Bertrand Calenge : carnet de notes

Jeudi 13 décembre 2012

Autour d’une belle et nouvelle bibliothèque numérique

Classé dans : Non classé — bcalenge @ Jeudi 13 décembre 2012

Une excellente nouvelle qui ne peut que réjouir tous les citoyens (bibliothécaires ou non) soucieux de pouvoir disposer rapidement, aisément et gracieusement du capital intellectuel légué par les générations antérieures et pour certaines contemporaines :

Numélyo, la bibliothèque numérique de Lyon, a vu le jour !!

Des centaines de milliers de documents numérisés, livres anciens, estampes, revues, photographies contemporaines,… sont mis à la disposition de tout un chacun, librement, pour la consultation comme pour l’utilisation. Et comme ce n’est pas juste une base de données, Numélyo propose dossiers thématiques, organisation en collections, possibilité de constituer sa propre bibliothèque dans la bibliothèque, et opportunité de contribution à l’entreprise (pour les photos régionales notamment).

Bref, de la très belle ouvrage, et je félicite mes anciens collègues qui ont conduit ce chantier et en ont permis la bonne  émergence à l’espace public, même si le chantier est bien loin d’être achevé. Il ne le sera sans doute jamais, tant les exploitations possibles de la matière numérisée et structurée permet de productions originales et stimulantes…

Un point mérite d’être souligné : si évidemment nul n’ignore qu’un marché avec Google a permis la mise en œuvre d’une numérisation industrielle de plus de 300 000 livres anciens libres de droits, très abondants  aussi sont les manuscrits, estampes, affiches, photographies, … numérisés par les soins de la bibliothèque. Numélyo par son projet,  sa structure et ses opportunités est très proche du mastodonte coopératif américain qu’est Hathi Trust.

(Book Sculpture. Par Gwen's River City Images. CC-BY-NC-SA. Source : Flickr)

(Book Sculpture. Par Gwen’s River City Images. CC-BY-NC-SA. Source : Flickr)

A peine Numelyo est-il né que déjà des discours soupçonneux se font jour, sur des réseaux sociaux notamment – toujours aussi réactifs que souvent peu réfléchis smileys Forum-. Bref, ce serait trop beau pour être vrai… et si c’est trop beau on va trouver une faille rédhibitoire ! La faille tiendrait dans la phrase qui apparait dans les très courtes conditions juridiques d’utilisation : pour les œuvres libres de droit, "- En cas d’usage commercial, l’utilisateur s’adressera à la Bibliothèque municipale de Lyon". Et aussitôt certains crient à la copyfraud, appropriation illégitime du domaine public par un acteur public, chose évidemment inconcevable… si elle est effective ! En effet, il n’est nullement écrit qu’il faut s’adresser à un service commercial, ni qu’une rétention sera opérée. Mais j’y vois la fièvre qui, comme aux beaux temps de l’Inquisition, voit le diable partout à force de le chercher.

Et le diable, on le devine, c’est l’entreprise privée qui a contractualisé pour numériser des collections importantes, tout en laissant à la bibliothèque concernée la libre disposition des fichiers pour l’accès et l’usage, en conservant l’exploitation commerciale des dits fichiers. Clause on ne peut plus raisonnable compte tenu de la destination publique de l’institution. A mon avis (strictement personnel), si les documents relèvent du domaine public, et que leur numérisation par une institution publique ne leur retire en rien leur liberté d’utilisation – même commerciale -, en revanche l’intervention d’un tiers non public dans le processus de numérisation crée à la collectivité des obligations de vérifications qui me semblent tout à fait légitimes, tant que la disponibilité des fichiers par l’opérateur public  et la liberté d’accès et d’usage à but non lucratif sont garanties. Et je ne parle pas des autres négociations subtiles avec les contributeurs et donateurs qui cèdent leurs collections pour un usage public. D’autres institutions, et des plus prestigieuses et patrimoniales, engagent des partenariats "public–privé" autrement plus contraignantes pour l’usage public non-lucratif.

Librairie extérieure à Ghent en Belgique, par Massimo Bartolini. (merci à la revue Le Libraire)

Librairie extérieure à Ghent en Belgique, par Massimo Bartolini. (merci à la revue Le Libraire)

Cette étonnante incrimination me conduit à alerter l’ensemble des bibliothécaires sur le risque qu’il y a à confondre la poursuite d’un but parfaitement légitime (la totale ouverture des données publiques) avec les moyens et étapes engagés par les acteurs qui, sans être indifférents à ce but, doivent conduire des dossiers :

  • en l’état actuel du droit, de la jurisprudence et des usages
  • avec des interlocuteurs multiples aux convictions différenciées
  • sans le secours d’un financement public de la chose publique, et donc en négociant avec des partenaires privés dans un cadre contractuel très réglementé, tout en garantissant la liberté d’usage du résultat dans un cadre au moins non commercial.

A titre personnel, je ne serais pas révolté par le fait qu’un partenaire privé, qui engage des fonds et une logistique importantes, prenne des garanties sur son retour sur investissement. On m’objectera que l’objet de la négociation consiste en documents du domaine public. Soit. Je peux en tirer deux conclusions alternatives :

  • Soit il est  urgent de ne rien faire tant que l’État ou d’autres acteurs publics n’engageront pas les investissements nécessaires (on va attendre longtemps, surtout en période de crise économique). Ce qui, soit dit en passant, laissera longtemps inaccessibles les documents à ceux qui n’auront pas le temps et  les moyens d’un déplacement et d’un séjour à Lyon, en même temps qu’il en masquera la richesse à ceux qui auraient pu les découvrir en dehors d’un projet de recherche opiniâtre.
  • Soit on peut ouvrir des portes de négociation avec des partenaires privés qui permettent la libre disposition des fichiers dans un cadre au moins non-commercial, cadre normal des activités d’intérêt général.

On me pardonnera de choisir mon camp, le deuxième. Et je suis plus préoccupé par les citoyens qui veulent obtenir pour leur propre usage (lecture, création, inclusion dans des cercles de proches, etc…) des éléments du savoir public grâce à l’ingéniosité des acteurs publics, que par le souci de voir respecter la lettre d’un principe de droit qui n’accepterait que le tout ou rien. Oui, je soutiens les initiatives en faveur des biens communs, et oui simultanément je soutiens les entreprises publiques qui veillent à ne poser aucune contrainte commerciale au libre accès des citoyens à leur patrimoine commun. En revanche, je m’insurge contre l’argutie juridique qui conduirait à une aporie confortable.

Et je dis un grand bravo à tous mes (anciens) collègues ! smileys Forum

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7 Commentaires »

  1. Je dois avouer que je suis très émue lorsque je me retrouve face à ce genre de projet. Notre vocation de rendre l’accès à la culture au plus grand nombre prend ici tout son sens : mettre à disposition toute cette richesse patrimoniale (la plupart d’ailleurs étant ultra conservée et donc inaccessible), sans contrainte d’inscription, de paiement ou de procédure interminable… C’est beau !
    Le site est très agréable et facile d’utilisation, toutes mes félicitations à vos (anciens) collègues, ils font un boulot formidable !

    Commentaire par Brigitte Fuentes — Jeudi 13 décembre 2012 @ Jeudi 13 décembre 2012

  2. Bonjour Bertrand

    Ce que, moi, j’en aurais retenu, c’est plutôt ceci :

    - En cas de publication sur quelque support que ce soit (livres, revues, journaux, affiches cartes postales imprimés ou électroniques, objets divers, internet…), l’utilisateur est tenu d’indiquer clairement la provenance du document telle qu’elle figure sur le site de Numelyo, sous la forme Bibliothèque municipale de Lyon, cote du document et de prévenir la Bibliothèque municipale de Lyon de la publication.

    Je ne vois pas pourquoi il faut "clairement" indiquer la provenance, et en plus l’assortir d’une cote qui n’a aucun sens pour le grand public… et en plus de prévenir la BM de Lyon de la publication.

    Car ce n’est, ni plus ni moins, qu’une appropriation d’un document du domaine public.

    En cas d’usage commercial, on est tout à fait dans le même principe.
    C’est un document du domaine public, il n’y a plus aucun droit dessus.

    On n’est pas tenu à quoi que ce soit.

    La formulation sur le commercial, après de telles exigences, laisse presque sous entendre qu’on pourrait se voir interdire quelque chose, lorsque ces documents sont libres de droits.
    => Ils appartiennent à tout le monde. On ne peut plus rien exiger dessus, sauf…

    sauf le respect de l’auteur.

    Ce que la bibliothèque de Lyon ne demande pas.
    Et pourquoi donc ?

    On devrait citer la cote, la BM de Lyon, mais pas le titre de l’oeuvre, ni l’auteur !
    Le véritable créateur de l’oeuvre.

    Et nos collègues de Lyon vont faire quoi en cas de non citation ?
    Tirer les oreilles des contrevenants, leur arracher les poils de nez. :-)

    En plus supposons, bêtement (avec provocation), que quelqu’un place une image de la BM de Lyon (image du domaine public) sur un godmichet, un préservatif… en respectant ce qui est demandé.

    Ça voudra dire que la BM de Lyon cautionne ce genre d’image. Voire même qu’elle en est à l’origine (si on met bien les choses comme il faut, ça peut très bien le faire)

    "Objets divers", je peux le lire ainsi.
    Et la BM de Lyon ne pourra rien dire, on rentre parfaitement dans ses exigences !
    En pleine application des conditions d’utilisation.

    A l’évidence, on est face à une formulation maladroite.
    Elle devrait être comme suit :

    - En cas de publication (livres, revues, journaux, affiches cartes postales imprimés ou électroniques, objets divers, internet…), nous vous remercions d’indiquer la provenance du document telle qu’elle figure sur le site de Numelyo, sous la forme Bibliothèque municipale de Lyon, cote du document et, si possible, de prévenir la Bibliothèque municipale de Lyon de la publication.

    Rien que pour voir si on est dans la Copyfraud que tu évoques, je vais voir les images proposées par la BM Lyon. (et puis découvrir ce qui est proposé ;-) )

    Que lit-on sous les images :

    Droit d’utilisation : © Creative Commons – Paternité. Pas d’utilisation commerciale. Pas de modification.

    Tu remarqueras le sigle © Copyright, qui n’a aucun sens accolé aux mots Creatives Commons.

    Et on sourit jusqu’aux dents blanches devant le "pas d’utilisation commerciale" car…

    Tu te rappelles le point mentionné plus haut
    - En cas d’usage commercial, l’utilisateur s’adressera à la Bibliothèque municipale de Lyon (numelyo@bm-lyon.fr).

    Rigolo, l’usage commercial est tout simplement banni.
    La modification bannie, aussi.
    Sur des documents du domaine public. (sic)

    Plus amusant encore, l’image contient :
    - 1 tampon, voir 2 tampons (Bibliothèque du palais des arts, Lyon)
    + une écriture informatique "Bibliothèque Municipale de Lyon", ainsi que la cote à la main.

    Exemple pris sur : http://numelyo.bm-lyon.fr/view.php?pid=BML:BML_02EST01000A16DUR000679&zoom=actif

    Autant les tampons ne peuvent qu’être difficilement enlevés (pour retrouver l’oeuvre originale), autant la mention informatique BM Lyon vient d’être rajoutée… afin de s’approprier les oeuvres du domaine public.

    On est bien dans la Copyfraud.

    Avec obligation de citer la BM de Lyon, si on ne retravaille pas les images.
    (Même si on souhaite le faire ailleurs)

    Ici, le diable, ce n’est pas Google… c’est le décalque des pratiques Google qui l’est.

    C’est mal.

    J’aurais vu, avec plus de sagacité que l’on mentionne le titre et l’auteur de l’oeuvre, oui, tiens même derrière "Bibliothèque Municipale de Lyon"… parce que, à télécharger quelques images, j’ai obtenu les codes suivants.
    temp_1355429067BML_02EST01000A16DUR000685D5621A16D285.jpg
    temp_1355430963BML_02AFF01000AffP0072D7710580.jpg

    Qui ne veulent rien dire.

    Je rouvre une image téléchargée… que me reste-t-il comme référence ?
    Bibliothèque Municipale de Lyon A16DUR000685

    Je te défie de retrouver à quoi correspond la cote A16DUR000685 en te servant du moteur de recherche sur le site. ;-)

    J’en ai ouvert et fermé plusieurs, je ne sais pas non plus.
    Il faudra qu’un bibliothécaire de Lyon me le dise.

    Et là, on est de nouveau avec le grand sourire sur les exigences de "la cote de document" demandée plus haut.

    Cette cote n’a aucun sens (Comme je le supposais dès le début)

    Non seulement, ça n’a pas de sens, mais ça ne mène à rien. Débile.

    Oui, débile ; on exige des choses débiles de la part des utilisateurs.
    D’autant plus débiles que même si l’on souhaite retrouver les références d’une oeuvre, on ne peut pas !

    Quand on enregistre une image de la Wikipedia, le nom du fichier a un sens. Tant qu’à réfléchir à une nomenclature qui marche, celle-là aurait été la bonne… plutôt que la cote noyée dans un fatras de chiffres incompréhensibles.
    Avec un temp au début, qui fait très "en construction".

    J’ouvre d’autres images pour regarder, et je remarque cette image en particulier :
    http://numelyo.bm-lyon.fr/f_view/BML:BML_00IMG01001SIMPLEres23737p2

    Pas de cote.
    Pas de Copyright non plus. ;-)
    Encore plus difficile à retrouver, sauf… Sauf qu’il y a le titre, et hop, d’un coup de moteur on la retrouve. CQFD.
    Mais bon, on est "tenu" de citer la cote, d’après les conditions d’utilisation.
    Comment fait-on dans ce cas ?

    On exige des choses, on ne donne pas les moyens de le faire.
    Et ça n’a même pas de sens. Qui, en banque d’accueil va être capable de me retrouver la cote A16DUR000685.

    OK, OK, le site en est à ses débuts. (beau site malgré tout, si, si)
    Et on verra peut-être la cote apparaître dans les sujets. Ou alors, on attendra que les moteurs de recherches aient joué du crawl sur le site afin de pouvoir retrouver une oeuvre d’après sa cote.

    Mais quand même !
    Ça fait amateur.

    Autre regard critique.

    Je consulte les livres anciens.

    Et je cherche, ô grand désespoir, une liste des livres à télécharger (avec les liens et sujets, évidemment) histoire de ne pas avoir 87 pages à tourner pour des prunes.

    Parce que les couvertures sans titre, c’est très mignon, mais ça ne sert à rien. Mieux vaudrait en empilement de dos (50 à 60 par pages), ce serait plus parlant.
    Tiens, oui, comme sur des rayonnages. 6 rayonnages de 10. Classés par collection ? Parfait.

    Là, même un lecteur est capable de s’y retrouver.

    Trop petits ?
    Mettez-moi juste cinq dos. Ce sera plus facile à parcourir (en distance avec la souris) que de s’échiner à descendre tout en bas pour atteindre le bouton "page suivante".
    Ou alors merci de s’inspirer de http://collections.bm-lyon.fr/photo-rhone-alpes/search?query%5B%5D=source:%22Cartes%20postales%22
    Parfait, excellent !

    Au moins dans la présentation, car 44 pages, c’est déjà long à tourner.
    Bien sûr, ça ne vaudra pas une liste que je pourrais exploiter dans une base de données. Afin d’en tirer rapidement ce qui m’intéresse.

    Et tant qu’à faire, sur l’onglet "Je participe", ce serait bien de mettre une zone où les gens pourront dire tout ce qui va et ne va pas dans l’ergonomie du site ou pour indiquer les quelques bugs que l’on rencontre. A minima, un mail.

    Sinon, pour le reste, bravo aux collègues : les images sont de qualité, les parcours pas trop chargés, et l’affichage est rapide.
    Je rejoins tout à fait le commentaire de Brigitte Fuentes.

    Pour revenir à ce que tu dis en fin de ton billet, Bertrand. Comme toi, je suis d’accord avec ta conclusion. Le premier but, c’est bien d’avoir les documents du domaine public…

    C’est la seule solution pour les libérer définitivement. :-)

    Bien cordialement
    B. Majour

    Commentaire par B. Majour — Jeudi 13 décembre 2012 @ Jeudi 13 décembre 2012

  3. Bonjour, quelques éléments de réponse constaté de mon côté à B. Majour :

    >Et nos collègues de Lyon vont faire quoi en cas de non citation ?
    >Tirer les oreilles des contrevenants, leur arracher les poils de nez.

    Probablement rien, effectivement. La position présentée par les collègues de Lyon n’est pas d’ordre juridique ou "condamnatoire". il s’agit juste de bonne pratique. Effectivement la formulation que vous proposez ensuite, plus proche de ce que fait la British Library, est plus claire sur ce plan.
    Cela dit, si on sort un peu des bureaux de l’ENSSIB d’une part ou des bibliothèques de petites villes de France (rien de péjoratif dans le "petite", c’est leur dénomination) et qu’on a un peu l’habitude de traiter en vrai et sur le terrain et ce genre de question, on sait que ça se passe en général très bien et que plus que la lettre pure et théorique, c’est l’esprit du texte qui compte. Sinon, je propose qu’on arrête de prêter des CD, non ?

    >En plus supposons, bêtement (avec provocation), que quelqu’un place une image de la BM de Lyon (image du domaine public) sur un godmichet, un préservatif… en respectant ce qui est demandé.
    >Ça voudra dire que la BM de Lyon cautionne ce genre d’image. Voire même qu’elle en est à l’origine (si on met bien les choses comme il faut, ça peut très bien le faire)

    Et c’est un problème ? Ce n’est pas illégal de vendre des capotes ou des sextoys. Pourquoi la BM ne pourrait-elle pas cautionner ça ? Pourquoi devrait-elle se limiter aux cartes postales ? Si le légalisme strict est votre ligne, ça ne devrait pas vous poser de problème. Moi ça ne me poserait pas de problème de voir des capotes "BML" ça changerait un peu :) Après tout il y a je crois un fonds "Genre et Sexualité" et les assises Gay et Lesbiennes à la BML, Lyon étant par ailleurs la ville la plus "Gay friendly" de France aux dernières nouvelles. Au moins on serait dans l’actualité :)

    >A l’évidence, on est face à une formulation maladroite.

    Maladroite, oui, et qui ne mérite pas les feux nourris des croisés, les vrais, les purs, les sans-tache. Je ne flame pas sur des jours et des pages des gens maladroits. Je leur indique sans passion inutile comment corriger la maladresse. En vous posant en donneurs de leçon, vous desservez les éléments les plus pertinents et intéressants de votre propos.

    >Et on sourit jusqu’aux dents blanches…

    Souriez moins, riez davantage de bon coeur, vous aurez l’air moins condescendant :p

    > j’ai obtenu les codes suivants.
    >temp_1355429067BML_02EST01000A16DUR000685D5621A16D285.jpg
    >temp_1355430963BML_02AFF01000AffP0072D7710580.jpg
    >Qui ne veulent rien dire.

    Cette référence ne veut PAS rien dire, précisément. Elle est l’ID unique de chaque document. En l’indiquant à la BML ils peuvent retrouver précisément le doc et surtout le fichier. C’est une forme de permalien.

    >Il faudra qu’un bibliothécaire de Lyon me le dise.

    Demandez leur, ils mettent leur adresse : numelyo@bm-lyon.fr
    Vous aurez plus de réponse qu’en attaquant leur travail dans les commentaires d’un blog où ils ne répondront pas.

    >J’ouvre d’autres images pour regarder, et je remarque cette image en particulier :
    >http://numelyo.bm-lyon.fr/f_view/BML:BML_00IMG01001SIMPLEres23737p2
    >
    >Pas de cote.

    Vous lisez mal, pour un professionnel de la profession. La cote, moi, je la vois et je vous la donne : Rés 23737. Elle juste en dessous de l’image.
    Rés renvoie évidemment à "réserve", le sanctum sanctorum du Fonds ancien.

    >Qui, en banque d’accueil va être capable de me retrouver la cote A16DUR000685.

    N’importe quel collègue du Fonds ancien de la BML, dont c’est le boulot ?

    >Et tant qu’à faire, sur l’onglet « Je participe », ce serait bien de mettre une zone où les gens pourront dire tout ce qui va et ne va pas dans >l’ergonomie du site ou pour indiquer les quelques bugs que l’on rencontre. A minima, un mail.

    A nouveau, collègue : investissez chez Atoll (les opticiens). Vous pouvez envoyer un mail via l’icône dans la colonne de droite, une icône rarement utilisée pour signifier l’envoi d’un courrier : une enveloppe. Je comprends que ça vous trouble, une cafetière ou un lampadaire aurait été plus parlante ;)

    Si j’ai mal compris vos critiques, pardonnez-moi, mais autant sur le plan juridique il y a des remarques à faire (plutôt que des reproches, on aura plus de chance d’ête entendu), autant sur le plan pratique et technique eh bien… je pense que vous vous fourvoyez.

    Commentaire par Posterun — Vendredi 14 décembre 2012 @ Vendredi 14 décembre 2012

  4. [...] Numélyo, la bibliothèque numérique de Lyon, a vu le jour !!…See on bccn.wordpress.com [...]

    Ping par Autour d’une belle et nouvelle bibliothèque numérique | la bibliothèque, et veiller — Vendredi 14 décembre 2012 @ Vendredi 14 décembre 2012

  5. Bonjour,

    Vous soutenez cette initiative et c’est votre droit le plus entier. Néanmoins votre analyse reste à un niveau superficiel concernent les aspects juridiques et vous ne pouvez pas balayer cette dimension d’un revers de la main, en considérant que ce sont de simples "arguties juridiques".

    J’ai produit une analyse détaillée de ces points que vous retrouverez ici : http://scinfolex.wordpress.com/2012/12/15/numelyo-la-bibliotheque-numerique-de-lyon-exister-a-lombre-de-google/

    Elle concerne l’impact exact des exclusivités revendiquées par Google sur NumeLyo, ainsi que leurs effets sur l’intégrité du domaine public. Ce que je déplore le plus, c’est que certaines restrictions sont à l’évidence le fait de la BM de Lyon, et non celui de Google. Il n’est dès lors pas abusif de parler de copyfraud, notamment dans la manière dont les licences Creative Commons sont utilisées pour faire renaître des droits sur le domaine public. C’est d’ailleurs sans aucune valeur juridique et je trouve hallucinant que les services juridiques de la deuxième ville de France puissent commettre de telles bévues.

    Merci de soutenir les projets concernant les biens communs et notamment la proposition de loi pour le domaine public en France. Mais celle-ci contient une section qui vise à encadrer les partenariats public-privé de manière à empêcher qu’ils ne soient l’occasion de porter atteinte à l’intégrité du domaine public. Cela me paraît essentiel, vu les dérives que lm’on constate en ce moment, notamment à la Bibliothèque nationale de France, qui s’apprête à commettre l’irréparable : http://www.actualitte.com/reportages/comment-la-bnf-va-rentabiliser-les-oeuvres-du-domaine-public-1776.htm Et elle n’a pas besoin de Google pour cela…

    Pour moi, il y a vraiment une occasion gâchée avec NumeLyo, car la ville avait obtenu de grandes avancées, comme celle d’échapper à l’exclusivité d’indexation. Elle avait aussi fait l’effort de développer sa propre bibliothèque numérique et je vous accorde qu’elle est remarquable. Mais pourquoi tout gâcher en mettant une restriction d’usage commercial sur les documents qu’elle a elle-même numérisés (affiches, estampes, photographies, enluminiures, etc) ?

    Ce faisant, elle apporte encore une fois la démonstration que les personnes publiques sont finalement aussi dangereuses pour les biens communs de la connaissance que les firmes privées.

    Je passe sur votre couplet sur les réseaux sociaux, "réactifs et peu réfléchis". Derrière le billet que j’ai écrit, il y a plusieurs années de veille, de réflexion et de discussions, notamment à travers ces fameux réseaux sociaux, dont vous vous faites une image bien caricaturale. Et je trouve que votre position manque singulièrement de recul.

    Vous pouvez penser que "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes", mais je n’ai jamais été un très grand fan de Pangloss…

    Espérons un jour que la loi vienne encadrer plus strictement tout ce qui touche au domaine public, pour le mettre à l’abri des aventuriers et des bricoleurs.

    Cordialement,

    Calimaq

    Commentaire par calimaq — Samedi 15 décembre 2012 @ Samedi 15 décembre 2012

  6. @ Posterun : Merci, enfin un peu de bon sens dans un monde où règne l’imprécation ! Saint-Just écrivait : "Un gouvernement républicain a la vertu pour principe ; sinon, la terreur". Certains rêvent de terreur autant que de vertu…

    Commentaire par bcalenge — Samedi 15 décembre 2012 @ Samedi 15 décembre 2012

  7. Bonjour Posterun

    Je vous remercie de vos réponses.

    Elles mettent en valeur ce que je pressentais sur l’arrière-plan "bibliotechnique".

    Cette référence ne veut PAS rien dire, précisément. Elle est l’ID unique de chaque document. En l’indiquant à la BML ils peuvent retrouver précisément le doc et surtout le fichier. C’est une forme de permalien.

    >Qui, en banque d’accueil va être capable de me retrouver la cote A16DUR000685.

    N’importe quel collègue du Fonds ancien de la BML, dont c’est le boulot ?

    Hum, on a donc un système de référence pensé par des bibliothécaires… pour des bibliothécaires spécialisés fonds anciens qui plus est.

    Et ceux qui ne sont pas spécialisés fonds anciens ?
    J’espère qu’ils auront les moyens de retrouver les documents, sous peine de passer pour des incapables… (Ça vient de chez vous, et vous ne savez même pas ce que c’est ? )

    On réclame aussi aux usagers de citer clairement cette cote qui n’a sens "que" pour des bibliothécaires fonds anciens… et qui est introuvable (pour l’instant) par le moteur de recherche interne. Dommage, non ?

    D’accord, ça préserve le travail des bibliothécaires fonds anciens des années passées, mais ça va en rajouter à ceux du moment présent. Lorsqu’il est possible – et nécessaire – de faire autrement… pour être cohérent.

    Cohérent vis-à-vis du droit d’auteur. (nom de l’oeuvre et de l’auteur)
    Cohérent vis-à-vis de l’usager, qui va s’enquiquiner à renommer les fichiers de manière compréhensible.
    Cohérent vis-à-vis du collègue en banque d’accueil, obligé de retrouver le document via… eh bien, via je ne sais pas quoi. Existe-t-il un OPAC qui recense les fonds anciens à Lyon ?
    Et peut-être cohérent vis-à-vis du ou de la collègue en charge de réception des emails qui va devoir traiter ce genre de demandes, en plus de collecter les différentes applications des images.

    Si les gens lisent les conditions d’utilisation.

    Car, là où elles sont placées, elles sont justes illisibles.
    Si Bertrand Callenge n’avait indiqué la Copyfraud, je n’aurais même pas regardé.

    Cette rédaction maladroite ne fait qu’ajouter à mon sentiment initial.

    Ce site, c’est du bon boulot, c’est clair, c’est agréable, riche, rapide à l’affichage. On a des liens vers différentes expositions de la BM Lyon, très bien vu. Mais les finitions n’y sont pas (encore).

    On sent bien que le site a été pensé "interne" et non "externe". ("externe" = comprendre appropriation des documents par le public, échanges de fichiers avec d’autres structures, etc.)

    Après m’être fourré le doigt dans l’oeil (avec Pactoll ;-) ) et suite à vos conseils, j’ai déniché l’icône "enveloppe" dont vous parlez. On la voit apparaître après une recherche, ou lors de la consultation d’un document.

    Perso, je cherchais l’email dans l’onglet "Je participe", que lui j’ai bien noté. (C’est écrit gros, c’est bien placé, et ça démontre l’ouverture vers l’extérieur)

    Grâce à vos informations (sous une image, un lien), j’ai réussi à découvrir que cette adresse était aussi là, cachée sous l’icône du détective. (Le rapport est moins évident. Pas sûr que d’autres la remarquent, et je suis même certain – en tant qu’ancien analyste-programmeur – qu’il faut multiplier les chemins d’accès : image + écriture, pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Même les moins malins)

    Ayant découvert cette icône enveloppe, j’ai donc testé.
    On tombe sur une boîte avec deux lignes de texte affichées. Ce doit être pour les habitués du tweet. Un vrai mail m’est plus pratique.

    Par contre, j’ai aussitôt remarqué un export Excel de la recherche… Excellente idée.
    Au résultat, on a une série de cotes… inexploitables. Puisqu’avec les travers précédents des cotes internes.

    De nouveau, c’est la conception interne qui est en défaut.
    A quoi peut bien servir une série de cotes qui ne mènent à rien ?

    Comme à quoi peu bien servir une condition d’utilisation que le bibliothécaire n’aura pas les moyens de faire appliquer.

    Car le vrai noeud du problème est là.
    Et sans vous en rendre compte, vous le soulevez dès le début de votre réponse.

    Je disais :
    Et nos collègues de Lyon vont faire quoi en cas de non citation ?
    >Tirer les oreilles des contrevenants, leur arracher les poils de nez.

    Votre réponse :
    Probablement rien, effectivement.

    Probablement rien…
    A laquelle j’avais même répondu dans un premier temps :
    "Vous voulez dire qu’il pourrait arriver quelque chose aux contrevenants.
    Sérieux ? ;-)"

    Sauf que, à la réflexion, vu la multiplication de ces clauses : BNF, Toulouse, Lyon, et sans doute ailleurs, je commence à me poser des questions sur le "Probablement".

    N’a-t-on pas là un appel direct à une réglementation type Hadopi ?
    Ou/Et une certaine volonté de sanctionner l’usager contrevenant.

    Quand je lis la réponse de Bertrand à votre intervention
    Merci, enfin un peu de bon sens dans un monde où règne l’imprécation ! Saint-Just écrivait : « Un gouvernement républicain a la vertu pour principe ; sinon, la terreur ». Certains rêvent de terreur autant que de vertu…

    Je me pose effectivement la question de cette volonté de terreur à l’encontre du public.

    Pourquoi ? Dans quels buts ?
    Qu’est-ce qui se cache derrière ?

    Pourquoi une bibliothèque républicaine en est-elle réduite à la terreur ?

    Je me pose la question.

    Bien cordialement
    B. Majour

    P.S. : A remarquer, l’avancée évidente de la BM Lyon. Cette fois-ci, aucun article de loi n’est mis en avant pour faire encore plus peur.

    Commentaire par B. Majour — Lundi 17 décembre 2012 @ Lundi 17 décembre 2012


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