Bertrand Calenge : carnet de notes

mardi 14 avril 2009

Du pirate et du bibliothécaire

Filed under: Non classé — bcalenge @ mardi 14 avril 2009
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Un billet de Joël Faucilhon, déjà lu par beaucoup dans sa version feuilletonnesque et régulièrement remis à l’honneur par quelques blogueurs, attire l’attention sur le fait que la communauté des « pirates » devient de plus en plus exigeante autant en termes de qualité que de ‘métadonnées’ (pour reprendre le terme qui a imparfaitement remplacé celui de catalogue), et que cette communauté pirate poursuit à la fois la plus large diffusion des textes mais aussi leur pérennité (choix des formats, etc.), bref l’objectif que visent les conservateurs (sous-entendu : les bibliothécaires qui œuvrent pour la mémoire…). Plus encore, JF souligne également que les différentes communautés de « pirates » veillent à constituer des corpus de textes mêlant originalité et cohérence, et en tire argument pour les rapprocher des bibliothécaires.

Sur le dernier point, j’ai le sentiment que l’auteur connaît très bien les bibliothèques (bibliothécaires) pour leur rendre un hommage si rare. Merci beaucoup ! Pour l’analogie proprement dite entre ‘conservateurs’ et ‘pirates’, je reste perplexe. Je vois bien que l’auteur n’envisage pas cette facette du métier qui consiste à offrir à une communauté « physique » un espace vivant, social, discuté : il parle ici des conditions de mise en œuvre d’une pérennité organisée des textes à l’intention d’un public réuni par le fil d’Internet et non plus localisé en une collectivité spécifiquement localisée.

Que de vieilles techniques mises en œuvre par les bibliothécaires soient reprises – en les réadaptant parfois – face à la masse des opportunités d’information offertes, nul n’en doute et nul ne devrait s’en étonner : la « bibliothécarisation du monde » est constatée depuis longtemps. Que soit posée la question d’une pérennité (potentielle) des formats d’encodage est on ne peut plus légitime, tous les bibliothécaires soucieux de ‘conserver’ en conviendront. Que chaque collectionneur – personne physique ou morale, individu ou collectivité constituée, même non officiellement – aie le souci des connexions, correspondances, cohérences des divers textes qu’il rassemble et ordonne, on le sait depuis que les bibliothèques – d’abord privées – existent.

Peut-on pour autant assimiler une communauté de ‘pirates’ (avec les guillemets, c’est sans intention péjorative, j’aurais pu dire ‘une association’) aux acteurs publics que sont les bibliothécaires ? Sans doute oui, si on considère les seules exigences techniques qui sont mis en oeuvre dans leurs  projets respectifs.

Mais les moyens suffisent-ils ? Par rapport aux bibliothécaires, il manque quand même à ces ‘communautés pirates’ trois éléments importants d’un point de vue ‘professionnel’ :

  • leur mandat ne relève que d’eux-mêmes : nulle instruction de personne, nul contrôle autre qu’interne, nul financement autre que personnel, nulle responsabilité vis-à-vis de quelque collectivité publique que ce soit. Désolé de le rappeler, mais l’action des bibliothécaires s’inscrit dans le cadre d’un service non pas spontané, mais prescrit par des autorités (plus ou moins convaincues, j’en conviens) ;
  • la communauté des personnes qu’ils servent ( car, comme dans toute communauté, il y a les nombreux individus consommateurs, et les trop rares individus acteurs et producteurs !) reste totalement virtuelle et mouvante. Un bibliothécaire ‘lambda’ connait une exigence bien éloignée des audimats d’Internet : non le service virtuel, mais l’imagination au service bien réel de toutes les personnes de la collectivité, internautes experts ou pas ! Un bibliothécaire ne choisit pas son public, celui-ci lui pré-existe, en ligne… ou le plus souvent pas !
  • la coopération qu’ils prônent n’est guidée que par le souci de la réussite des entreprises personnelles de chacun des ‘pirates’, et surtout par le désir d’accroître leurs ressources moissonnables. En soi, cette revendication est rien moins que raisonnable, mais elle ne s’inscrit que dans le souhait d’une exploitation personnelle durable.

En revanche, la démarche décrite par JF me semble très intéressante lorsqu’elle balaye nombre de présupposés : sur la spécificité des techniques bibliothécaires, sur l’ « exclusivité communautaire » de ces dernières, sur la tentation confiscatoire qui nous anime parfois dès qu’on évoque une possible correspondance entre une communauté et un réservoir organisé.

Nous sommes entrés dans une époque particulière : les techniques que nous défendons sont appropriées et développées en dehors de notre cénacle, les communautés de savoir ne sont plus créées par les seules instances ‘officielles’ dont nous pensions être parmi les plus éminents représentants, nos préoccupations documentaires (identification, conservation, mise à disposition, introduction dans des corpus cohérents,…) peuvent être développées hors notre contrôle… Alors, à quoi servons-nous ?

Il est temps de cesser de rêver à d’hypothétiques arguments de savoir universel, ou à une bibliothèque universelle placée sous les auspices de savants que nous aurions homologués. L’avenir des bibliothèques de statut public tient dans leur étroite imbrication avec les instances publiques qui gèrent aujourd’hui la société. Communes, universités, départements, tel est maintenant notre terrain d’action. Si ces instances démissionnent, renoncent à aborder le complexe tricotage des échanges publics, et laissent les seuls acteurs individuels (pirates ou non !) conduire le bal, alors je crois que les bibliothèques de statut public n’ont pas d’avenir.

Sauf si bien sûr ces décideurs, et avec eux ‘leurs’ bibliothécaires fontionnaires, veulent servir l’ensemble des publics des collectivités où ils sont acteurs : car fondamentalement l’initiative revient aux tutelles de ces collectivités. A nous de les convaincre, de leur donner envie !!!

Sans cela,  nous ne serions que des ‘pirates masqués’. Drôles de pirates, d’ailleurs, payés par habitude et sans projet politique ?
Ou inutiles, tant les acteurs privés sont mieux au fait des attentes des consommateurs ?

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5 commentaires »

  1. « L’avenir des bibliothèques de statut public tient dans leur étroite imbrication avec les instances publiques qui gèrent aujourd’hui la société. Communes, universités, départements, tel est maintenant notre terrain d’action. Si ces instances démissionnent, renoncent à aborder le complexe tricotage des échanges publics, et laissent les seuls acteurs individuels (pirates ou non !) conduire le bal, alors je crois que les bibliothèques de statut public n’ont pas d’avenir. »

    Je ne sais pas si l’avenir des bibliothèques tient de leur imbrication avec les instances publiques en question. De quelle imbrication parlons-nous ? Est-ce que le « terrain d’action » physique doit se superposer au terrain d’action institutionnel ? (Si c’est le cas pour ma part j’ai de très forts doutes). Le problème c’est que ces instances démissionnent ou ne donnent aux échanges publics qu’un angle, qu’une façon de les aborder (pas sûr que ce soit la meilleure d’ailleurs pour les bibliothèques). Sous prétexte de contraintes légales, bien des bibliothèques brident les usages et les accès. Sous prétexte de contraintes légales, bien des bibliothèques brident leurs usages (le famauex débat sur le droit de copie des couvertures). Sous prétextes de contraintes légales, on demande aux professeurs de passer du temps à remplir des fiches pour listes les oeuvres qu’ils utilisent en cours… J’ai tout de même l’impression qu’aujourd’hui, les acteurs individuels (associations, individus, collectifs d’auteurs ou d’internautes) ont fait beaucoup dans le numérique. Le problème n’est pas de situer en-dehors de la légalité, bien sûr, mais de trouver les moyens d’action pour y exister. Et de ce côté là, les instances publiques, n’ont pas aidé, au contraire. Est-ce que le terrain d’action des bibliothèques doit se limiter aux inititatives de leurs tutelles (qui ne comprennent pas toujours leurs métiers, leurs fonctions et les remises en cause que le numérique cause) ? Je n’en suis pas si sûr. Si elles attendaient de leurs tutelles, les bibliothèques n’innoveraient pas beaucoup. On constate au contraire que ce sont celles qui bousculent leurs tutelles qui innovent, qui montrent la voix… Et que leurs tutelles ont plutôt tendance à leur mettre des bâtons dans les roues qu’autre chose.

    Commentaire par Hubert Guillaud — mercredi 15 avril 2009 @ mercredi 15 avril 2009

  2. @ Hubert Guillaud :

    Loin de moi l’idée que les bibliothèques devraient attendre l’initiative de leur tutelle. Effectivement, à elles de proposer, d’engager les innovations, de faire admettre la parole du citoyen qui sait s’exprimer aujourd’hui par bien des moyens que le numérique rend possibles. A elles aussi de faire entendre l’exigence d’un espace ouvert de l’information publique ! Et c’est justement sur ce point que je prétends que les bibliothèques de statut public sont étroitement liées aux instances publiques : car si ces dernières, mues par quelques lobbies visant le seul intérêt privé, cèdent à la privatisation de toute l’information, alors elles aboliront à terme « leurs » bibliothèques. Celles-ci représentent aujourd’hui un des rares espaces publics ouvert à tous, quel que soit leur âge et leur condition, qui soit non-marchand. Mais elles n’existent que par les budgets publics qui leur sont consentis !!

    Certes, les actions de moult individus et communautés font avancer le savoir partagé et librement disponible, elles ouvrent même des pistes riches pour des espaces publics rénovés. Ce qui m’importe – et ce pour quoi je suis payé – c’est la capitalisation, la redistribution et le partage ouvert à l’ensemble d’une population au service de laquelle je travaille.

    Commentaire par bcalenge — mercredi 15 avril 2009 @ mercredi 15 avril 2009

  3. Salut Bertrand

    Et si on disait corsaire plutôt que pirate, y mettrais-tu les bibliothécaires ?

    Commentaire par JM Salaun — mercredi 15 avril 2009 @ mercredi 15 avril 2009

  4. Sans les citations, ma réponse perd tout son intérêt.

    Bonjour

    ** « Mais les moyens suffisent-ils ? Par rapport aux bibliothécaires, il manque quand même à ces ‘communautés pirates’ trois éléments importants d’un point de vue ‘professionnel’ :
    leur mandat ne relève que d’eux-mêmes : nulle instruction de personne, nul contrôle autre qu’interne, nul financement autre que personnel, nulle responsabilité vis-à-vis de quelque collectivité publique que ce soit. Désolé de le rappeler, mais l’action des bibliothécaires s’inscrit dans le cadre d’un service non pas spontané, mais prescrit par des autorités (plus ou moins convaincues, j’en conviens) ; »

    « Leur mandat ne relève que d’eux-mêmes », comme dans beaucoup de petites bibliothèques qui ont débuté avec des bénévoles, ou encore dans des bibliothèques privées, mais ouverte au public.

    Bibliothèques associatives qui finissent, après bien des années, par devenir « publique », avec souvent, mais pas toujours des subventions publiques. Comme n’importe quelle autre association, dont le but n’est pas du tout de constituer des collections publiques et dont les fonds, au final, ne bénéficient qu’à la petite poignée des membres de l’association, qu’elle soit sportive, culturelle ou autre.

    Des embryons de communautés qui, si elles prennent beaucoup d’extension et représentent un réel intérêt pour tous, finissent par devenir publiques.

    Aussi, rien n’empêche d’imaginer que les communautés « pirates » (je ris de ce terme pirate, volontairement diabolisé parce qu’il fait grand plaisir aux lobbies, et qu’il permet de manipuler l’opinion publique en décriant le peer-to-peer… alors même que le peer-to-peer reste parfaitement légal, et que nombre de personnes partagent des oeuvres libres par ce biais… Rudement inquiétant pour les lobbies et les gouvernements qui ne peuvent plus taxer ces échanges « libres »… « Libres », car le reste se monnaie, il suffit de noter l’accord Universal-Pirate Bay pour le comprendre.)

    Donc, rien n’empêche d’imaginer que ces communautés de passionnés vont basculer un jour prochain dans un giron « public ».

    ** « la communauté des personnes qu’ils servent (car, comme dans toute communauté, il y a les nombreux individus consommateurs, et les trop rares individus acteurs et producteurs !) reste totalement virtuelle et mouvante. Un bibliothécaire ‘lambda’ connait une exigence bien éloignée des audimats d’Internet : non le service virtuel, mais l’imagination au service bien réel de toutes les personnes de la collectivité, internautes experts ou pas ! Un bibliothécaire ne choisit pas son public, celui-ci lui pré-existe, en ligne… ou le plus souvent pas ! »

    Les communautés qu’ils servent (!) ne sont pas ouvertes à tous. Car effectivement, pour qu’une telle communauté puisse vivre, il y faut autant d’acteurs que de consommateurs. Pas de coquille vide une fois sucée, que l’on rejette après consommation.
    Celui qui n’a rien à échanger n’obtiendra très souvent rien et sera éjecté de la « communauté ».
    Seeders et Leechers sont le plus souvent dans un rapport de 2 à plus pour 1. Celui qui fournit (le seeder, la graine) doit offrir deux fois plus de données qu’il n’en télécharge (leech, la sangsue en anglais).
    Dans beaucoup de ces communautés, on veut des personnes fortement engagées. Et non pas des consommateurs lymphatiques. Pour justement éviter les « trop rares individus acteurs et producteurs ».

    Et ces communautés ne sont pas aussi mouvantes ou virtuelles qu’on veut bien le croire. Parce qu’il est très difficile d’y être accepté. On parle presque de club, entre gens de connaissance qui se cooptent !
    Ce qui rejette la notion de service, pour une notion d’échange.

    En bibliothèque, si chaque lecteur devait amener deux livres pour n’en emprunter qu’un, la communauté dévolue à la bibliothèque serait bien plus forte. Et, on y apprécierait d’autant mieux celui qui fournit des pièces rares, voire uniques, par rapport au tout venant des classiques.

    Un bibliothécaire lambda (s’il en existe vraiment un, lambda 😉 ), lui, n’est pas dans la même approche d’échange. Il est sensé être multi-seeder pour toute sorte de sangsues, qui ne lui donneront rien en échange.
    Il rend un service.
    Il est payé pour ce service.

    Sans espoir, malheureusement, d’en tirer un jour bénéfices à millions, en étant racheté ou en établissant des partenariats, voire des tarifs premium, comme le planifient – des années à l’avance – tous ces « services gratuits » d’upload que l’on rencontre sur Internet.

    Quant à savoir si un bibliothécaire ne choisit pas son public, je n’en suis pas certain.
    Tout choix exclut, lisait-on il y a peu sur ce blog. Et le propre d’une bibliothèque est de sélectionner, de choisir des collections ou des offres.
    Même si dans l’absolu, il est vrai, on ne choisit pas son public de lecteurs ou d’usagers, et même si les portes (physiques ou Internet) sont ouvertes à tous, la réalité offre un autre visage.

    ** « la coopération qu’ils prônent n’est guidée que par le souci de la réussite des entreprises personnelles de chacun des ‘pirates’, et surtout par le désir d’accroître leurs ressources moissonnables. En soi, cette revendication est rien moins que raisonnable, mais elle ne s’inscrit que dans le souhait d’une exploitation personnelle durable. »

    Tiens, voilà un nouvel a priori intéressant, qui semble repousser l’idée que d’autres personnes hors les « saints bibliothécaires » (les missionnaires) veuillent partager leurs données, sans soucis de réussite personnelle.
    C’est tout à fait le cliché du pirate, qui cherche son gain personnel et l’accumulation de richesses pour son propre usage. Le pirate qui creuse la terre pour enfouir son butin après avoir honteusement pillé les galions des lobbies culturels.

    Sauf que cette notion de « pirate », accumulant du butin pour accumuler du butin, n’a aucun sens à l’ère de l’information. Accumuler ce que d’autres possèdent ne rend pas plus riche.
    Et je doute fortement que posséder une méga-collection d’ebooks ou d’autres types de documents vous ouvre les bras d’une ribaude ou vous paye la tournée dans un bouge des îles Netortugas.

    Pour avoir parcouru et pour parcourir, dans un but d’acquisition, les différentes listes d’ebooks offerts en téléchargement par ces sites « pirates », j’ai relevé trois grands types de comportement :

    – Celui qui veut avoir la plus grosse… collection (pour se la péter exhaustif)
    – Celui qui a sélectionné quelques titres qui lui ont plu, et qui partage sa sélection.
    – Celui qui a un domaine de prédilection et qui souhaite partager/échanger sur ce sujet.

    Lequel, lesquels agissent en bibliothécaire ?
    Pourquoi ces titres plutôt que d’autres ?
    Sont-ils vraiment intéressants, suffisamment pour être intégré à mes collections papiers (quand ils seront traduits, dans 5 ans (?) ou plus. )

    Une chose en amenant une autre, j’ai également suivi sur des forums des échanges entre leecheurs et seedeurs. C’est clair, certains seedeurs sont en train de constituer une mémoire dans des domaines de niches.
    Comme peuvent l’être des collectionneurs passionnés.

    Et demain, il est certain que nous, « bibliothécaires », irons cogner à la porte de ces gens-là pour obtenir une copie de cette mémoire.

    Là, je me pose une grosse question : pourquoi attendre demain ?
    Pourquoi ne pas se lancer tout de suite dans la danse.

    Car, on pourrait fort bien penser leech et seed en bibliothèque.
    C’est sûr que la notion de « service » en prendrait un coup, mais avec un côté éducatif certain.

    Penchons-nous simplement sur le local.

    Nouvelle règle de leech et seed offert par la bibliothèque : vous pouvez télécharger deux documents du fonds local pour un document que vous nous offrez.

    Hors des problèmes de droit, il est clair que l’usager va apprendre les points suivants :
    – Ce que tu fournis est important.
    – Ce que tu télécharges est important, et libre de droit.
    – Cela va aussi l’intéresser plus avant sur la vie locale (car on prendra soin de préciser qu’un document local n’est pas obligatoirement ancien… le neuf d’aujourd’hui, c’est l’ancien de demain), l’intéresser sur sa propre contribution à la communauté servie par la bibliothèque.

    L’avantage, pour la bibliothèque, est cette moisson incessante de documents locaux.
    Moisson qui fera d’elle un lieu unique, d’images, de sons, de témoignages, etc.

    ** « […] alors je crois que les bibliothèques de statut public n’ont pas d’avenir. »

    Voilà un leitmotiv qui m’interpelle depuis plusieurs billets.
    Pourquoi cette notion répétée de fin d’avenir ?
    Alors même que, plus haut, « cette facette du métier qui consiste à offrir à une communauté “physique” un espace vivant, social, discuté », alors même qu’il y a un travail important à réaliser sur le Web, en accompagnement, en tant que passeur, tout en continuant notre travail avec les documents papiers et avec cette préservation « définitive » que représente le papier (pour le meilleur ou pour le pire de la conservation), nous revoici avec : « les bibliothèques de statut public n’ont pas d’avenir. »
    Mais diable, pourquoi donc ?

    Que voit Bertrand Calenge à l’horizon, qui l’incite à penser : il n’y a pas d’avenir.
    Non pas une fois, non pas deux fois, mais plus d’un billet sur deux depuis quelques temps.

    Que sait-il qu’il ne nous dit pas ?
    Pourquoi est-il si inquiet qu’il en oublie d’être force de proposition, et donc d’avenir ?

    ** « Sauf si bien sûr ces décideurs, et avec eux ‘leurs’ bibliothécaires fonctionnaires, veulent servir l’ensemble des publics des collectivités où ils sont acteurs : car fondamentalement l’initiative revient aux tutelles de ces collectivités. A nous de les convaincre, de leur donner envie !!! »

    L’initiative reviendrait aux tutelles ?

    Pourquoi sommes-nous toujours en train de nous réfugier derrière les tutelles ?
    Qui sont les « spécialistes » de ces questions, des actions possibles à entreprendre et à mener ?

    Nous, bibliothécaires.
    Pas les tutelles.

    C’est nous qui avons l’initiative.
    Et si je peux dire à ma tutelle : ils le font à Lyon, ils le font à Paris, Marseille, Bordeaux… ce n’est pas ma tutelle qui a l’initiative, c’est bien moi. Moi, qui m’appuie sur les initiatives des autres bibliothécaires, pour avancer un projet.

    La tutelle valide, ou pas, le projet… Elle met le feu au vert, ou le garde à l’orange. Mais elle n’a pas l’initiative dans un domaine qu’elle ne maîtrise, voire ne conçoit même pas. Sauf à le découvrir dans une autre collectivité et à poser la question qui fâche : et chez nous ?

    Fondamentalement, l’initiative nous revient.

    « Nous » sommes l’avenir des bibliothèques.

    C’est ce que nous lançons, maintenant, qui décide de demain.

    Bien Cordialement
    Bernard Majour

    P.S. : je viens de lire votre réponse à Hubert Guillaud.
    ** « (1) c’est la capitalisation, (2) la redistribution et (3) le partage ouvert à l’ensemble d’une population au service de laquelle je travaille.  »

    Oui, c’est bien ça, il s’agit de capitaliser.
    Vous avez des idées sur ce qu’on devrait capitaliser ?

    Commentaire par B. Majour — mercredi 15 avril 2009 @ mercredi 15 avril 2009

  5. Oh oui, Jean-Michel, j’imagine bien parfois les bibliothécaires en corsaires (au sens originel s’entend, avec leur lettre de course) ! Ouahais, ça y est, je nous verrais bien Surcouf(s) contemporains !!!!!!!!!

    Commentaire par bcalenge — mercredi 15 avril 2009 @ mercredi 15 avril 2009


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