Bertrand Calenge : carnet de notes

Vendredi 1 février 2013

A propos de la censure en bibliothèque

Filed under: Non classé — bcalenge @ Vendredi 1 février 2013

Le 31 mai dernier, dans le cadre d’une journée thématique intitulée Bibliothèques d’enfer(s), j’ai eu l’honneur d’être convié à une table ronde à l’enssib sur le thème : « Collections et politiques documentaires : le censure est-elle une fatalité« . Ayant retrouvé le texte préparé à cette occasion, je ne résiste pas au désir de vous le communiquer une fois remanié…

Livres interdits, livres prescrits, livres encensés ou livres maudits : là se situe en général le débat de la censure en bibliothèque. Que la censure ou la prescription soit le fait de tutelles, de groupes de pression ou des bibliothécaires eux-mêmes, tout l’enjeu est de savoir quoi autoriser et quoi interdire…

Manichéisme

Les collections font parfois l’objet d’un manichéisme confondant :

  • le livre est bon ou mauvais, et l’anathème frappera indifféremment les textes de Robert Brasillach, de Barbara Cartland, de Louis-Ferdinand Céline, voire pourquoi pas de Michel Onfray…., comme on révèrera indifféremment Pierre Corneille ou Victor Hugo.
  • Ce faisant on interdira l’accès de la collection aux textes excommuniés, comme on baptisera parallèlement un autre texte en l’acceptant dans la grande communauté des co-lecteurs ;

Certes, le doute se glisse parfois dans les choix radicaux :  je cite souvent cet exemple éclairant de bibliothécaires hardis décidant d’acquérir libéralement des ouvrages expliquant la sexualité aux enfants… avant de les ranger au fond des magasins… Étonnante posture introduisant, entre paradis et enfer, l’indécision du purgatoire ! Ou encore : Caroline Rives racontait il y a quelques années comment elle avait observé dans les œuvres révérées de ce grand classique pour la jeunesse qu’est Jack London des passages d’un racisme avéré. Je frémis à la pensée du possible anathème qui pourrait subitement frapper ce cher Jack, comme l’ont connu des Alexis Carrel ou des Martin Heidegger !!

Le bon et le mauvais sont des catégories qui peuvent s’appliquer à des titres en leur entier (heureusement, la majeure partie de l’œuvre de Céline conserve droit de cité) et parfois à des auteurs pour la globalité de leur œuvre (je me rappelle ce message trouvé dans Biblio-fr : « que faut-il penser de Houellebecq ? »). Ce qui m’intéresse est à la fois la posture manichéenne à l’œuvre, et la nature des objets ainsi concernés.

Anges et démons _ licence Creative commons - fdecomite - Flickr

Anges et démons _ licence Creative commons – fdecomite – Flickr

La posture révèle une conception particulière de la bibliothèque vis-à-vis de sa collectivité :

  •  le jeu des exclusions successives risque d’enfermer les collections en une sorte de bibliothèque idéale, qui a tôt fait d’osciller entre pensée convenue et pays des Bisounours ;
  • ce faisant la bibliothèque se ferme face aux doutes, débats, tension qui animent le monde
  • et le bibliothécaire se voit bon pasteur protégeant ses brebis innocentes (et forcément immatures !!). Je ne veux pas lancer la pierre aux seuls bibliothécaires : tutelles et groupes de pression divers affectionnent également cette vision en noir et blanc…

Et parallèlement je suis frappé par le caractère jugé immanent des objets concernés par ces postures, bref de ces textes. Dans le dialogue qui accepte ou repousse une pensée, il existe fondamentalement une véritable révérence à la parole proférée, achevée, complète, imprimée quoi !! En déclarant une parole bonne ou mauvaise, on se réfère au fond à ce double impensé de la culture occidentale et même au-delà : le respect infini de la littéralité des textes sacrés, qu’ils soient Bible ou Coran. Et est venu se greffer là-dessus, de façon plus moderne, ce que Robert Damien appelle la grâce de l’auteur : cet auteur qui, depuis Flaubert, est une sorte de dieu créateur s’imposant à ces créatures que sont les lecteurs.

Les textes débattus

Ce qui m’intéresse, en tant que bibliothécaire, ne se situe-t-il pas ailleurs ? Je veux poser la question non de la nature des textes ainsi adorés ou rejetés, mais du statut culturel et social des pensées qui s’entrechoquent sur les étagères de la bibliothèque.
Et au-delà est passionnante la transformation des textes au fur et à mesure de leur rencontre avec de multiples lecteurs. Les pensées qui se croisent autour des lectures  tentent toujours de s’évader hors de la stabilité rassurante du texte imprimé et stable.

Prenez l’exemple des annotations dont les livres se couvrent au fil de leurs lectures : combien de livres retrouvez-vous, navrés, maculés de surlignements et autres annotations généreusement laissées : « cette assertion est stupide », « cela rappelle XXX », etc. ? Ces annotations vont au-delà de la détérioration d’un bien public. Pour citer Hubert Guillaud : « Que signifie le surlignement pour celui qui le fait ? Nos représentations élitistes du livre nous empêchent de reconnaître les annotations (mais également les notes, les petites synthèses de lecture…) pour ce qu’elles sont principalement : des humeurs, le témoignage d’une présence qui ne fait que signifier que notre pensée est passé par là. Que son inscription vaut trace. »
Cette trace construit également son propre champ de pensée circulant au-delà du texte. Pensez à l’un des problèmes mathématiques les plus célèbres au monde, la conjecture de Fermat : qu’est-ce d’autre qu’une annotation marginale dans un livre, signalant « … J’ai trouvé une merveilleuse démonstration de cette proposition. Mais la marge est trop étroite pour la contenir. » Que de triturages de cerveaux pendant près de quatre siècles à partir de cette note griffonnée !!
Robert Darnton a perçu lui aussi l’énergie extraordinaire qui peut naître des traces de lectures, lorsqu’il imagine les livres derrière le livre, où le lecteur pourrait naviguer derrière des critiques, ajouts ou repentirs, compilations de sources, etc. Le numérique révèle volontiers cette richesse, comme on peut le lire dans le blog Sobookonline.

Les titres ne sont pas bons ou mauvais, ils ne doivent pas être considérés comme immanents, mais transformés par leur appropriation collective. Transformés parce qu’offerts à la critique, au débat, à la digression, à la digestion ! Même si, pour la préservation du bien commun, nous demandons quand même à nos lecteurs ce que demandait Léonce Bourliaguet « Ne crayonnez pas dans les marges d’un livre les bêtises que l’auteur a oubliées dans le texte ».
La fonction bibliothécaire est de provoquer ces relectures critiques et transformatives. Gabriel Naudé le demandait déjà : « ne point negliger toutes les œuvres des principaux heresiarques ou fauteurs de religions nouvelles et differentes de la nostre plus commune et reverée ».
Et de façon plus contemporaine, je salue cette collègue qui recevant comme nous tous « l’Atlas de la création », célèbre volume créationniste largement distribué aux bibliothèques dans un souci de prosélytisme, n’a pas condamné l’ouvrage à l’oubli de la poubelle, mais a entrepris de s’en servir pour provoquer débats, confrontations à d’autres textes, etc. !

Annotations Finnegans Wake - licence Creative commons - Karl Steel - Flickr

Annotations Finnegans Wake – licence Creative commons – Karl Steel – Flickr

Exigences et contraintes

L’ouverture à la critique, au débat, bref à la formation de la connaissance, s’accompagne pour les bibliothécaires de deux exigences :

-         une exigence de véracité, ou si vous préférez d’authenticité : nous garantissons que nous n’expurgeons ni ne trafiquons les pensées et textes que nous soumettons à nos lecteurs

-         une exigence diachronique : nous proposons de resituer toute pensée et tout débat dans la longue généalogie des questionnements, et proposons de mettre en perspective le présent comme de donner un théâtre contemporain à l’histoire

Bien sûr, notre exigence critique se heurte à une contrainte impérative, celle des limites que la tolérance sociale impose aux débats. C’est normal, nous ne vivons ni hors du temps ni hors société. Mais je voudrais lancer un appel : si notre action doit se plier aux exigences sociales, il faut que ce soit malgré nous !! Il est toujours inquiétant de voir des bibliothécaires rechercher fiévreusement les textes juridiques justifiant leurs exclusions, alors que l’effort bibliothécaire devrait toujours être de questionner ces limites. Et je terminerai en affirmant clairement mon hostilité profonde de bibliothécaire à toutes les prescriptions qui veulent contraindre la parole et le débat, qu’il s’agisse de groupes de pression s’appuyant sur des lois mémorielles, ou d’injonction sociales sur les pensées convenues.

Notre honneur, c’est le débat, la mise en critique, bref, soyons les héritiers militants des Lumières !!

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15 commentaires »

  1. J’aurais d’abord une question à soumettre. Qu’en est-il des textes frappés d’une interdiction légale ? Car après tout, c’est bien la première chose à laquelle on pense lorsqu’on évoque la « censure ». Si une bibliothèque ( et donc la plupart du temps un lieu dépendant d’une collectivité ou de l’état ) acquière un texte qui se trouve ensuite interdit pour une raison ou une autre, que lui arrive-t-il (au livre, je veux dire ) ?

    Ensuite, à propos de la censure « morale », il me semble que les livres de London et ceux de Carrel ne sont pas vraiment comparables (d’un côté, un journaliste surtout connu comme auteur littéraire, émettant parfois des propos racistes, et de l’autre un chirurgien et polémiste raciste, soutien de Doriot et auteur d’un best-seller eugéniste prisé par la Nouvelle Droite ). Leur seul point commun est certainement que ni les uns ni les autres ne sont censurés en France. Les livres de Carrel sont très faciles d’accès, aussi bien dans les bibliothèques de ma ville que dans le commerce. Dans certaines éditions présentées dans nos médiathèques, on peut même lire une préface où le bon docteur s’indigne de la prolifération des « races inférieures » et de l’affaiblissement de la « race blanche ». Il est vrai qu’on a débaptisé une faculté à son nom, mais le refus d’hommage ne me semble pas être équivalent à la censure.

    Et puis, bon et mauvais, de quoi parle-t-on ? De la valeur littéraire ou philosophiques, ou de questions éthiques ? Lorsque vous mettez en balance la reconnaissance de Corneille ou Hugo comme « classiques » et le rejet par certain de Céline ou de Brasillach ( rejet qui n’est pas motivé par des critères littéraires, vous en conviendrez ! ), on ne sait plus très bien.

    Commentaire par Raf — Samedi 2 février 2013 @ Samedi 2 février 2013

  2. Je dois m’être mal exprimé : je ne condamne aucun texte comme bibliothécaire. Je déplore seulement les anathèmes justement portés par des bibliothécaires. Je ne crois ni au « bon » ni au « mauvais » en matière de textes et de pensées, je crois au débat critique. Quant aux interdictions légales, je m’y plie volontiers, puisque justement je suis bibliothécaire employé par les pouvoirs publics et respectueux des règles communes…

    Commentaire par bcalenge — Samedi 2 février 2013 @ Samedi 2 février 2013

  3. Philosophiquement, la seule solution c’est celle du bibliothécaire décrit par Musil dans L’Homme sans qualités. Il n’a lu et ne lira aucun livre, de peur que l’intérêt trop marqué pour l’un deux ne le conduise à négliger les autres. Il n’entrera dans aucun livre mais précisement par amour des livres. Pas de hierarchie donc, pas de bons et mauvais livres. Cartland et Carrel voisinent déja physiquement sur le mème rayonnage virtuel (Carrel n’est pas romancier, ce qui est dommage, on n’aurait pas fait tant de cas de ses idées…Le racisme latent chez Jules Verne ne dérange personne).

    La prescription est une censure en soi. C’est donc le prescripteur qui doit désormais s’effacer. Lire à ce sujet le livre « Mauvais genres, mauvaises lectures, mauvaises gens » de Jean-Maurice Rosier . »La vision hiérarchisée du phénomène littéraire n’est pas neutre. Elle entraîne et disqualifie le plus souvent les auteurs, les modes de lecture et les lecteurs familiers des genres non légitimés par les élites : bande dessinée, roman policier, sentimental, d’espionnage… Ces classements n’ont plus guère de sens alors que la lecture est elle-même une compétence en recul.(…) »

    Je viens de racheter la version actualisée de « les 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie ». Un Lagarde et Michard en somme. Bon outil de référence ou compilation inepte, selon ce qu’on veut, mais démarche catastrophique au départ. Tous ces ouvrages sont l’incarnation mème de la censure invisible, la plus perverse, celle qui induit la prescription la plus étroite.

    Il ne viendrait à l’idée de personne de les interdire. Fort heureusement.

    Commentaire par Hervé — Lundi 1 avril 2013 @ Lundi 1 avril 2013

  4. @ Hervé :

    Et pourquoi devrait-on être « neutre » ? On peut changer les classifications mentales, pas s’en passer, à moins justement de… ne plus rien faire du tout. Il me semble que l’histoire du bibliothécaire dans l’HSQ est plutôt ironique…
    « Réfléchir, c’est préférer » a écrit Louis Scutenaire. Et ça n’est pas comme si nous avions le choix.

    Commentaire par Raf — Samedi 6 avril 2013 @ Samedi 6 avril 2013

  5. « Le secret de tout bon bibliothécaire est de ne jamais lire, de toute la littérature qui lui est confiée, que les titres et la table des matières. « Celui qui met le nez dans le contenu est perdu pour la bibliothèque ! m’apprit-il. Jamais il ne pourra avoir une vue d’ensemble ! » « Le souffle coupé, je lui demande : « Ainsi vous ne lisez jamais un seul de ces livres ? » -Jamais. A l’exception des catalogues. – Mais vous êtes bien docteur, n’est-ce pas ? – Je pense bien. Et même privatdocent de l’Université pour le bibliothécariat; La science bibliothécaire est une science en soi, m’expliqua-t-il. Combien croyez-vous qu’il existe de systèmes, mon général, pour ranger et conserver les livres, corriger les fautes d’impression, les indications erronées des pages de titre, etc. ? »
    « Et bien, veux-tu que je te dise ? Quand il m’a eu laissé seul, il n’y avait que deux choses que j’aurais aimé faire : ou éclater en sanglot, ou m’allumer une cigarette… » pp. 581-582 de l’édition de poche.
    Je vous laisse juger.

    Commentaire par Raf — Samedi 6 avril 2013 @ Samedi 6 avril 2013

  6. Il ne s’agissait pas tant de pointer l’idée de neutralité que celle de la conservation d’une vue d’ensemble et de la notion de « totalité ». Car il y a bien sûr necessairement un choix à faire, ne serait-ce que de par le nombre de livres existants, entre cette vue générale et chaque livre. En ce sens la lecture de chaque livre peut être considérée comme une perte d’énergie dans la tentative de maîtriser l’ensemble. Pourquoi cette maitrise de la totalité (qu’il a symboliquement par la lecture du catalogue et non des livres) ?

    Parce que la culture véritable, et nous élargissons là le propos au delà de la culture livresque des bibliothèques bien sûr, doit tendre à l’exhaustivité et ne saurait donc se réduire à une accumulation de connaissances ponctuelles. Et la quête de cette totalité conduit par ailleurs à porter un regard différent sur chaque livre, en dépassant son aspect singulier pour s’interesser aux rapports qu’il entretient avec les autres. Et ce sont justement ces rapports que le lecteur,( ou l’homme de culture si l’on suit Musil dans son propos symblique, le bibliothécaire symbolisant l’homme cultivé) doit pouvoir saisir.

    Et c’est pour cela que le bibliothécaire de Musil s’interesse finalement davantage aux livres sur les livres qu’au livre lui-mème (en l’occurence le catalogue. Il développe d’ailleurs plus loin la comparaison :  » j’ajoute encore quelques mots comme des indicateurs de chemins de fer qui doivent permettre d’établir entre les pensées toutes les communications et toutes les correspondances désirées : sa politesse se fait carrément inquiétante, il m’offre de me conduire à la salle des catalogues et de m’y laisser seul (…) J’avais l’impression, je t’assure, d’être entré à l’intérieur d’un crâne. Il n’y avait rien autour de moi que des rayons avec leurs cellules de livres (…) rien que des catalogues et des bibliographies, toute la quintessence du savoir, nulle part un livre sensé, lisible, rien que des livres sur les livres. « )

    Les communications et les correspondances, c’est bien cela que nous devons chercher. De mème effectivement que le responsable du trafic ferroviaire doit être attentif aux relations entre les trains bien plus qu’au contenu de tel ou tel convoi. Et l’image du crâne renforce fortement cette théorie selon laquelle les relations entre les idées importent beaucoup plus, dans le domaine de la culture, que les idées elles-mèmes.

    Et nous savons tous, peut-être nous plus que d’autres, que la culture est essentiellement une affaire d’orientation. Etre cultivé, ce n’est pas avoir lu tel ou tel livre, c’est savoir se repérer dans leur ensemble.
    C’est ce qui fait notre malheur et notre frustration quelque part, le bibliothécaire étant « celui qui lit le moins », comme on me l’enseigna il y a plus de trente ans.

    Avec Musil nous sommes dans un univers au style un peu kafkaien, bien entendu. Mais le propos de fond n’est pas ironique du tout. Et son catalogue, décrit comme une architecture effrayante, peut nous renvoyer plus modestement à nos guides de lecture, comme ceux que je citais initialement. Sauf que les nôtres n’ayant évidemment aucune prétention à l’exhaustivité, ne sont que des interdictions déguisées et non une aide à l’orientation dans l’ensemble littéraire. Et c’est là que je pensais vous rejoindre sur le propos initial sur la censure.

    Nous avons tous, peu ou prou, eu l’occasion de travailler avec des collègues passionnés de tel auteur ou de tel genre littéraire. Cela m’effraie toujours un peu. Je militerais presque pour des bibliothécaires ignares, tant ces prescripteurs passionnés peuvent se révéler dévastateurs dans leurs hierarchisations, leur passion propre en étant souvent le premier degré.

    La neutralité n’est donc pas une démarche qui amènerait inéluctablement à « ne rien faire du tout », bien au contraire. C’est une lutte perpétuelle ( et vaine me direz-vous) contre l’éparpillement du tout, auquel nous amènent les « hierarchisations mentales » dont vous parlez.

    Bien sûr, nous sommes là dans le propos philosophique, j’en conviens, dont notre quotidien nous éloigne évidemment et totalement. Mais en ces temps où les débats sur la censure, la prescription, (et mème les interdictions légales ou plus dissimulées sous la morale, dont parlait Raf), foisonnent, il est bon de revenir parfois à l’essentiel. Mème si le bibliothécaire d’Alexandrie a disparu dans les flammes et que la quête de l’exhaustivité n’est évidemment plus de ce temps.

    Raf peut allumer une cigarette.

    Cordialement vôtre,

    Hervé

    Commentaire par Hervé — Dimanche 7 avril 2013 @ Dimanche 7 avril 2013

  7. Bonjour, une remarque en passant : sur les annotations des lecteurs dans les marges, quelqu’un se souvient-il du travail sur le sujet, sur les marque-pages et pages cornées commencé par Max Weber?
    Salut
    Abbé Vivienne

    Commentaire par Léon Vivienne alias Michel Piquet — Lundi 10 juin 2013 @ Lundi 10 juin 2013

  8. Bonjour,
    Eh non, je ne connais pas. Où a-t-il écrit cela ? Ça m’intéresse vraiment…
    D’avance merci

    Commentaire par bcalenge — Lundi 10 juin 2013 @ Lundi 10 juin 2013

  9. Censurer un livre, c’est lui faire de la publicité et donner l’envie de le lire. On veut tous savoir ce que le pouvoir a voulu cacher. Moi, j’ai trouvé des livres censures qui m’ont interesse sur ce site :

    http://livre-interdit.blogspot.com/

    Commentaire par Marc — Samedi 25 janvier 2014 @ Samedi 25 janvier 2014

  10. Il y a une différence entre une censure d’opinion, qui peut évoluer avec le temps (pensez à certains livres sur la guerre d’Algérie par exemple) ou n’être que le résultat de lobbies ou de groupes de pression divers (les Associations de type défense de la famille française et assimilés font des procès en permanence. Elles sont en général immédiatement déboutées, heureusement), et une interdiction légale , à un moment donné, de livres : propos interdits par les lois d’un pays, parce que considérés comme des textes de propagande . Les livres que vous citez dans votre lien tombent sous le coup de la loi. Il n’est donc plus question de liberté d’opinion mais de respect des lois de la République.

    Commentaire par Hervé — Samedi 25 janvier 2014 @ Samedi 25 janvier 2014

  11. Tout à fait d’accord avec Hervé. Nous parlions ici de la « censure » exercée par des bibliothécaires sur des titres par ailleurs librement autorisés à la diffusion. Il va de soi que les bibliothécaires, agents publics, ne peuvent promouvoir des titres légalement interdits…

    Commentaire par bcalenge — Samedi 25 janvier 2014 @ Samedi 25 janvier 2014

  12. Un aspect particulier est celui des interdictions qui sont levées quelques années après, tout en laissant « un vide moral  » s’installer, car un jugement n’est pas un acte complet, et il est illustré actuellement par le décès en décembre du général Aussaresses. Son livre « Services Spéciaux Algérie 1955-1957″, publié en 2001 était censuré depuis que le tribunal correctionnel de Paris l’avait sanctionné pour complicité d’apologie de crimes de guerre. Or il été rendu à nouveau autorisé en juin 2009, tout simplement parce que la Cour européenne avait condamné la France en juin 2009 pour entrave à la liberté d’expression. Du coup, je l’ai acquis à l’époque (son rôle moins connu comme formateur au Bresil et comme marchand d’armes me semblant, par rapport à son passé gaulliste, quelque chose d’assez unique en termes de témoignage historique). Aujourd’hui, une censure, qui est la nôtre, celle dont nous parlons ici, une censure « de collègues », remet en cause « l’utilité » de ce document dans mon rayon Histoire. Les mentalités changent, les jugements aussi.
    D’autres exemples de va et vient de ce genre doivent exister et posent un problème qui va bien au delà de la simple veille (juridique en l’occurrence) mais de notre adaptation ou non aux changements moraux de la société. Mouvements sociétaux diraient certains. Actuellement plutôt régressifs semble-t-il…

    Commentaire par Hervé — Dimanche 26 janvier 2014 @ Dimanche 26 janvier 2014

  13. une bibliothèque est un lieu de circulation et de conservation mais dire que les choses se valent me parait amorale, et l’amoralité peut conduire au pire, je ne parle pas d’immoralité, entendons nous bien, notre rôle est donc en partie d’accompagner et de prévenir en aucun cas de faire disparaître…

    Commentaire par pourret gandrille marie laure — Vendredi 14 février 2014 @ Vendredi 14 février 2014

  14. […] CALENGE, Bertrand, « À propos de la censure en bibliothèque » disponible sur <http://bccn.wordpress.com/2013/02/01/a-propos-de-la-censure-en-bibliotheque/&gt; […]

    Ping par Littérature jeunesse et censure | Monde du Livre — Vendredi 30 mai 2014 @ Vendredi 30 mai 2014


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