Bertrand Calenge : carnet de notes

Vendredi 4 janvier 2013

Réseaux sociaux et espace public

Filed under: Non classé — bcalenge @ Vendredi 4 janvier 2013

Récemment – enfin, l’an dernier -, j’ai été violemment pris à partie sur le réseau social le plus populaire du web, Facebook, à l’occasion d’un billet élogieux sur Numelyo, la nouvelle bibliothèque numérique de Lyon. Les critiques, préoccupés des conditions juridiques d’utilisation des documents numérisés, s’étonnaient que la bibliothèque omette de répondre à leur interpellation via Twitter (le commentaire en question a été supprimé depuis). J’ai suggéré qu’un courrier à cette institution serait une voie plus appropriée, ce qui m’a valu moult reproches. J’en livre un extrait :

"Commentaire X Facebook : – "J’en fais part [de mes questions] sur les canaux habituels de discussion (et publics dans le sens lisible à tous). Utiliser son carnet d’adresse personnel pour avoir les renseignements que d’autres n’auront pas, ce n’est pas correct.".
Commentaire Y Facebook : – "Concernant les réseaux sociaux, votre réaction est celle de tous ceux que la libre critique dérange. Mais c’est un mouvement que l’on arrêtera plus, y compris dans la sphère des bibliothèques… [...] Attention à cette forme de mépris de la culture numérique et des réseaux !"

Ces invectives, poursuivies en commentaire sur ce blog et d’autres, m’ont conduit à réfléchir à la distinction possiblement opérée entre espace public social (numérique ?) et espace public citoyen (politique), et à vouloir m’expliquer sur les tenaces distinctions que je persiste à vouloir opérer.

Arènes ronda, licence CC par Kholkhoze (Flikr)

Arènes ronda, licence CC par Kholkhoze (Flikr)

Des espaces sociaux oui…

Déclarer que les réseaux sociaux ne créent pas un espace de sociabilité serait évidemment aberrant, et je suis le premier à en faire usage. Encore que la sociabilité en question apparaît à l’analyse singulièrement restreinte à des liens dits de "sociabilité faible" (celle qui nous lie au boulanger que nous saluons chaque jour en échangeant des banalités), dont le mécanisme conduit d’ailleurs volontiers à réduire le champ de nos centres d’intérêt. Mais soit, quand les réseaux sociaux n’existaient pas, déjà "qui se ressemble s’assemble", et cela permet au moins une forme de conversation bavarde.

Si le mécanisme de réticulation d’Internet permet à ce cercle même restreint d’échanger des informations précieuses glanées ici ou là, cette opportunité de veille peut aussi faciliter les convictions facilement acquises et non débattues – ce que je constate trop souvent à travers diverses polémiques. Je cite encore le billet d’Internet Actu :

"Il faut raison garder, nous rappelle le sociologue Dominique Cardon. “Sur Facebook, on peut toujours trouver quelque chose pour confirmer qu’on a raison.” Le risque est de passer de la sociologie à la “tendançologie”, de faire des sites sociaux les boucs émissaires de nos relations tourmentées et difficiles, parce que les incidents y prennent une inscription qui leur donne une importance qu’ils n’avaient pas nécessairement."

Ensemble 01, licence CC par Molossus (Flikr)

Ensemble 01, licence CC par Molossus (Flikr)

… des espaces publics peut-être, au sens faible…

Les réseaux sociaux permettent l’émergence de groupes animés (auto-entretenus ?) de convictions fortes qui, par le nombre facilement énorme de leurs adhérents, permettent d’entrer dans le débat public, de l’influencer, voire de rêver s’y substituer. Cette convivialité communautaire ne doit pas faire illusion. Dominique Cardon le souligne :

« Comme souvent, les élites culturelles universalisent leur propre désir de société et croient que parce qu’ils ont des pratiques ouvertes, elles sont immédiatement accessibles à tous ! C’est ce que Bourdieu appelait l’ethnocentrisme de classe, cette maladie typiquement “intellectuelle” de généraliser aux autres sa propre vision du monde. Cela a nourri beaucoup de discours très “naïfs” sur la participation de tous, la disparition des autorités, la constitution d’un espace public mondial ».

Cette expression d’une délibération à la fois singulière et commune s’invite facilement dans le débat médiatique, puisque ce dernier fait la part belle à ce nouveau média-roi qu’est Internet, au point d’imaginer aujourd’hui un "journalisme de liens".
Bref, tout semble concourir à faire assimiler les réseaux sociaux à de merveilleux espaces publics d’échanges et de débats sociaux et sociétaux, autant que culturels et politiques. Politiques, vraiment ?

Agora par Magdalena Abakanowicz, licence CC par GYLo (Flikr)

Agora par Magdalena Abakanowicz, licence CC par GYLo (Flikr)

… mais pas (encore ?) des espaces publics de délibération citoyenne

En écrivant un tel titre, j’ai bien conscience d’introduire une drôle de notion… Pour moi, l’espace public citoyen n’est pas que le lieu d’un débat, fût ce débat largement ouvert à toutes les mouvances. C’est aussi le lieu de la chose publique. Cette chose publique est aujourd’hui structurée d’institutions diverses qui veillent à organiser l’ensemble des actes de la vie collective. Le débat peut, et c’est normal, être très largement ouvert ; arrive un moment où il doit s’incarner en processus continués. L’espace public citoyen est celui qui permet de passer du débat à la bonne organisation de la vie de la cité en garantissant sa continuité. Cela se fait, dans nos républiques démocratiques, en débattant avec tous, sous le contrôle des institutions choisis par tous, et en respect de règles fondamentales (constitution, traités,…).

Les réseaux sociaux peuvent permettre de faire émerger des groupes de pression puissants, tant par le nombre de leurs participants que par le partage et la médiatisation de leur argumentation. Ils peuvent sans doute conduire les forces sociales à envisager un changement des règles du jeu politique. Mais, je suis désolé de le dire, ils ne s’inscrivent pas (encore ?) dans le jeu du débat citoyen pour la conduite des affaires collectives. Pour trois raisons au moins :

  • Qui possède et régule les réseaux sociaux ? L’espace public, même s’il est traversé de groupements et intérêts divers, doit trouver un espace neutre pour s’exprimer, librement et sans contrainte, bref  une arène de la délibération citoyenne. Or, les réseaux sociaux ne sont pas ces vastes espaces ouverts et libres, mais bien des entreprises qui veillent à maximiser leurs profits selon une stratégie qui n’est pas, elle, soumise au débat public qu’elles semblent encourager. Et je partage assez l’avis de Xavier de la Porte lorsqu’il déclare : « Je trouve assez terrifiante cette description de Facebook. Un espace public avec une police privée, invisible, et toute puissante. »
    De même, Hubert Guillaud, rapportant les analyses de Rebecca MacKinnon, souligne que : « plus encore que les gouvernements, ce sont aujourd’hui les entreprises de l’internet qui ont le plus de pouvoir sur le réseau, notamment les sites sociaux, comme Facebook en occident, […]. Rebecca appelle les sociétés de réseaux sociaux et leurs dirigeants les “souverains du cyberespace”.[…] Grâce à des technologies qu’ils contrôlent, ces hommes prennent des décisions sur ce que leurs utilisateurs peuvent ou ne peuvent pas faire. Ils façonnent à la fois notre vie privée et notre identité numérique, ainsi que la façon dont nous nous mettons en relation les uns avec les autres ou avec notre gouvernement. C’est une puissance sans contrôle : ces sociétés n’ont aucun compte à rendre au public. Leurs politiques ne prennent pas en compte les usagers les plus vulnérables ».
  • Débattre avec tous, vraiment ? Non, les réseaux sociaux permettent sans doute de dégager et d’approfondir quelques positions communes à des groupes déjà connivents, mais leur expression a besoin de sortir du champ de ces réseaux contrôlés pour s’introduire dans le débat public, celui qui mêle tous les citoyens indépendamment de leurs affinités électives (voire technologiques). Les médias ont beau jeu de pointer des « révolutions de réseaux » quand ils se font l’écho des tweets des Indignés ou des révoltés tunisiens, on voit bien que les enjeux sont autrement plus complexes quand la question apparaît sur la scène publique (donc, vous le noterez, en dehors des réseaux sociaux). Oui, on rêverait volontiers d’une culture du consensus, mais la question politique est autrement plus âpre et complexe, et convoque des individus non connivents, bref se heurte à la différence subie et non choisie. Patrick Viveret le reconnaît : « Effectivement, je pense également que ces mouvements doivent apprendre à passer un seuil. Je ne sais pas s’ils doivent désigner des ennemis… Disons que je préfèrerais qu’ils se désignent des adversaires, car le processus démocratique doit demeurer un art de la conflictualité non violente.»

  • Enfin, dernier point qui à mon sens est essentiel : si les réseaux sociaux sont un espace public de délibération, où est leur ancrage ? Si au fond les médias sociaux sont l’aboutissement d’une parole sans auteur, cette libre conversation rêvée par les Lumières, le débat citoyen recherche l’authenticité et la cohérence de la pensée et du projet. On ne se débarrasse pas si facilement des auteurs et de leur confrontation productive…
    En outre, l’agora ou le forum antiques avaient une assise historique et une légitimité collective. Même ceux qui n’y prenaient jamais la parole avaient la certitude que c’était le lieu où se débattaient les questions communes. Car l’agora était accessible à tous sans discrimination. Et ceci est essentiel : « je n’ai pas besoin de parler, je n’ai pas besoin de faire partie d’une coterie, mais je sais que mon silence est écouté et que ma voix compte lorsqu’il faudra décider ». Cette faculté de la prise de parole et de l’écoute était et doit être garantie pour chaque citoyen par des institutions collectives ancrées dans une histoire collective, bref des agoras institutionnelles, inscrites dans la chair de la cité. Or ce qui me frappe, c’est l’impermanence des réseaux sociaux, leur absence totale de prise en compte de la généalogie des pensées et des débats : ce sont des murs constamment repeints, des fils éphémères non organisés pour proposer des échanges argumentés et capitalisés.
    Par ailleurs, énormément de mes connaissances ne connaissent pas Twitter, ou n’ont qu’un usage très très limité de Facebook ou de quelque réseau social. Quelle(s) place(s) leur donne-t-on pour échanger, s’informer et se construire leur opinion, faire leurs choix d’avenir au cœur de notre société ? Cela n’enlève rien aux vertus des réseaux sociaux ni à leurs potentialités, mais ne leur permet pas aujourd’hui de se prétendre les lieux centraux du débat citoyen.

    Star shower, licence CC par Ophelia Noir (Flikr)

    Star shower, licence CC par Ophelia Noir (Flikr)

C’est pourquoi, tout en pratiquant et appréciant sans vergogne Facebook ou autres réseaux, je proclame que les espaces numériques, fussent-ils dits sociaux, ne sont pas (encore ?) des espaces publics de construction et de délibération citoyenne (pas plus qu’ils ne sont des espaces de conversation privée, ce que certains oublient parfois)..

C’est pourquoi aussi je ne trouve pas indécent qu’une institution publique (ouverte à tous sans distinction dans son modeste rôle d’appropriation et de partage de savoirs) ne se sente pas convoquée à rendre des comptes sur des réseaux sociaux.

Et c’est ainsi enfin que la bibliothèque est grande !!

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5 Commentaires »

  1. Je ne comprends pas le commentaire X de Facebook cité, qui fait mention d’un carnet d’adresse personnel. Si j’entends bien que l’auteur de ce blog a des relations privilégiées avec ses anciens collègues de la BML, je ne vois pas en quoi un carnet d’adresse personnel et bien fourni serait indispensable pour contacter et obtenir une réponse de la BML.

    J’ai déjà vu qu’une question sur le sujet a été posée sur le maintenant bien connu Guichet du Savoir ; au regard des règles du Guichet (pas de consultation médicale, pas de consultation juridique, pas de réponse sur les bibliothèques qui sont renvoyées vers l’ENSSIB) je les trouve déjà bien sympa d’avoir répondu.

    Il y a également une adresse électronique qui est clairement visible sur le site de Numelyo d’une part, et une autre sur le site de la BML d’autre part. En d’autres termes, nul besoin d’un carnet d’adresse personnel pour pouvoir contacter et interroger les personnes qui travaillent sur Numelyo ou à la BML.

    On a vraiment l’impression que les auteurs de ces commentaires (que je n’ai pas vu, je ne suis pas sur FB) versent dans la paranoia et croient en l’existence d’une petite coterie dont le but est de spolier le domaine public ou, au mieux, de couvrir ses petites erreurs et ses petites lâchetés. Je ne crois pas qu’il y ait coterie ou lâcheté.

    Je rejoins BC sur la fin de son billet : la BML n’a aucune obligation à répondre aux invectives lancées sur ces réseaux, que ce soit FB ou Twitter. Les détracteurs de ceux qui ont travaillé peuvent tout aussi bien contacter directement les élus en charge de la parole publique, en l’occurrence, à en croire le site web Numelyo, M. Képénékian.

    Commentaire par Nienko — Dimanche 6 janvier 2013 @ Dimanche 6 janvier 2013

  2. Je revendique entièrement, moi Lionel Maurel, la paternité des "invectives" que vous citez au début de ce billet (les choses seront plus claires ainsi). Cependant, à titre personnel, ni sur Facebook, ni ailleurs, je n’ai déploré que la BML ne réponde à mes interrogations sur Twitter. Il y a des agents de la bibliothèque qui s’y expriment, d’ailleurs assez courageusement, en faisant comme ils peuvent avec le devoir de réserve. Sur ce point, je pense donc que vous vous méprenez dès les prémisses de votre billet, faute sans doute de ne pas être sur ces réseaux sociaux (Twitter tout du moins) à propos desquels vous déployez une savante théorie.

    La suite m’a beaucoup fait penser au fameux billet écrit par Daniel Bourrion en 2011 "Grand corps malade" : http://archives.face-ecran.fr/2011/01/27/grand-corps-malade/

    "Blocages par leur hiérarchie des rares collègues qui essaient encore de faire bouger les choses ; perte de temps, d’énergie et d’argent dans ce nouveau miroir aux alouettes bling-bling que sont les Learning-centers, énormes outils destinés à n’être que des coquilles vides et fermées la moitié du temps ; refus d’entrer dans les réseaux sociaux où sont nos usagers (combien de bibliothécaires actifs sur ces réseaux ? et la question plus cruciale : combien de nos décideurs sur ces réseaux, seul endroit d’où on puisse comprendre ces réseaux et ce qu’ils représentent) ; et une bonne dose de consensus mou par-dessus pour faire bonne figure et surtout, ne pas faire de vagues."

    Il est certain que les réseaux sociaux font des vagues et que cela déplaît.

    Pour moi, le billet que vous avez écrit sur NumeLyo relève de l’utilisation stratégique d’une posture d’autorité. Il est très peu argumenté sur le fond (pas du tout concernant les aspects juridiques), mais la "figure" Bertrand Calenge nous dit que NumeLyo, c’est beau et c’est bien. Pour moi, c’est vraiment très éloigné de ce que j’appelle un débat public et il y a matière à débattre sur ce point comme j’ai tenté de le faire sur mon blog : http://scinfolex.wordpress.com/2012/12/15/numelyo-la-bibliotheque-numerique-de-lyon-exister-a-lombre-de-google/

    Vous oubliez d’ailleurs beaucoup la composante "blog" dans ce billet, qui est pourtant indissociables de celle des réseaux sociaux.

    La confrontation a toujours été vive avec vous concernant la numérisation, tout simplement parce que vous avez été personnellement impliqué dans ces projets. Il n’y a pas tellement à aller plus loin pour qui veut voir le fond des choses…

    Je regrette d’ailleurs ces couteaux tirés, car sur d’autres sujets, je peux vous rejoindre. Je m’étonne quand même que l’on puisse écrire un billet comme celui-ci sur le domaine public http://bccn.wordpress.com/2012/02/01/vous-avez-dit-domaine-public/ et estimer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes avec NumeLyo. Le domaine public est chose sérieuse et fragile, très gravement menacée au niveau global aujourd’hui. Votre point de vue reflète cependant assez bien les contradictions dans lesquelles la profession toute entière des bibliothécaires se débat sur le sujet.

    A ceux qui liront ce commentaire, je conseille réellement de ne pas s’en tenir à la lecture de ce billet et d’aller voir par exemple ce Storify qui a été réalisé à partir des échanges sur NumeLyo qui ont eu lieu sur Twitter : http://storify.com/BlankTextField/numelyo-bibliotheque-numerique-de-lyon-et-google Vous pourrez prendre ainsi la mesure de la qualité et de la richesse des contributions. On comprend alors ce que le terme "Intelligence collective" veut dire.

    Pour le reste, cher Bertrand Calenge, et contrairement à ce que vous sous-entendez, je ne me cache pas sur les réseaux sociaux, ni ne considère qu’ils sont la seule forme d’espace public de discussion. Je ne compte plus les débats que j’ai pu avoir sur les questions juridiques dans des journées, colloques, confrontations et plusieurs fois, dans des émissions à grande écoute à la radio (Là, par exemple encore récemment : http://www.franceculture.fr/emission-pixel-le-droit-d-auteur-a-l-epreuve-d-internet-2012-12-28).

    Afin de vous prendre au mot, je participerai avec joie à un débat public avec vous sur cette question des réseaux sociaux si vous en organisez un à l’ENSSIB, à condition que les conditions soient loyales (temps de parole et équilibre des interlocuteurs à la tribune).

    Je peux difficilement faire plus.

    Nous verrons votre réaction et la valeur réelle que vous accordez à ce débat public que vous appelez de vos voeux.

    Commentaire par Calimaq — Lundi 7 janvier 2013 @ Lundi 7 janvier 2013

  3. @ Lionel Maurel,

    Cinq points en réponse à votre commentaire :

    1 – Je n’ai nulle part écrit que vous aviez déploré l’absence de la BmL sur Twitter : vous n’êtes pas le seul à avoir commenté mon billet sur Facebook ou sur mon blog

    2 – Je ne vois pas en quoi saluer l’aboutissement du projet Numelyo serait user de mon "autorité" (d’ailleurs, dans un de vos billets ultérieurs, vous en reconnaissez l’intérêt et les conditions contractuelles particulièrement avantageuses pour la personne publique : http://scinfolex.wordpress.com/2012/12/15/numelyo-la-bibliotheque-numerique-de-lyon-exister-a-lombre-de-google/ ). Je n’ai pas détaillé les conditions d’utilisation, et ai juste demandé aux critiques de solliciter la bibliothèque ou la ville de Lyon. Et je ne vois pas en quoi dire cela serait un travers réactionnaire voire étouffoir

    3 – Il est vrai que je n’ai pas cité les blogs. Mon propos les englobe évidemment : c’est un bon endroit où structurer sa pensée et la livrer à la réflexion d’autrui (il serait étrange que je dise le contraire !). Ce n’est pas pour autant un espace public de délibération citoyenne, je le répète.

    4 – Vous me suggérez d’organiser un débat avec vous à l’enssib. Je me vois encore une fois obligé de souligner que le présent carnet de notes est strictement personnel et n’engage en rien l’institution pour laquelle je travaille. Ce serait un comble que je dise le contraire après avoir commis le billet ci-dessus. Ce mélange des genres m’agace au plus haut point, entre privé et public, officiel et personnel, etc. Mais je reste évidemment disponible pour un débat public, s’il n’est pas uniquement consacré à des débats juridiques.

    5 – Je ne renie rien des convictions que j’ai exprimées sur l’importance du domaine public et l’intérêt des biens communs. Simplement ce n’était pas l’objet essentiel du billet que j’avais écrit. Et puis, en arriver à écrire comme vous le faites "Les bibliothèques protègent le patrimoine, mais qui protège celui-ci des errances de l’action publique ?", faut le faire ! Que des rectifications juridiques soient nécessaires, j’en conviens très volontiers, mais de là à jeter le bébé avec l’eau du bain, il y a un pas que je n’arrive pas à franchir !

    Commentaire par bcalenge — Lundi 7 janvier 2013 @ Lundi 7 janvier 2013

  4. Entendu. J’espère que les lecteurs de ces commentaires prendront acte du fait que vous refusez l’offre loyale de débat "public", au sens que vous donnez à ce terme, que je vous ai faite.

    Le reste n’est que circonvolutions oratoires.

    Qui croyez-vous convaincre en invoquant une prétendue séparation entre vos fonctions à l’ENSSIB et vos prises de position dans ce blog ?

    C’est dommage, car je pense que ce débat de vive voix aurait été intéressant et sans doute aurait-il permis de mieux se comprendre.

    Je vous laisse derrière votre ligne Maginot…

    Commentaire par Calimaq — Mardi 8 janvier 2013 @ Mardi 8 janvier 2013

  5. [...] pour étudier vos habitudes, etc. Facebook, Twitter et compagnie ne sont pas des espaces publics, ce sont à la rigueur des lieux publics appartenant à des entreprises privées. Comme un bar, [...]

    Ping par La candeur du monde | BARBARE — Jeudi 10 janvier 2013 @ Jeudi 10 janvier 2013


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