent de clients ayant investi une somme d’argent et faisant profiter les autres consommateurs -leurs collègues consommateurs – de leur expérience réussie ou de leur déception d’avoir dépensé pour « ça ». Nous retrouvons la même attitude sur des « catalogues » de sociétés de vente par correspondance ou des sites qui recensent les cinémas à l’affiche. Les documents de la bibliothèque ne « méritent » pas un tel retour sur investissement…

L’usager (potentiellement 2.0 ?) des bibliothèques est beaucoup plus prosaïquement évident : quand on sait que l’immense majorité des visiteurs du catalogue sont des visiteurs du lieu (86 % des visiteurs du site web généraliste de la BmL vont sur le catalogue), on peut se demander s’il ne faudrait pas déconnecter les arguments 2.0 de leur contexte numérique. Avant de se proposer (se dissimuler ?) derrière des outils, ne peut-on prioritairement prendre en compte les désirs de dialogue, d’échange, de participation des usagers ‘physiques’ de nos établissements ? Proposer de venir physiquement au débat organisé ou au cercle de lecture ? Offrir une réponse argumentée à celui qui espère une réponse argumentée à sa suggestion d’acquisition ? Mais aussi ménager plusieurs niveaux d’échange et de participation, non pas d’abord en ligne, mais surtout en présentiel : autoriser le dialogue et le rebondissement, encourager les échanges informatifs entre utilisateurs, etc ?


Et puisqu’on veut parler dialogue à travers le catalogue en ligne, où est le discours du bibliothécaire dans ce dernier (pour qu’un dialogue se noue, il faut qu’il y ait une première parole : les blogs le démontrent tous les jours) ? La parole du bibliothécaire se résume-t-elle à la notice normalisée NF Z 44-050, éventuellement ‘enrichie’ d’une jaquette piquée sur Amazon et d’un résumé quasi-retranscrit d’Electre (quasi, pour la question des droits d’auteur…) ? A quand non des signalements de critiques – avec lesquels  le lecteur n’est pas appelé à dialoguer : ils ne sont pas présents dans le catalogue comme êtres humains -, mais des vrais avis de bibliothécaires ?

Que faire ?

L’ambiguïté de cette ambition de participation-collaboration-appropriation que représente le web 2.0 est justement de ne pas arriver à se dégager du web, au point de ne pas imaginer les opportunités sociales et cognitives portées par le seul « 2.0 », c’est-à-dire le fil conducteur appliqué aux échanges sociaux même hors ligne. Pour en rester à la question des catalogues, je proposerais volontiers trois axes :

– produire un vrai contenu, et non se contenter d’agréger : on peut critiquer négativement un titre, le mettre en scène, proposer dialogues et réactions, et pourquoi pas instances de débat… Mais le catalogue est-il le bon lieu ? Un catalogue est neutre : il propose l’ensemble d’une collection, un bouquet de localisations repérables par diverses facettes. Ce qui conduit pour les bibliothécaires à adopter une prudente neutralité quant aux titres qui composent cette collection. Or une vraie médiation encourage la critique, la préférence, la passion, le débat. Je suis intimement persuadé qu’il faut créer ou rejoindre les espaces du débat, ailleurs : des blogs – de bibliothèques ou de partenaires -, des sites de passionnés – bibliothécaires ou non -, des propositions d’opinions argumentées, positives ou négatives (en ligne mais aussi dans la bibliothèque) ;
– laisser disséminer les données bibliographiques (et autres) du catalogue, notamment vers tous les sites -internes ou externes à la bibliothèque – qui permettent un tel débat, au lieu de toujours ramener vers le catalogue. Ce qui suppose, il est vrai, d’associer les notices du catalogue à ces débats extérieurs, donc à en permettre la capture ou le lien stable. Mais non pour en enrichir une capitalisation accumulative, mais tout bêtement pour offrir un lien (sur le web, un catalogue est un cul-de-sac : son essence est une description bibliographique incompréhensible pour qui ne vient pas dans le lieu…). D’ailleurs, à l’inverse, on pourrait aussi bien imaginer de supprimer le catalogue en tant qu’entité autonome pour l’imaginer bouquet de ressources bibliographiques documentant une base de supports précisément localisés,  assistance à un repérage de documents si soigneusement classés qu’ils peuvent en être inaccessibles ;


– enfin donc agir pour et avec l’usager 1.0, physique et d’abord présentiel : le visiteur n’attend du catalogue qu’une localisation aisément repérable en fonction des éléments dont il dispose pour le rechercher. Si déjà cela fonctionne ergonomiquement, c’est génial. Plus loin ? Bien sûr, on peut présenter une vignette de la jaquette ou des résumés, mais cela suppose un butinage aléatoire du visiteur dans le catalogue : je n’ai encore jamais rencontré cet étrange merle blanc (les jaquettes sont plus expressives sur les étagères que dans le catalogue…). Alors il faut bien s’occuper de ce visiteur si peu virtuel et si massivement utilisateur de ce fameux catalogue ! On peut veiller à en faciliter les itinéraires ou rebondissements de recherche localisée, bref en favoriser l’ergonomie heuristique pour les visiteurs de l’établissement, mais que diable, ne parlons pas là de « web 2.0 » !

Oui aux outils, non à la sidération

En fin de compte, je respecte le catalogue et son architecturation. J’approuve énergiquement les tentatives d’enrichissement de ses notices, que ce soit par des métadonnées sophistiquées,des  résumés, des critiques, etc, comme j’applaudis encore plus ses améliorations ergonomiques pour le visiteur. Mais je me défie du désir qui voudrait ramener l’internaute vers le catalogue comme coeur de l’activité de la bibliothèque, surtout en y convoquant le magique « 2.0 ». Il est bien d’autres outils et processus à visiter tant sur le Net que dans les murs de nos établissements…
Pourquoi un tel engouement pour poser du  2.0 sur le catalogue ? Ne serait-ce pas parce que ce catalogue est l’arme ancestrale voire ultime du bibliothécaire ?  On revisite volontiers  l’outil sans en questionner la destination…

Mais, je le soutiens, pour l’immense majorité des bibliothèques, c’est dans le présentiel que le catalogue doit trouver son avenir. Et la dimension participative voire collaborative du concept 2.0, n’est-ce pas là qu’elle doit prioritairement s’y développer très concrètement ?

N’hésitez pas à contester, amender, compléter, illustrer !…

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24 commentaires »

  1. Oui tu as raison de dresser d’autres pistes, car le 2.0 (qu’il faut arrêter d’appeler comme ça, de moins en moins de gens parlant de 2.0 sur le web) que j’englobe moi dans une démarche plus large qui va bien au delà des catalogues « dit 2.0 » ! Tu as raison, le danger c’est bien de croire à une résolution des enjeux par un petit blog alimenté par les bibliothécaires assaisonné d’un catalogue ouvert aux commentaires… En fait, je crois qu’il est vraiment temps de s’entendre ce qu’on fait en terme numérique dans les bibliothèques. Je proposerai demain (j’avance la date de parution suite à ton billet) une définition de la médiation numérique, histoire de clarifier 🙂

    Commentaire par bibliobsession — mardi 2 mars 2010 @ mardi 2 mars 2010

  2. Billet très intéressant et stimulant — comme d’habitude, certes, mais celui-ci semble lancer une pierre dans mon jardin, alors j’en suis ravi !

    Tout de même : « comment cataloguer le web, le faire entrer dans le… catalogue ! » – comme c’est curieux d’écrire cela ! L’objectif des bibliothèques est ou devrait être précisément l’inverse : faire entrer le catalogue dans le web !
    Il ne s’agit pas de faire un « catalogue 2.0 », càd un truc exceptionnel avec plein de fonctionnalités qui clignotent et qui sont plus mieux que les autres bases de données. Il s’agit juste faire en sorte que les catalogues de bibliothèques soient comme les autres sites web.
    Juste faisons-le…

    Sur l’indexation par les moteurs de recherche : Je suis pleinement d’accord, il est grotesque d’espérer attirer les habitants de l’Iowa dans sa médiathèque.
    Mais théoriquement et techniquement, un lecteur de l’Iowa arrivant sur une fiche de mon catalogue pourrait se voir proposer un rebond vers le sien (ou vers un autre), avec l’OpenURL qui permet décidément plein de choses de ce genre. Bien sûr, les bibliothèques ont rarement des résolveur OpenURL — mais à qui la faute ?

    « laisser disséminer les données bibliographiques (et autres) du catalogue, notamment vers tous les sites -internes ou externes à la bibliothèque – qui permettent un tel débat, au lieu de toujours ramener vers le catalogue » : oui, complètement d’accord.
    En fait, il faut que les métadonnées se promènent librement, et que l’on puisse favoriser les rebonds, soit vers ses propres collections, soit vers les collections de l’internaute.
    Donc ce que je retiens, c’est que notre catalogue serait une description de nos collections d’une part (donc rendant compte, en partie, de leur cohérence), et une source où puiser des métadonnées pour différents usages.

    Commentaire par Lully — mardi 2 mars 2010 @ mardi 2 mars 2010

  3. Comme la première fois l’enregistrement de mon commentaire a bugué, je n’ai pas pensé à tout y remettre.
    J’ai donc oublié de rajouter (la seconde fois) que la mise en place de services collaboratifs dans un catalogue ne doit pas avoir en vue l’enrichissement du catalogue (vision verticale où ne compte, pour évaluer la réussite du service, que l’homogénéité, la qualité et la complétude des données, etc.) : ça, c’est un service que la bibliothèque voudrait se rendre à soi-même sur le dos des usagers.
    Du moins on peut distinguer la fonction de taguing avec la rédaction de commentaires.
    Autant les commentaires sont rédigés « pour celui qui le lira », et donc nécessitent de la part de leur rédacteur beaucoup d’altruisme et de temps (c’est long à rédiger, un commentaire !) — autant les tags sont plutôt utilisés pour s’approprier le web, partout où l’on passe : sur Delicious, sur Pearltrees (ce ne sont pas des tags, mais la fonction est la même : se créer son propre univers web pour pouvoir ne naviguer que dans celui-là), etc. Donc l’intérêt des tags, pour leur utilisateur (donc une minorité des internautes, en réalité, tous services confondus) est transverse, et n’a pas pour objectif d’enrichir Delicious, ou Pearltrees, ou le catalogue de sa bib, mais d’y mettre son empreinte (prep_capes_chimie, ce genre de choses) pour y revenir ensuite plus facilement.

    Commentaire par Lully — mardi 2 mars 2010 @ mardi 2 mars 2010

  4. Certes, mais on aimerait bien avoir un catalogue un peu plus convivial à la BM de Lyon !

    Pour le reste, je suis amplement d’accord. Le catalogue 2.0 n’est pas la solution ultime d’autant qu’il nécessitera toujours une formation pour l’usager qui souhaiterait participer.
    Il faut donc plutôt l’inscrire dans une démarche d’ouverture des données et des potentialités et non pas comme l’archétype d’un nouveau lecteur idéal qui serait un peu Geek.

    Commentaire par oledeuff — mardi 2 mars 2010 @ mardi 2 mars 2010

  5. « il faut que les métadonnées se promènent librement, et que l’on puisse favoriser les rebonds, »

    De nouveau Lully touche du doigt la solution : le rebond !

    En oubliant un détail important… ce ne sont pas les métadonnées qui se promènent librement, mais nous, lecteurs. Petit Poucet pour certains. 🙂

    Pour en revenir au tag (d’un éventuel catalogue 2.0), ce n’est pas tant le fait de taguer un document qui est pertinent ou intéressant, mais bien la personne qui tague.
    Le tag n’est qu’un rebond vers cette personne.

    Si sur Delicious 55 personnes ont tagué un document que j’ai apprécié, ça me donne 55 pistes (rebonds) à exploiter. Avec quelques pépites à la clef.

    Si, sur Babelio, Librarything, je découvre une personne qui a lu/apprécié un, deux, trois, dix mêmes titres que moi, et que soudain j’en trouve un onzième inconnu sur sa liste… d’emblée de jeu, j’ai envie de l’ajouter à ma liste des « livres à lire » (d’un seul clic ?)

    Si je twitte ou si je suis (follow) certaines personnes via les réseaux sociaux, c’est bien pour les rebonds qu’elles offrent.

    Le Web est bâti de cette manière, par les rebonds (les compléments d’information) qui permettent de mieux comprendre un document, ou de mieux en découvrir d’autres.

    Donc, vouloir investir le Web, c’est devenir un trampoline d’informations.

    Et paradoxalement : « ce désir qui voudrait ramener l’internaute vers le catalogue comme coeur de l’activité de la bibliothèque » devient utile si l’internaute peut rebondir de plus en plus haut.

    Ne dit-on pas que la bibliothèque est un tremplin de la connaissance.

    N’est-il pas temps que le tremplin devienne trampoline ?

    Bien cordialement
    Bernard Majour

    Commentaire par B. Majour — mardi 2 mars 2010 @ mardi 2 mars 2010

  6. « Pourquoi un tel engouement pour poser du 2.0 sur le catalogue ? »

    L’idée d’un réseau social centré sur des documents n’est pas neuve (c’est l’idée de babelio, de weplaythis, de steam, etc.).

    Une médiathèque aussi propose des documents. Sur place à la médiathèque, en tant qu’usager, je vois ce que les gens feuillettent, éventuellement ce qu’ils rendent, je peux leur parler, leur demander leur avis, etc. Si je suis assis dans le rayon polar, je vais rencontrer si je le souhaite des gens qui comme moi s’intéressent au polar, etc.

    Bref, le lieu bibliothèque, pour qui veut l’utiliser de la sorte, c’est déjà un outil social de rencontres et d’échanges basés sur les fonds.

    Un réseau social centré sur le catalogue, ce serait simplement reproduire ça en ligne. Que le site de la bibliothèque mette les usagers en relation les uns avec les autres, en se basant sur ce que chacun aura décidé de rendre public.

    Pour cela on peut imaginer un site de bib où on peut se créer un profil public, créer soi même des listes de documents, sur des thèmes qu’on choisit, messagerie interne au site entre usagers, listes d’amis, commentaires publics des notices, liens favoris, etc. Rien de révolutionnaire si on considère déjà d’autres modèles de réseaux sociaux basés sur des collections de docs, mais jamais vu à ma connaissance sur un site de bib.

    Au delà de l’appellation « 2.0 » ou autre, cette idée de réseau social adossé au catalogue et à la base usagers me semble tout à fait pertinent car parallèle à l’usage social déjà connu du lieu bibliothèque.

    Commentaire par Laurent / Jeux vidéo et bibliothèques — mardi 2 mars 2010 @ mardi 2 mars 2010

  7. Oui, Bertrand, cessons d’apposer l’estampille « 2.0 » à tous les outils ou services comme label obligé de la qualité et de la performance, les OPAC compris. Ceci-dit, la question est bien, alors que les catalogues des bibliothèques sont consultés par moins de 10% de leurs utilisateurs (quel beau retour sur investissement pour notre profession et ses innombrables catalogouilleurs !), de savoir comment rendre ces instruments plus attractifs, plus efficaces, plus utiles. Et quels sont aujourd’hui les outils (technologiques en particulier) à notre disposition pour servir cet objectif ? Pour faire court (et banal), je vois pour ma part 4 orientations à suivre ou fonctions à améliorer :
    – un outil facilitateur = qui favorise l’ergonomie informationnelle : une page d’accueil dépouillée, à la Google ; un affichage direct de la localisation et de la disponibilité du document et autres données locales, soit « en 1ère notice » ; un classement des résultats par pertinence performant, explicite ; une recherche avancée compréhensible et réellement utile
    – un outil accompagnateur = qui favorise l’itinéraire de recherche : une navigation à facette ; un OPAC thématique ; un nuage de sujets ; la possibilité de réserver le document à distance en choisissant son lieu de retrait dans le cadre d’un réseau ; une traçabilité fine de la situation en cours des documents ; une étagère virtuelle…
    – un outil enrichi = sur le plan graphique (« une table numérique » en page d’accueil ; le visuel des jacquettes et/ou les icones supports à l’affichage…) et en termes de contenus (des critiques ou notes qui apparaissent en 1ère notice ; les réponses du guichet du savoir ;)) ; des sites web, non tant pour sortir de l’OPAC que pour se voir proposer une alternative au choix d’un ouvrage…
    – un outil exportable et interopérable = une adresse URL unique par notice (très important, cela permet de contextualiser la ressource dans n’importe quel environnement éditorial ou documentaire : info portail, billet blog, produit documentaire…) ; un fils RSS à la requête (= totalement personnalisable) ; une capacité technique et fonctionnelle à communiquer avec d’autres systèmes, d’autres réseaux de bibliothèque (une mutualisation des catalogues ne peut être pertinente et surtout utile à l’usager que si elle est pensée en termes de « bassin d’usagers » ou de « zone de chalandise documentaire »)
    Bon, tout cela fait un peu « liste à la Prévert » mais ces fonctionnalités et services sont très largement inspirées du web (2.0…), empruntent à ses technologies (langages, interfaces, outils…), à ses modes de fonctionnement (= pragmatisme, utilisabilité, navigabilité…), à sa « philosophie » (= centré utilisateur) et les catalogues ne sauraient rester à l’écart de cette réalité d’usage.
    En somme, pas de transfert systématique de la « vulgate 2.0 » dans l’outil catalogue (mais la mise en regard peut ouvrir bien des pistes) et une démarche évidemment complémentaire avec la médiation (directe ou implicite) opérée dans les pôles.
    J.Pouchol

    Commentaire par Bambou — jeudi 4 mars 2010 @ jeudi 4 mars 2010

  8. Merci pour cet article. Mon commentaire sera celui d’un intervenant dans l’enseignement supérieur (hors BM, donc; mais l’on pourra le relire en changeant « enseignements » par « actions culturelles »).

    Comme signalé dans certains commentaires, je crois que beaucoup de projets de « catalogues 2.0 » sont avant tout des projets destinés à augmenter l’attractivité de notre outil central pour le public habitué à des interfaces plus rapides et « sexy » (avec du facettage,…). Je me trompe peut être, mais la plupart des projets ne sont sans doute « que » (c’est déjà beaucoup !) la mise en place « d’OPAC 2.0 ».

    Nous avons à l’Ecole centrale de Lyon un projet de nouvel OPAC, et de nouveau site de bibliothèque. J’ai insisté pour que nos données, notre trésors (« Notre précieux »), nos notices donc, soient reliées (enfin) à ce qui nous entoure, à savoir ici les enseignements, les cours, les profs, les chercheurs. Cela peut se faire via l’adjonction de métadonnées plus ou moins contrôlées, de tag reprenant des identifiants de cours, de « notes d’appréciation » d’enseignants ou d’élèves,… . On peut imaginer à partir de là tout un type d’interactions au cœur de l’organisation pédagogique dont le catalogue de la bibliothèque doit être une pièce maîtresse.

    Nous devons absolument ne pas tomber dans les travers (ou en sortir) des premiers ENT et outils TICE qui se coupaient (se coupent encore ?) de l’extérieur. Si l’ensemble (soyons fou) des outils (je pourrais dire ouvrages, supports de cours, publications, thèses numérisés, CD, brefs « documents ») pédagogiques sont dans notre catalogue, il est du devoir de la bibliothèque de faire en sorte que quand un élève recherche un ouvrage, il sache, si c’est le cas, si cet ouvrage fait partie de la bibliographie d’un enseignant dont il suit un cours, que lui soit proposé d’autres ouvrages connexes ou, inversement qu’il puisse à partir d’un intitulé de cours sur une plateforme pédagogique de l’établissement, connaître via des services pointant vers le catalogue les ouvrages disponibles à la bibliothèque et les autres documents produits par l’établissement qui lui sont utiles. Comme c’est du devoir de l’enseignant (…) de proposer une bibliographie à jour (..!) en relation avec ses activités pédagogiques et d’aller sur les outils proposés par la bibliothèque (soyons vraiment fous) pour sa gestion (outils reliés au catalogue, j’entends).

    Enfin, je note que des nouveaux produits (cf. ScholarVox), de type plateforme de diffusion de livres électroniques ont comme argument de vente principal la possibilité de fournir à une communauté pédagogique (étudiant + profs) d’interargir façon 2.0 autour d’ouvrages (commentaires, notes, création de bibliothèques perso, tag, partage de liste,…). Les établissements abonnés signalent les ouvrages dans leur…catalogue via une url qui bascule sur la plateforme. Les acteurs économiques sont donc là.
    Attention : Une fois les usages passés, nous pleurnicherons pour faire remonter les métadonnées type tag, commentaires, notes,…de ces plateformes vers nos OPAC, sans succès puisque 1. les acteurs se tireraient une balle dans le pied 2. les usagers ne verront pas l’intérêt de changer leurs habitudes

    Si nos opac ne peuvent pas devenir de véritables outils pédagogiques (2.0 ou autres, peut importe), je ne vois pas l’intérêt d’y investir autant d’énergie, de temps et d’argent.

    Commentaire par amarois — vendredi 5 mars 2010 @ vendredi 5 mars 2010

  9. Bonjour,

    je viens un peu après la bataille, mais je lis les blogs substantiels… quand je peux !
    à propos de cette phrase « Je suis intimement persuadé qu’il faut créer ou rejoindre les espaces du débat, ailleurs : des blogs – de bibliothèques ou de partenaires -, des sites de passionnés – bibliothécaires ou non -, des propositions d’opinions argumentées, positives ou négatives (en ligne mais aussi dans la bibliothèque) », je voudrais juste signaler le blog de la BU de l’Université Complutense de Madrid, dont j’adore, en prime, le titre : Si no lo leo, no le creo :
    http://www.ucm.es/BUCM/blogs/sinololeonolocreo/.

    Pour le reste, je suis assez d’accord avec vous. Il faudrait déjà que les catalogues soient utilisables, avant d’être 2.0 : interfaces lisibles et claires, recherches « sujets » riche et efficace, index propres etc.

    Commentaire par Mrs Bean — mercredi 24 mars 2010 @ mercredi 24 mars 2010

  10. […] Emmanuelle Bermès (Figoblog) part du constat effectué par Bertrand Calenge dans ce billet, Pourquoi les catalogues ne peuvent pas être 2.0, et arrive à la conclusion que les métadonnées, colonne vertébrale des bibliothèques […]

    Ping par Plaidoyer pour les métadonnées « pintiniblog — lundi 12 avril 2010 @ lundi 12 avril 2010

  11. […] parle de plus en plus de la circulation des métadonnées (pas forcément comme alternative au catalogue, mais […]

    Ping par Zotero : du plugin au logiciel « Bibliothèques [reloaded] — vendredi 16 avril 2010 @ vendredi 16 avril 2010

  12. De toute façon, on retombe toujours sur le principe des 90-9-1… A la médiathèque, nous pensons que la présence sur le web ne vaut que si justement, il y a une valeur ajoutée au catalogue, d’où le choix d’un site ne comprenant pas le catalogue, mais des sélections, coups de coeurs, nouveautés, etc. Le but du site doit rester de donner l’envie aux gens de fréquenter la structure, non ? De fait, nous faisons une double saisie : dans le catalogue pour le fonctionnement de la médiathèque et sur le blog, pour la présence sur le web. Ce ne sont pas les mêmes finalités. Par contre, un système de lien nous permet d’injecter très rapidement certains éléments du site dans les réseaux sociaux.
    Merci à M. Calenge, ça fait toujours plaisir de trouver des gens pour mettre des mots sur des choses qu’on pense intuitivement sans trop savoir les formuler aussi bien et clairement.

    Commentaire par François Lemarchand — samedi 17 avril 2010 @ samedi 17 avril 2010

  13. Avec un peu de retard, ma réponse : http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/04/28/pourquoi-avons-nous-besoin-de-catalogues-20

    Commentaire par Hubert Guillaud — mercredi 28 avril 2010 @ mercredi 28 avril 2010

  14. @ Hubert Guillaud,

    Hubert, ma réponse… en commentaire sur votre billet : http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/04/28/pourquoi-avons-nous-besoin-de-catalogues-20/

    J’ajouterai que la question de la lourde logistique accompagnant le catalogue n’est pas tant une raison de reculer devant son amélioration, mais plutôt une incitation à bien en peser la destination, les usages, voire les limites !…

    Commentaire par bcalenge — mercredi 28 avril 2010 @ mercredi 28 avril 2010

  15. Bonjour

    @Bertrand : notre réponse chez Babelio sur http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/04/28/pourquoi-avons-nous-besoin-de-catalogues-20/#comment-6291

    Juste un point : on ne comprend pas vraiment ce que vous voulez dire ici :

    « Le but est d’enrichir nos OPAC avec du contenu déposé sur d’autres plateformes web. En gros, il existe des endroits où tout un chacun rentre ses livres, les commente, les note, les taggue, etc… Et c’est ces informations là, détenues par des institutions tiers, qui viendront enrichir nos OPAC.” Une fois encore, on rentre à la maison…

    Pierre de Babelio

    Commentaire par Pierrot — lundi 3 mai 2010 @ lundi 3 mai 2010

  16. @ Pierre,

    Après avoir lu attentivement votre réponse derrière ma réponse à Hubert Guillaud sur le billet de son blog commis en réponse au mien ici (ouf !), je suis d’accord à 100 % avec ce que vous dites, qui rejoint mon propos : l’utilité majeure du catalogue comme outil de repérage dans une collection matérielle localisée ne favorise pas la construction de communautés…

    Pour le passage que vous ne comprenez pas : la citation relevée dans ‘Des bibliotheques 2.0’ soulignait à mon avis le caractère nombriliste de nombre de bibliothécaires face aux valeurs ajoutées au sein des Babelio ou autres Librarything. On utilise ces valeurs ajoutées pour les réinjecter dans le catalogue local et l’enrichir, bref « on rentre à la maison »…

    Alors que, comme vous le dites très justement, les communautés se construisent en dehors des catalogues (sur Babelio par exemple). Pourquoi ? Parce que, tout simplement, chaque contributeur amène sur ces espaces d’échange « ses » livres, « ses » notices, bref « sa » bibliothèque imaginaire. A l’inverse, dans un catalogue de bibliothèque, le stock de notices est préexistant par destination, et il est hors de question qu’un lecteur lambda vienne y ajouter sa notice si le document visé n’est pas dans les collections de la bibliothèque (je parle bien de collections matérielles et non de collections numériques, pour lesquelles les opportunités sont bien différentes…).

    Et si chacun ne peut pas apporter (virtuellement) le livre qu’il aime, alors le catalogue n’est pas 2.0. Donc, continuez Babelio, et priez pour que les bibliothèques laissent librement disséminer leurs notices que VOUS pourrez récupérer. Vous y gagnerez des notices contrôlées, dotées des métadonnées riches que vos contributeurs ne sauraient construire. Et les bibliothèques y gagneront des lecteurs qui, fréquentant Babelio, pourront y repérer dans quelles bibliothèques proches tel ou tel titre si passionnément partagé est disponible…

    Non ?

    Commentaire par bcalenge — lundi 3 mai 2010 @ lundi 3 mai 2010

  17. […] Pourquoi les catalogues ne peuvent pas être 2.0. « Bertrand Calenge : carnet de notes (tags: library bibliothèques outilssociaux litterature web2.0 tags folksonomies library2.0 opac catalogue critique) […]

    Ping par PabloG — jeudi 13 mai 2010 @ jeudi 13 mai 2010

  18. […] réactions à l’article de Bertrand Calenge, « pourquoi les catalogues ne peuvent pas être 2.0 » montrent souvent un certain embarras. Si les gens sont en général d’accord avec la thèse, […]

    Ping par N'y aurait-il point deux 2.0 ? | BiblioTIC — jeudi 15 juillet 2010 @ jeudi 15 juillet 2010

  19. Et pourquoi pas une hybridation entre accueil chaleureux sur le lieu physique bibliothèque et réseau social autour des collections comme moyen de mise en relations des usagers entre eux ? cf http://www.jvbib.com/blog/index.php/hybridation-entre-bibliotheque-3eme-lieu-et-opac-reseau-social-gunpei-yokoi-sors-de-ce-corps/ où je développe plus longuement ce que je mettais plus haut en commentaire

    Commentaire par Laurent / Jeux vidéo et bibliothèques — mercredi 3 novembre 2010 @ mercredi 3 novembre 2010

  20. […] de bibliothèque qu’il soit 1.0 ou 2.0 reste un catalogue de bibliothèque.  C’est à dire un outil de recherche documentaire[19] bien loin de l’univers numérique quotidien de l’internaute habitué à commenter sur les […]

    Ping par Web social : de nouveaux usagers en bibliothèque ? « La bibliothèque apprivoisée — mardi 7 décembre 2010 @ mardi 7 décembre 2010

  21. […] J’ai le billet de Bertrand Callenge ouvert depuis plusieurs semaines dans mon navigateur (ce n’est pas bon signe). J’ai eu également celui de Lionel Dujol ouvert sur mon bureau quelques temps (mais j’avais trouvé le temps de trousser une rapide réponse). […]

    Ping par Pourquoi avons-nous besoin de catalogues 2.0 ? « nivelles — lundi 14 novembre 2011 @ lundi 14 novembre 2011

  22. […] l’innovation fait des sceptiques: certains affirment que le catalogue de bibliothèque, par essence, ne peut pas être 2.0; d’autres ont […]

    Ping par Catalogues 2.0 | Au pays des (mer)veilles — jeudi 24 mai 2012 @ jeudi 24 mai 2012


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