Bertrand Calenge : carnet de notes

mardi 9 février 2010

Circulation des documents : nouveaux enjeux

Filed under: Non classé — bcalenge @ mardi 9 février 2010

Le service « basique » qu’est l’accès à la consultation ou à l’emprunt de documents d’une bibliothèque s’est longtemps appuyé  sur la seule capacité mobile des jambes des utilisateurs. Après tout, il « suffit » de venir à la bibliothèque pour accéder à l’objet de ses désirs (moyennant inscription préalable si l’objectif est l’emprunt).

Optimiser la demande de documents

L’émergence des outils télématiques (pour parler comme en 1980) a rapidement autorisé, outre la simple consultation à distance des collections disponibles,  la réservation à distance des titres déjà empruntés, mais pas celle des titres présents passivement sur les étagères.
Déclaration implicite – et souvent explicite – : priorité à ceux qui honorent nos espaces de leurs visites.
Cette simple opportunité de réservation, rapidement et massivement appropriée par les emprunteurs, a généré de multiples questionnements sur la régulation à apporter : limitation du nombre de réservations par personne, blocage automatique des réservations sur un titre lorsque ces dernières dépassaient un certain nombre, conditions draconiennes de retrait du titre réservé dans un délai donné. Vous remarquerez que la régulation portait sur les utilisateurs, guère sur la bibliothèque elle-même : ne pouvait-on imaginer de racheter des exemplaires des titres très réservés ? Séquencer l’ordre des réservations en fonction des intérêts successifs du ‘réserveur’ ? Bon, d’accord, on y est venu, non sans mal…

Rendre un document dans n’importe quel site

Et puis s’est posée la question des bibliothèques multi-sites sur un territoire : j’emprunte un livre (réservé ou non) dans cette bibliothèque près de mon domicile, pourquoi dois-je impérativement le rapporter dans la même bibliothèque alors que j’en ai une autre près de mon lieu de travail, dans la même commune ou sur les campus d’une même université ? Alors plusieurs bibliothèques ont autorisé ce retour dans toutes les bibliothèques du réseau. Ce qui a généré un système de navette pour récupérer les documents rendus non indigènes, les re-répartir  avant de les rapporter à leur collection d’origine : certains espaces de bibliothèques centrales ont pris une allure de centre de tri postal (à Lyon, 600 000 documents sont concernés…, pour 3,6 millions de prêts chaque année).

Sans compter que, pour nombre d’emprunteurs, la gageure de la restitution du document emprunté est, en fins de « droits de durée d’emprunt », encore plus périlleuse : « je dois rendre mon livre avant mardi, et je pars lundi soir par le train après une journée de travail ; zut, la bibliothèque va être fermée, et je vais subir des pénalités !!! ». Satanées heures d’ouverture, en dehors desquelles rien n’est possible…

Et si je veux obtenir un document de LA bibliothèque dans MA bibliothèque ?

Aujourd’hui émerge une nouvelle exigence : obtenir dans une bibliothèque proche de chez soi le titre que l’on souhaite découvrir, qu’il soit classé ailleurs – dans le réseau -, et réservé ou non. Bref, emprunter ou consulter dans son établissement de proximité n’importe quel document relevant de ‘sa’ collectivité.  La question mérite qu’on s’y arrête, car elle pose clairement trois questions fondamentales, au moins aux bibliothèques multi-sites :

  • les bibliothécaires se vantent de desservir une communauté en y encourageant le partage du savoir, savoir documenté globalement par le réseau entier des bibliothèques quadrillant le territoire. Or attacher (je dirais même ligoter) un document à un site particulier le cantonne aux seuls habitants qui ont l’opportunité ou le courage de s’y rendre…
  • S’il parait honnête de voir sa réservation prendre la suite d’une autre réservation posée plus en amont, pourquoi diable ne puis-je réserver un titre qui, au vu du catalogue en ligne, est à l’heure actuelle clairement disponible sur les rayons ?
  • Et de plus, au sein de ce catalogue qui se prétend commun à toute l’institution locale bibliothèque, pourquoi ne puis-je faire parvenir dans un site proche l’objet de mon intention (i.e. le document particulier que j’ai repéré), qu’il soit déjà emprunté – en m’inscrivant dans la liste de réservations – ou tout bêtement et évidemment disponible sur les rayons  ?

Pour comprendre ces interrogations, il faut prendre la mesure de trois phénomènes conjoints :
– l’emploi du temps de nos contemporains est de plus en plus contraint (et devrais-je ajouter soumis aux habitudes de servitude consumériste que nombre d’acteurs leur inculquent ?)
– les différents sites d’une bibliothèque multi-sites connaissent des horaires d’ouverture très disparates ;
– l’ambition culturelle et documentaire de chaque bibliothèque se présente volontiers sous un angle holistique (LA bibliothèque, LE catalogue,…), alors qu’elle se segmente concrètement en unités de service très différentes. La vie s’oppose à l’art…

Evocation de quelques pistes

Il est évidemment aberrant de lancer des fautqu’on et des yaka dans cette alchimie logistique particulièrement lourde que représente la circulation documentaire dans un réseau. Mais tout de même…. On va lister en vrac quelques perspectives disparates à creuser sérieusement :

  • Véhiculer les documents réservés vers la bibliothèque du demandeur
    Cette option n’est pas complexe en soi, elle nécessite seulement un ajustement quantitatif du service de navette qui – rêvons un peu – s’occupe de rapporter vers le centre de tri les documents empruntés ailleurs que dans la bibliothèque récipiendaire du retour. Reste à régler le ballet des titres réservés non réclamés par les réserveurs et qui devront retourner vers l’établissement du réserveur suivant ( ah, ces sales lecteurs peu scrupuleux !!)

  • Proposer des boites de retour : accepter les pertes
    La mise à disposition de boites de retour des documents, 24h/24, se répand largement, et c’est heureux. Mais elle suppose l’acceptation – sans doute la plus difficile à faire admettre – de pertes et de dégradations impossibles à tracer réellement. Bref, elle suppose d’une part la conviction que ces documents empruntables sont faits pour être éphémères – ça, on peut en injecter la conviction – et surtout d’autre part que le système repose sur une confiance globale vis-à-vis des emprunteurs – et ça, c’est pas gagné !-.

  • Réserver et acheminer des documents disponibles – non empruntés – vers la bibliothèque du demandeur
    La demande, absolument légitme du point de vue des utilisateurs, mérite d’être analysée sur le plan organisationnel. Pour la satisfaire, il faut que les bibliothécaires en espaces publics, à peine parvenue la ‘réservation’, se précipitent pour retirer le livre du rayon. Seulement voilà, il y a une chance non improbable que le dit livre soit en cours de consultation ou dans les mains d’un visiteur en voie de l’emprunter… Le risque de générer nombre de mécontentements n’est pas négligeable…
    Des solutions alternatives existent. Je pense par exemple à cette idée très intéressante de la BM de Rouen qui, considérant la masse non patrimoniale des collections en magasins, en a proposé la réservation sur rayons – avec livraison à la bibliothèque de son choix – , que ce document soit ou non en court d’emprunt. Avantage : peu de chances que le document en question soit en cours de consultation (on connait les taux de rotation des magasins…), facilité de mise à disposition des documents. Nos amis normands dénomment cela la « bibliothèque virtuelle » : eh oui, celle qu’on ne voit jamais sur les rayons… mais dont on peut concrétiser l’existence par le jeu de la réservation ! Après tout, ce n’est jamais que l’extension de la « mise de côté » fréquemment accordée  téléphoniquement par les gestionnaires de magasins documentaires… A noter, cette possibilité de réservation est également possible dans les bibliothèques de la Ville de Paris pour leur réserve centrale.

Une autre façon de considérer les collections et le service aux publics

Toutes ces innovations à la fois modestes et si lourdes dans leur investissement humain supposent une clarification préalable sur la destination et l’usage des collections mises à disposition des publics. Notamment :
– la généralisation de ‘boites de retour’ impose l’acceptation de détériorations quasi-impossibles à « punir » (ou plutôt compenser,pour être soft) ;
– la disponibilité des documents en magasins doit être clarifiée selon un clivage net patrimoine (non prêtable sans précautions) et consommable (en état de ‘vie résiduelle’) ;
– la collection, par la grâce des outils internetiens – à commencer par le catalogue général -, doit être considérée comme une ressource pour tout un territoire et non le gisement exclusif d’un site donné.

Et pour finir : l’illusion de collections essentiellement mobiles

Les évolutions de la technologie, et notamment les puces RFID associées à cette mobilité potentielle des documents dans un réseau, peuvent faire naitre l’illusion d’une collection totalement atopique : il ne serait plus d’aucune importance qu’un site donné soit déficient en de multiples domaines, dans la mesure où les déplacements documentaires seraient facilités.
Autant les perspectives évoquées plus haut me semblent prometteuses, autant cette dernière proposition me semble aberrante. En effet, elle se fonde sur l’hypothèse  qu’un lecteur n’entrerait dans un lieu qu’en recherche d’un titre précis, qui par les miracles de la technologie associés à ceux de la logistique, lui serait livré quasi à domicile. Sauf que non : une bibliothèque de quartier, c’est un univers de sens, un espace de découverte, un appareil de découvertes. Et pas seulement une boite postale ! On vient fureter, feuilleter, rencontrer, trouver un espace de savoir autonome et pensé. La majorité des visiteurs, je l’ai vérifié, ne vient pas retirer sa commande comme aux boutiques de La Redoute, mais partager un instant d’ « être ensemble », participer à un atelier, fureter tranquillement, ou « être tranquille au milieu d’autres »…

Alors, quand même, il faut élaborer des collections locales, des événements culturels originaux, des services locaux bien concrets avec des acteurs bien actifs, en chaque lieu. Ce n’est plus de l’encyclopédisme au sens traditionnel (tout sur tout), c’est quand même un regard original, une offre singulière  qui multiplie les regards.
La différence, c’est qu’il n’y a plus besoin de compter sur ‘soi seul’ pour offrir ‘tout sur tout’ : il n’est plus nécessaire de devoir localement proposer tout, dans tous les domaines : le réseau et sa logistique doivent venir appuyer la modeste offre locale, efficacement. Mais sans que cette offre locale perde de sa pertinence propre.

Le glocal (global-local), en somme ?

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17 commentaires »

  1. Je suis pour la recherche de réservation des documents disponibles. C’est un vrai service au lecteur même s’il mobilise du temps de travail. Dans notre BDP qui fait beaucoup de prêt direct (oui c’est dans la doxa des BDP nous persistons dans le Haut-Rhin avec un public au rendez-vous…) nous le pratiquons avec une couche supplémentaire qu’un document peut être soit en magasin soit dans 5 médiabus… nous sommes passés de 25 000 réservations en 2005 à plus de 35 000 en 2009.

    Facilitons la vie de nos lecteurs à l’ère numérique où l’on croit que tout est accessible d’un clic…

    Une autre frontière à explorer serait peut-être la livraison du livre par courrier au domicile du demandeur? La Poste qui cherche à se diversifier nous a fait une proposition dans ce sens…

    Commentaire par Xavier Galaup — mercredi 10 février 2010 @ mercredi 10 février 2010

  2. Bonjour,
    A propos de « Fauqu’on » et de « Yaka », pourquoi ne pas rajouter dans votre note fort intéressante de tripler le budget de toutes les bibliothèques ? Embaucher également ? On peut répéter la phrase devant une glace en détachant bien les syllabes.
    La corne d’abondance des services rendus aux usagers ne passe-t-elle pas d’abord par des moyens humains et financiers ?
    Cordialement
    Elizabeth Maréchal

    Commentaire par Elizabeth Maréchal — mercredi 10 février 2010 @ mercredi 10 février 2010

  3. Je suis plutôt surpris : en Belgique, ce système de prêt inter-bibliothèque existe depuis des années (je dirais même des décennies, mais je n’ose pas m’avancer sur ce point). Un outil commun à la plupart des bibliothèques (francophones comme néerlandophones) est à disposition des bibliothèques inscrites sur le site Impala : http://bit.ly/csnKmb.

    Le système vit en autarcie : je contacte une bibliothèque pour un emprunt, je lui dois X € ; une bibliothèque me contacte, elle me doit X €. Et on fait les comptes en fin d’année, chacun réglant ses frais (je simplifie le système, mais c’est assez proche). Plus d’infos : http://bit.ly/bW2khk
    Je pensais sincèrement qu’un tel système existait déjà en France… Quoi qu’il en soit, le système belge fonctionne parfaitement et, mis à part la différence d’échelle (géographiquement parlant), il ne devrait pas y avoir de souci majeur à implémenter un système de ce type.

    Enfin, très surprenant… Ou alors j’ai mal compris l’article ?!

    Commentaire par SebDeclercq — mercredi 10 février 2010 @ mercredi 10 février 2010

  4. Cher belge collègue,
    Apparemment, j’ai mal expliqué la problématique que j’exposais. En France aussi il existe un système de prêt entre bibliothèques qui ne fonctionne pas trop mal et est géré par l’ABES. Il permet également d’obtenir la communication à distance d’un document d’une autre bibliothèque (ou de son substitut photocopié ou de plus en plus numérisé). Cet échange équilibré, qui d’ailleurs couvre au-delà des frontières nationales, est en général utilisé pour des documents d’étude (ne serait-ce qu’à cause des délais voire du coût du transfert ou des contraintes de communication imposées).
    Ce que j’évoque est beaucoup plus terre à terre, et se situe dans une ville unique, disposant de multiples bibliothèques en réseau (au moins administratif et catalographique), au sein desquelles tout citoyen a loisir d’aller et venir. La collection se veut globalement à disposition de ce citoyen, mais est matériellement localisée en plusieurs sites (libres accès ou magasins) ; la question que je pose est celle de ce citoyen de sa ville face à la dispersion en plusieurs sites de « sa » collection générale. Et donc, comment faciliter la disponibilité de tout document de cette collection globale, en quelque site qu’il soit classé, pour être réservé, acheminé, prêté et rendu en ces multiples lieux de la même cité ?

    Comme le souligne Xavier Galaup, une hypothèse plus hardie consisterait à adresser le document au domicile même du citoyen. C’est une question intéressante, qui mérite un développement distinct…

    Commentaire par bcalenge — mercredi 10 février 2010 @ mercredi 10 février 2010

  5. Ok, je comprends mieux ! (et accessoirement, je passe pour un idiot, mais bon). Dans ce cas, je n’ai qu’un commentaire : je suis tout à fait d’accord avec l’idée ! Et désolé pour le commentaire précédent, complètement hors sujet.

    Commentaire par SebDeclercq — mercredi 10 février 2010 @ mercredi 10 février 2010

  6. « La collection, par la grâce des outils internetiens – à commencer par le catalogue général -, doit être considérée comme une ressource pour tout un territoire et non le gisement exclusif d’un site donné. » Voilà une phrase que je vais répéter comme un mantra en réunion… 🙂

    J’ajouterais pour ma part une autre piste, celle des « fonds itinérants » venant compléter l’offre locale sur un réseau municipal pour les supports onéreux (DVD, audio-livres…) ou simplement les fonds de petite taille à faible taux de rotation, mais ayant aussi leur public (textes illustrés, poésie, philo…). J’ai découvert récemment que le réseau des bibliothèques municipales d’Orléans menait une politique très intéressante dans ce sens.

    Commentaire par Lirographe — mercredi 10 février 2010 @ mercredi 10 février 2010

  7. Intéressant de voir enfin des perspectives se dessiner dans ce sens. Réserver des documents disponibles (notamment pour qu’ils soient acheminés dans ma bm de proximité ou mon bibliobus) est un service à forte valeur ajoutée. Pas innocent qu’il participe au développement du prêt (il faudrait aussi y ajouter d’ailleurs le prêt des livres qui ne sortent pas, comme des dictionnaires et volumes d’encyclopédie)… En tout cas, une expérimentation avec LaPoste serait une très belle expé Xavier.

    Je partage entièrement la proposition de Bertrand, sauf sa réserve finale, son « attention, point trop n’en faut », sa réserve sur la « bibliothèque mobile ». On en est tellement loin de la bibliothèque mobile, que je crois qu’on peut aller encore plus loin que jouer des flux de réservations.

    Bien sûr, qu’il y a besoin de collections et de livres (et de sérendipité) dans la bibliothèque. Oui, c’est un lieu de rencontre, mais il faut aussi savoir y bousculer les habitudes. Les fonds et collections peuvent tourner, se déplacer. Souvent, les bibliothèques s’attachent à leurs fonds, sans toujours voir qu’un fond particulier pourrait aussi se déplacer dans une autre bibliothèque pour accueillir en échange un autre fond particulier. Quand on fréquente une bibliothèque de quartier, on le fait souvent pendant de longues années : les habitués connaissent beaucoup certains fonds, on l’impression de les avoir déjà écumés. Il faut savoir les surprendre, les renouveler. On ne vient pas tous retirer une commande, bien sûr. Mais des fonds BD inamovibles, des fonds SF ou polars qui ne changent pas pendant des années (proposant toujours les 3 mêmes titres d’un auteur)… Je pense que les bm auraient beaucoup à gagner à rendre leurs fonds plus mobiles. A échanger des pans entiers de catalogues régulièrement.

    Commentaire par leromanais — jeudi 11 février 2010 @ jeudi 11 février 2010

  8. Nous proposons ce service en BU avec des sections distantes de 80 kms. Des navettes bi-hebdomadaires, et on peut réserver des ouvrages en ligne, même s’ils ne sont pas empruntés. Quand je me rends à la médiathèque de mon quartier (ville de 50 000 habitants), je ne peux ni réserver, ni rendre un ouvrage qui « appartient » à la centrale située en centre-ville. Cherchez l’erreur…

    Commentaire par davidolib — jeudi 11 février 2010 @ jeudi 11 février 2010

  9. Emprunter et rendre dans n’importe quelle bibliothèque du réseau… Oui évidemment, mais il faudra faire preuve de beaucoup de diplomatie et de tact pour faire comprendre aux équipes que les livres qu’elles acquièrent dans les annexes ne sont plus la propriété d’une annexe. Il faut aussi songer à certains supports comme les DVD dont les taux de rotation sont très importants et qui une fois dans le circuit ne reviennent qu’au bout de plusieurs mois voire années (les bédépistes confirmeront) sur les rayons.
    Et c’est là, ou je pense qu’il faut être vigilant sur ce que vous appelez l’offre « locale » dans les bibliothèques de quartier pour que les livres qui restent sur les rayons donnent encore envie aux usagers ?

    Commentaire par sophiebib — jeudi 11 février 2010 @ jeudi 11 février 2010

  10. Dans notre petite région (canton de Neuchatel et canton du Jura, Suisse), nous bénéficions d’un service de ce genre depuis déjà de nombreuses années. Une navette passe au moins une fois par semaine dans chaque site et tous les jours dans les bibliothèques principales. L’originalité de ce réseau est qu’il regroupe des bibliothèque de lecture publique, des centres de documentations (lycées), des bibliothèques patrimoniales et des bibliothèques universitaires. Nos usagers bénéficient donc de l’ensemble des collections (ouvrages scientifiques, dvds, bds, romans) gratuitement ou pour un coût modeste (CHF 3 (= 2€) pour les dvds pour 15 jours), avec un délai de livraison raisonnable. Les documents peuvent être retirés ou rendus dans n’importe quel site. Plus d’infos : http://www.rbnj.ch/

    Commentaire par cstrahm — vendredi 12 février 2010 @ vendredi 12 février 2010

  11. […] au sein d’un réseau (prêt inter) : les réflexions de B.Calenge By marieaude Billet du 9 février de B. Calenge sur son blog, en lien direct avec nos propres réflexions sur un système de prêt interbibliothèques au sein […]

    Ping par Circulation des documents au sein d’un réseau (prêt inter) : les réflexions de B.Calenge « Blog de veille bm — vendredi 12 février 2010 @ vendredi 12 février 2010

  12. @SebDeclercq

    « Ok, je comprends mieux ! (et accessoirement, je passe pour un idiot, mais bon). Dans ce cas, je n’ai qu’un commentaire : je suis tout à fait d’accord avec l’idée ! Et désolé pour le commentaire précédent, complètement hors sujet. »

    Pas si hors sujet que ça. 🙂

    Après tout, voilà un service supplémentaire, qui pourrait être facturé à ceux qui le désirent. (on touche alors à un service postal)
    Ou alors utiliser le service des lecteurs du même quartier en leur donnant, comme vous l’avez dit, une rémunération (à déterminer, réduction sur son prochain abonnement, gratuité ?, prêt plus important… ou durée de prêt plus importante, oubli de pénalités sur les prochaines années).
    Certes, il faut faire confiance au lecteur, et accepter les pertes. Mais pas plus qu’ailleurs.

    Toujours dans le cadre du livre papier, ou du document physique.
    Avec le livre électronique, ou les ressources électroniques, ce problème ne se pose plus.

    Bien cordialement
    B. Majour

    Commentaire par B. Majour — vendredi 12 février 2010 @ vendredi 12 février 2010

  13. @ Xavier Galaup
    A ma connaissance, la réservation de documents disponibles est un service qui fonctionne à la Médiathèque de Mâcon (Saône et Loire). Je n’ai pas pu vérifier en ligne car je n’ai plus de carte de lecteur de cette bibliothèque (il faut passer par « l’accès privé » pour enregistrer une réservation, que le document soit disponible ou non).
    Tous les matins avant l’ouverture les collègues consultent la liste des réservations de documents disponibles faites et mettent les ouvrages de côté sur une carte (ou avec un code de disponibilité) spécial(e). Evidemment, ça ne marche pas si l’on réserve en cours de journée et que le document est emprunté avant la fermeture… Il faudrait interroger les collègues pour plus de précisions, mais il me semble que c’est un système faisable pour toutes les petites et moyennes bibliothèques. Il doit y avoir un développement informatique spécial à Mâcon, mais c’est envisageable en bidouillant avec son SIGB quel qu’il soit, je pense. Dans les villes de plus de 50 ou 100 000 habitants, c’est peut-être trop complexe à gérer.
    Cordialement…

    Commentaire par Colvert — samedi 13 février 2010 @ samedi 13 février 2010

  14. A ma connaissance, la réservation de documents disponibles fonctionne à …ma médiathèque, soit le réseau Ouest Provence ! : Koha + 2 navettes + une organisation de la circulation inter-sites depuis longtemps (15 ans) éprouvée = 250 000 documents réservables à distance et livrables sur le site de son choix (le lieu de livraison est proposé par Koha après que l’adhérent a cliqué sur « réserver » à l’OPAC). La liste des documents réservés « en attente de traitement » est mise à jour en temps réel et régulièrement surveillée par le bibliothécaire qui travaille dans le pôle (cette liste peut être filtrée par site et pôle, ce qui favorise sa lisibilité et donc son utilisation) ; dès qu’une réservation apparaît, le bibliothécaire récupère le document en rayon et active sa nouvelle situation sur la liste ; le document est ainsi « mis de côté », à la fois physiquement et informatiquement (le réservataire voit instantanément le statut du document changer sur son compte adhérent). Nous avons paramétré le délai d’attente de retrait à 7 jours.
    Pour gagner en performance sur la communication, nous envisageons (c’est en cours de négociation budgétaire) l’envoi d’un SMS à l’adhérent l’informant de cette « attente de retrait ». Ce service me semble particulièrement légitime et utile pour les personnes (= 40 % de la pop. fr !) qui ne sont pas connectées à internet et qui, en revanche, disposent majoritairement d’un portable (92 % de la pop.fr).
    Bref, le service fonctionne très bien et les adhérents l’utilisent naturellement. Nous observons une augmentation de 25 % du catalogue (via le portail) depuis sa mise en service début décembre dernier. Considérant que nous comptions déjà en 2009 plus de 8% des prêts passant par le système de réservation (soit 40 000 prêts sur 460 000), nous nous attendons donc à une montée en charge importante en 2009. Nous avons évidemment anticipé cette réalité en augmentant les fréquences de circulation des navettes et en nous équipant d’un nouveau véhicule (plus grand et plus ergonomique) et de caisses supplémentaires.
    Tout ce dispositif repose sur le primat du service aux usagers (c’est le livre qui se déplace…) et sur le principe de mutualisation des collections en réseau. En volume, cela permet, par exemple, aux 1200 habitants du petit village de Cornillon-Confoux, qui disposent d’une collection physique de 3600 document, d’accéder en réalité à une collection de 460 000 documents ! Et cette réalité ne leur a pas échappé. C’est aussi (en plus de la qualité de l’équipement et des services proposés sur place) la raison pour laquelle les adhérents de cette médiathèque représentent près de la moité de la population cornillonnaise.
    Cette logique de flux n’est pas contradictoire avec l’exigence de mise en place d’une politique documentaire raisonnée (oserais-je dire, en l’occurrence, « résonnée »), qui prend en compte les spécificités de territoire, les besoins différenciés, spécifiques des populations à desservir. Ceux-ci sont réels (entre Port-Saint-Louis du Rhône et Grans, par exemple, le profil de ces 2 bassins de vie est pour le moins différent) et chaque responsable documentaire doit en tenir compte (par écrit…) dans ses orientations d’acquisition et de développement de collection.
    En somme, les collections doivent à mon sens répondre potentiellement à une double exigence, celle de s’accorder tout à la fois à l’espace du dedans et à celui du dehors ; « agir local et penser global », disait l’autre Dominique…

    Commentaire par Bambou — dimanche 14 février 2010 @ dimanche 14 février 2010

  15. Social comments and analytics for this post…

    This post was mentioned on Twitter by Silvae: Circulation des documents : nouveaux enjeux http://goo.gl/vW9h

    Rétrolien par uberVU - social comments — mardi 16 février 2010 @ mardi 16 février 2010

  16. Bonjour,

    Je suis tout à fait d’accord avec votre article et…je me faisais dernièrement cette réflexion que je vous expose [pour avis] :

    – vu le coût (salarial) à l’heure d’un agent en service public au poste de « Communication magasin »

    – vu le nombre insignifiant de communications de documents réalisées en une heure de service public (il faudrait faire une étude et je m’avance sans stats mais, en ce moment et depuis la rentrée de Décembre, entre 0 et 3 communications demandées)

    – vu la présence d’un (ou parfois deux) autre(s) agent(s) en salle de lecture au bureau de « Renseignements documentaires » où l’on constate la même relative tranquillité

    – vu qu’on s’interroge sur « comment faire évoluer les postes des professionnels (et des cat. C en particuliers) et les services aux usagers en fonction des besoins/usages des étudiants » (qui désertent la BU)

    Et bien, il me semble qu’au lieu d’être « coincé » (à bouquiner) au bureau de « Communication magasin », il serait bien plus utile d’être sur le pied de guerre et de proposer ce nouveau service : réservation des documents dont les documents disponibles.
    D’autant plus que les étudiants/chercheurs qui demandent le plus souvent ce service, ou nous font la remarque que « ce serait bien », sont d’un niveau recherche, ont préparé leur visite à la BU sur le catalogue en ligne et arrivent avec une jolie liste de documents (dont une partie en magasin).

    On oppose à ce nouveau service sa consommation de temps et cet argument est justifié.

    Mais si les collègues en service public au bureau de « Renseignements documentaires » allaient chercher les quelques documents demandés en magasin, un temps énorme serait disponible pour … mettre en place ce nouveau service.

    Est-ce que ma réflexion vous semble … logique ? J’aimerais bien un/des avis….

    Merci d’avance.

    Commentaire par Charlotte — mercredi 17 février 2010 @ mercredi 17 février 2010

  17. @ Charlotte :

    Effectivement, puisque vous demandez des avis, je vous donne le mien en soulignant la pertinence de vos propos, sur trois points :

    – la disponibilité des documents : nous (à Lyon) mettons en oeuvre depuis peu deux services parallèles : la mise à côté de documents du magasins via Internet (bientôt) ou le téléphone (déjà), économisant ainsi du temps d’attente de l’usager, puisque tout est prêt lorsqu’il arrive à la ‘banque’;

    – il est effectivement aberrant de mobiliser des agents pour… attendre une éventuelle demande. Un certain nombre de BU a installé des bornes de prêt automatisées permettant d’emprunter un document sans intervention humaine, donc en dehors de toute permanence.

    – ce qui conduit à une autre conclusion : est-ce qu’il n’est pas préférable de laisser prêter l’ensemble des documents – hors patrimoine ancien, rare ou précieux – plutôt que d’exclure du prêt des milliers de documents simplement… désuets ou moins demandés ? En ce qui nous concerne à Lyon, nous passons progressivement en ‘prêtables’ de tels documents…

    Pour conclure, oui, il faut privilégier la facilité d’accès et utiliser intelligemment les « ressources humaines », fût-ce à un ‘double poste’ – pas si épuisant que ça d’ailleurs – !

    Commentaire par bcalenge — jeudi 11 mars 2010 @ jeudi 11 mars 2010


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